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dimanche 8 avril 2012

Jour 1792 & 1793

Après le plombier polonais, le flic grec

Zero Hedge, le 8 avril 2012 :

"Now that the time has come to expect Greek March economic data, which will show an acceleration in the total financial collapse of a society which is merely used as an intermediary to bail out insolvent European banks, something that virtually everyone takes for granted, together with a third bailout package sometime in the late summer, we can focus on the more entertaining developments out of the country that has become a symbol of all that is broken in Europe. Such as this story from Greek Protothema that one can now hire a cop for as little as €30/hour. €20 more gives one the option of chosing between the Athenian version of Erik Estrada, together with bike and ambiguous sexual tendencies, or a K-9 option. Finally, for those who are in need of urgent transport from point A to point B in total security, the Greek police choppers can be had for as little as €1500 an hour. In other words, one can own a 24/7 full-time militia of 20 policemen for as little as €14,400 a month. Naturally, the Greek PD has stooped so low because it simply has no money, and in its attempt to protect and serve, it has to do a little paid moonlighting on the side. As to what happens when all the wealthy robber barrons and tax evaders in Greek society end up owning all the officers in circulation, leaving the rest of the country defenseless, well, we are confident the local underworld elements will be more than happy to find out just what the consequences of that particular outcome will be. But at least Greece is still in the euro. And that's all that matters."

mardi 27 mars 2012

Jour 1781

Une de perdue...

Le Figaro, 27 mars 2012 :

"En 2008, elle avait été présentée comme un remède miracle à la guerre. Tel le génie d'Aladin, elle devait réaliser tous les vœux de la coalition. Conjuguant des approches sécuritaires, politiques et économiques, la doctrine de contre-insurrection, utilisée par les Français en Algérie et en Indochine, vise à rallier les populations en les isolant des insurgés grâce à un travail de protection des civils et de formation des forces locales. [...] Quatre ans plus tard, force est de constater qu'elle n'a pas tenu ses promesses. Les talibans ont repris le contrôle dans les provinces, les attentats se multiplient et l'annonce du départ des troupes étrangères sonne comme un aveu d'échec."

jeudi 22 mars 2012

Jour 1776

Du plomb dans l'aile

Le Blog Défense en ligne du Monde Diplo, le 21 mars  2012 :

"Patrice Bouveret, directeur de l’Observatoire, s’étonne qu’« aucun des programmes des candidats n’aborde la question de la prolifération des armes dans le monde ni la nécessité de renforcer leur contrôle. Or, même si les armes ne sont pas à l’origine des guerres, l’absence de réel contrôle démocratique sur leurs transferts est facteur de déstabilisation et favorise les nombreux conflits qui ensanglantent la planète ». Selon l’institut de recherche suédois SIPRI, qui vient de publier ses dernières estimations, la France connaît même, sur la période 2007-2011, une augmentation de 12 % de ses exportations par rapport à la période 2002-2006 — une tendance qui devrait se confirmer en 2012, compte tenu des quelques grands contrats en cours de finalisation, tels que les ventes du Rafale à l’Inde, ou des bâtiments de projection et de commandement (BPC) type « Mistral » à la Russie. [...] la crise financière et budgétaire incite plutôt les gouvernements et les entreprises à assouplir le régime de leurs exportations d’armement. Et l’expérience libyenne a prouvé qu’en cas de besoin, un Etat — en l’occurrence, la France — ne s’embarrasse pas toujours de toutes ces règles, quand il s’agit par exemple de donner un coup de main à ses partenaires sur le terrain, en accélérant des livraisons d’armes… clandestines ! En cette période électorale en France, l’Observatoire des armements rappelle « l’extrême nécessité d’un débat démocratique, afin que la France cesse de privilégier ses intérêts économiques sur la sécurité humaine », car les armes ne sont pas des marchandises comme les autres et doivent faire l’objet de mesures renforcées"

mercredi 14 mars 2012

Jour 1768

Même Wall Street se fatigue...

Le 13 mars 2012, le site Puremedias cite le Wall Street Journal qui peut difficilement être qualifié de journal gauchiste :

"Dans son numéro d'aujourd'hui, le Wall Street Journal s'en prend à Nicolas Sarkozy et son positionnement anti-immigration, après les récentes sorties du président sur la baisse de moitié de l'immigration en cas de réélection ou encore son annonce dimanche à Villepinte concernant une possible sortie de l'espace Schengen si une réforme n'était pas adoptée sous douze mois pour mieux contrôler les flux migratoires. [...] "Même en France, on voit rarement plus cynique que ça", lance le Wall Street Journal, pour qui ce positionnement du président sortant sur le thème de l'immigration est "une tentative d'attirer des partisans du Front National de Marine Le Pen avant le premier tour". Etant donné la popularité des idées de la leader frontiste, "il n'est pas étonnant que ce soit dans ce camp que Sarkozy aille piocher des voix", ajoute le WSJ. "C'est une position odieuse, non seulement parce qu'elle s'appuie sur des sentiments détestables mais aussi parce que c'est un exemple parfait d'ignorance économique", poursuit le quotidien, qui souligne que l'une des menaces les plus importantes à l'Etat-providence français est le vieillissement de la population et un taux de natalité qui ne permet pas le renouvellement de la population, même s'il est le plus élevé d'Europe. Pour le WSJ, l'immigration est au contraire le meilleur moyen d'assurer que le système français perdure."

lundi 12 mars 2012

Jour 1766

Il raconte que des bêtises

Le Monde, 11 mars 2012 :

Je veux réconcilier la France du non et la France du oui », a conclu M. Sarkozy. À la fin de son discours, il a ajouté à Jeanne d’Arc, Victor Hugo et au général de Gaulle, les deux pères de l’Europe, Robert Schuman et Jean Monnet. Leur conception était celle de la supranationalité, aux antipodes de la vision du président candidat."

En attendant les photos de famille dans Paris Match un mois avant l'élection...

mardi 6 mars 2012

Jour 1760

Un bon arabe, il a du pétrole, un mauvais...

Le Monde Diplomatique, mars 2012 : 

"Les libertés fondamentales ne sont pas mieux respectées en Arabie saoudite qu’en Iran. Est-ce donc à son statut de premier pays exportateur de pétrole et d’allié des Etats-Unis que la monarchie wahhabite doit d’être miraculeusement épargnée par la « communauté internationale » ? L’Arabie saoudite peut en tout cas intervenir à Bahreïn, y écraser une protestation démocratique, exécuter soixante-seize personnes en 2011 (dont une femme accusée de « sorcellerie »), menacer du même châtiment un blogueur qui a diffusé sur son compte Twitter un dialogue imaginaire avec le Prophète, condamner les voleurs à l’amputation, proclamer les chefs d’inculpation de viol, de sodomie, d’adultère, d’homosexualité, de trafic de drogue, d’apostasie passibles de la peine capitale, sans que, hormis le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, nul ou presque semble s’en émouvoir. Ni le Conseil de sécurité de l’ONU, ni le G20, dont l’Arabie saoudite est membre, ni le Fonds monétaire international (FMI), dont la directrice générale vient de saluer le « rôle important » joué par Riyad dans la stabilisation de l’économie mondiale. La même monarchie s’obstine-t-elle à interdire aux femmes — qui déjà ne peuvent pas se déplacer en voiture sans mari ou chauffeur — de participer aux Jeux olympiques ? Cette violation de deux articles au moins de la charte sportive (1) ne suscite pas, elle non plus, beaucoup de remous. A supposer que l’Iran se fût rendu coupable d’un tel apartheid sexuel, une campagne internationale de protestations eût déjà été lancée. [...] L’argent des pays du Golfe encourage par ailleurs les provocations des salafistes tunisiens et finance des chaînes de télévision qui propagent dans le pays une lecture moyenâgeuse de l’islam. En janvier 2008, le président français Nicolas Sarkozy prétendait que, « sous l’impulsion de sa majesté le roi Abdallah », l’Arabie saoudite développait une « politique de civilisation ». Quatre ans plus tard, ce pays, où règne la corruption, est surtout devenu le fer de lance du sunnisme ultraconservateur dans le monde arabe. Les gérontes de Riyad, qui assimilent les protestations de la jeunesse saoudienne à une « nouvelle forme de terrorisme », ne se soucient du droit des peuples que pour l’opposer aux régimes de leurs rivaux régionaux, « radicaux » ou chiites. Le royaume se croit sans doute abrité des tempêtes populaires par son saupoudrage social d’une fraction de la rente pétrolière, par le mépris que la majorité sunnite voue aux 10 à 20 % de chiites qui grondent dans l’est du pays, par la crainte de l’Iran enfin. L’indulgence internationale dont bénéficie la monarchie saoudienne lui procure un bouclier de plus."

mardi 21 février 2012

Jour 1746

La guerre ? Grösse malheur !

Le blog Défense en ligne du Monde Diplo, le 8 février 2012 :

"cette autre tendance à se lancer dans des guerres dites « préventives » (où l’on s’érige par avance en juge ou justicier) ou des croisades sociétales (pour la défense des droits des femmes, pour « remodeler le Moyen-Orient ») ce qui revient à s’engager dans une périlleuse « guerre de civilisation » — quitte, en cas de besoin, à fabriquer l’ennemi ou à le démoniser, selon le mode décrit par Pierre Conesa : — raconter une belle histoire (avec un scénario simple, opposant les bons aux méchants) ; — embarquer les médias dans l’aventure (sans images, pas de crise !) ; — identifier si possible la « révolution » grâce à une figure populaire, des héros, des symboles (une couleur, un son, des vêtements, par exemple) ; — désigner l’ennemi en inventant une menace, en élaborant un discours stratégique, en impliquant les think tanks, instituts, observatoires, services de renseignement ; — faire orchestrer la légitimation de la guerre par des intellectuels ayant accès aux médias dominants, capables de légender cette guerre « juste » et « rédemptrice », voire de présenter des défaites comme des victoires, etc. ; — mettre en scène les ONG humanitaires (en sauveurs valeureux, ou en malheureuses cibles). [...] Le tout sans véritablement se préoccuper des suites ou effets secondaires de ces engagements, rarement à la hauteur des ambitions. Ainsi, en Libye, la guerre des « démocrates » ou « révolutionnaires » aura surtout été menée au nom « d’Allah Akbar ! » ; elle se sera accompagnée d’une « chasse aux Noirs » appuyée sur des considérations racistes ; elle aura contribué à répandre le désordre dans tout le Sahel ; et débouché ces derniers mois sur des affrontements de factions ou de tribus, et des atteintes majeures aux droits de l’homme dans la Libye nouvelle. [...] On insistera aussi sur le rôle central des grands médias, notamment occidentaux, qui multiplient — à chacune de ces crises — les séquences compassionnelles, chauffent à blanc les publics, n’hésitant pas à choisir un camp, attribuant le « beau rôle » à leurs champions — quitte à oublier de rendre compte de la situation « de l’autre côté » (comme en Libye, ou plus récemment en Syrie). La difficulté de « couvrir » l’autre camp, à Tripoli par exemple, en raison de l’hostilité des autorités, ou de la persistance de dangers, ne justifie pas que ce terrain soit déserté, au point de délivrer une information unilatérale, comme ca a été le cas entre mars et septembre 2011 en Libye. Et quitte, aussi, à abandonner franchement le sujet, une fois le Diable liquidé, ou la déception venue : les effets à long terme n’intéressent plus les caméras…"

mercredi 18 janvier 2012

Jour 1712

Petit rappel des faits

Bug Brother, le 17 janvier 2012 :

"Gérard Longuet, ministre de la défense, a déclaré que l'action politique la plus notable de Nicolas Sarkozy, ces cinq dernières années, avait été son engagement pour la défense des droits de l'homme, "comme nous l'avons fait en Libye" [...] avant de libérer la Libye, Nicolas Sarkozy avait aussi mandaté Brice Hortefeux, Claude Guéant et Ziad Takieddine pour que la France vende à Kadhafi un système de surveillance massive de l'Internet. Amesys, la société française qui a ce système espion, à la demande des services secrets de Kadhafi, n'a pas non plus contesté qu'il fut utilisé pour surveiller, espionner et réprimer des intellectuels et journalistes, figures historiques de l'opposition démocratique libyenne, résidant pour partie en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, dont un ambassadeur, et un ministre. La France, "patrie des droits de l'homme", a donc aidé un dictateur à espionner des démocrates résidant dans d'autres démocraties"

samedi 10 décembre 2011

Jours 1673 & 1674

Histoire de mettre les choses au point

Robert Fisk, l'Independent, 10 décembre 2011 :

"Writing from the very region that produces more clichés per square foot than any other "story" – the Middle East – I should perhaps pause before I say I have never read so much garbage, so much utter drivel, as I have about the world financial crisis. But I will not hold my fire. It seems to me that the reporting of the collapse of capitalism has reached a new low which even the Middle East cannot surpass for sheer unadulterated obedience to the very institutions and Harvard "experts" who have helped to bring about the whole criminal disaster. Let's kick off with the "Arab Spring" – in itself a grotesque verbal distortion of the great Arab/Muslim awakening which is shaking the Middle East – and the trashy parallels with the social protests in Western capitals. We've been deluged with reports of how the poor or the disadvantaged in the West have "taken a leaf" out of the "Arab spring" book, how demonstrators in America, Canada, Britain, Spain and Greece have been "inspired" by the huge demonstrations that brought down the regimes in Egypt, Tunisia and – up to a point – Libya. But this is nonsense. The real comparison, needless to say, has been dodged by Western reporters, so keen to extol the anti-dictator rebellions of the Arabs, so anxious to ignore protests against "democratic" Western governments, so desperate to disparage these demonstrations, to suggest that they are merely picking up on the latest fad in the Arab world. The truth is somewhat different. What drove the Arabs in their tens of thousands and then their millions on to the streets of Middle East capitals was a demand for dignity and a refusal to accept that the local family-ruled dictators actually owned their countries. The Mubaraks and the Ben Alis and the Gaddafis and the kings and emirs of the Gulf (and Jordan) and the Assads all believed that they had property rights to their entire nations. Egypt belonged to Mubarak Inc, Tunisia to Ben Ali Inc (and the Traboulsi family), Libya to Gaddafi Inc. And so on. The Arab martyrs against dictatorship died to prove that their countries belonged to their own people. And that is the true parallel in the West. The protest movements are indeed against Big Business – a perfectly justified cause – and against "governments". What they have really divined, however, albeit a bit late in the day, is that they have for decades bought into a fraudulent democracy: they dutifully vote for political parties – which then hand their democratic mandate and people's power to the banks and the derivative traders and the rating agencies, all three backed up by the slovenly and dishonest coterie of "experts" from America's top universities and "think tanks", who maintain the fiction that this is a crisis of globalisation rather than a massive financial con trick foisted on the voters. The banks and the rating agencies have become the dictators of the West. Like the Mubaraks and Ben Alis, the banks believed – and still believe – they are owners of their countries. The elections which give them power have – through the gutlessness and collusion of governments – become as false as the polls to which the Arabs were forced to troop decade after decade to anoint their own national property owners. Goldman Sachs and the Royal Bank of Scotland became the Mubaraks and Ben Alis of the US and the UK, each gobbling up the people's wealth in bogus rewards and bonuses for their vicious bosses on a scale infinitely more rapacious than their greedy Arab dictator-brothers could imagine. I didn't need Charles Ferguson's Inside Job on BBC2 this week – though it helped – to teach me that the ratings agencies and the US banks are interchangeable, that their personnel move seamlessly between agency, bank and US government. The ratings lads (almost always lads, of course) who AAA-rated sub-prime loans and derivatives in America are now – via their poisonous influence on the markets – clawing down the people of Europe by threatening to lower or withdraw the very same ratings from European nations which they lavished upon criminals before the financial crash in the US. I believe that understatement tends to win arguments. But, forgive me, who are these creatures whose ratings agencies now put more fear into the French than Rommel did in 1940? Why don't my journalist mates in Wall Street tell me? How come the BBC and CNN and – oh, dear, even al-Jazeera – treat these criminal communities as unquestionable institutions of power? Why no investigations – Inside Job started along the path – into these scandalous double-dealers? It reminds me so much of the equally craven way that so many American reporters cover the Middle East, eerily avoiding any direct criticism of Israel, abetted by an army of pro-Likud lobbyists to explain to viewers why American "peacemaking" in the Israeli-Palestinian conflict can be trusted, why the good guys are "moderates", the bad guys "terrorists". The Arabs have at least begun to shrug off this nonsense. But when the Wall Street protesters do the same, they become "anarchists", the social "terrorists" of American streets who dare to demand that the Bernankes and Geithners should face the same kind of trial as Hosni Mubarak. We in the West – our governments – have created our dictators. But, unlike the Arabs, we can't touch them. The Irish Taoiseach, Enda Kenny, solemnly informed his people this week that they were not responsible for the crisis in which they found themselves. They already knew that, of course. What he did not tell them was who was to blame. Isn't it time he and his fellow EU prime ministers did tell us? And our reporters, too?"

vendredi 9 décembre 2011

Jour 1672

Les prochaines guerres...


"Maniant le chantage à la faillite et la peur du chaos, deux anciens banquiers, MM. Lucas Papadémos et Mario Monti, viennent de prendre le pouvoir à Athènes et à Rome. Ce ne sont pas des techniciens apolitiques, mais des hommes de droite, membres de la Commission trilatérale, connue pour avoir dénoncé l’excès de démocratie des sociétés occidentales. En novembre dernier, le « directoire » franco-allemand de l’Union européenne, la Banque centrale européenne (BCE) et le Fonds monétaire international (FMI) — la « troïka » — ont manifesté leur colère quand le premier ministre grec Georges Papandréou annonça la tenue d’un référendum sur l’austérité dans son pays. Cela remettait en cause, selon eux, un accord intervenu un mois plus tôt, qui prévoyait un nouveau durcissement de la politique économique ayant mis la Grèce à genoux. Convoqué à Cannes entre deux réunions d’un sommet auquel son pays, trop petit, ne participait pas, condamné à faire antichambre, morigéné publiquement par Mme Angela Merkel et M. Nicolas Sarkozy, pourtant coresponsables de l’aggravation de la crise (lire « Sur le toboggan de la crise européenne »), M. Papandréou dut renoncer à son référendum et démissionner. Son successeur, un ancien vice-président de la BCE, a choisi d’élargir aussitôt le gouvernement d’Athènes à une formation d’extrême droite interdite de pouvoir depuis la chute des colonels grecs, en 1974. Sans que la « troïka » ne manifeste une émotion particulière. Le projet européen devait assurer la prospérité, conforter la démocratie dans les Etats autrefois gouvernés par des juntes militaires (Grèce, Espagne, Portugal) et désamorcer les « nationalismes fauteurs de guerre ». Il réalise tout le contraire : purge renforcée, gouvernements transformés en pantins des salles de marché, réveil des animosités entre peuples du Vieux Continent. « On ne peut pas continuer à être les esclaves de l’Allemagne », s’indigne un jeune Espagnol qui ne veut pas s’exiler à Berlin ou à Hambourg pour trouver du travail. Les Italiens se sont surtout offusqués de l’arrogance du président français et se sont demandé, légitimement, quel talent particulier pouvait la justifier. Certains Grecs dénoncent déjà la prise en main de leur pays par des « forces d’occupation » ; des caricatures représentent même la chancelière allemande en nazie… Aux peuples que martyrisent les politiques d’austérité, l’histoire de l’Europe offre un large choix d’analogies abusives. Mais, toutes proportions gardées, les derniers événements d’Athènes rappelleraient plutôt l’été 1968 en Tchécoslovaquie, la « normalisation » à Prague et l’éviction du dirigeant communiste Alexandre Dubcek. La « troïka » qui vient de transformer la Grèce en protectorat a joué le rôle autrefois dévolu au pacte de Varsovie ; M. Papandréou, celui d’un Dubcek qui n’aurait jamais osé résister. Avec, dans les deux cas, la mise en œuvre d’une doctrine de la « souveraineté limitée » dont on concédera volontiers la nature moins meurtrière quand trois agences de notation en dictent les paramètres que lorsque les chars soviétiques franchissaient des frontières. Après avoir écrasé la Grèce et piétiné l’Italie, l’Union européenne et le FMI tournent à présent leur regard vers la Hongrie et l’Espagne."

lundi 31 octobre 2011

Jour 1633

7 milliards

RFI, le 26 octobre 2011 :

"Le 31 octobre 2011, la population mondiale franchira officiellement le cap des 7 milliards d'humains, selon un rapport des Nations Unies. Par certains aspects, ce chiffre record peut être perçu comme une réussite pour l'humanité : il témoigne d'une espérance de vie plus longue (68 ans en moyenne, contre 48 en 1950) et d'un meilleur accès à la santé. Mais, pour l'Organisation des Nations-Unies pour la population (UNFPA), il soulève la question des moyens mis en oeuvre pour lutter contre les disparités et pour préserver les ressources de la planète."

La question est soulevée, poussez-vous le temps qu'elle retombe dans l'oreille des sourds.

mercredi 26 octobre 2011

Jour 1628

Avant on devenait indépendant, maintenant on est libéré

Le Monde Diplomatique, 24 octobre 2011 :

" toutes les informations en provenance de la Libye ne peuvent qu’inquiéter. Les organisations de droits de la personne ont publié des rapports accablants, non seulement sur le traitement raciste des travailleurs africains, mais aussi les arrestations arbitraires, l’usage de la torture, etc. [...] Parmi les sujets d’inquiétude, la situation des femmes, qui a souvent servi de prétexte aux interventions occidentales, notamment en Afghanistan. La décision du CNT de faire de la charia la principale source de la juridiction, d’autoriser la polygamie (la Tunisie est le seul pays arabe à l’avoir abolie, avec la Libye jusqu’à présent), rappelle les incertitudes d’aujourd’hui, mais aussi les acquis du passé : le régime du colonel Kadhafi a connu un moment, à l’origine, où, de la nationalisation du pétrole à l’amélioration de la situation des femmes, il a joué un rôle progressiste que l’on tend à oublier [...] l’exécution de Kadhafi évitera un procès qui aurait pu faire la lumière sur le soutien que divers pays, dont la France et le Royaume-Uni, lui ont apporté depuis 2003."

vendredi 21 octobre 2011

Jour 1623

Mission Impossible

Le Figaro, 19 octobre 2011 :

"Alors que s'amorce, parallèlement à celui des Américains, le retrait des soldats français d'Afghanistan, quel bilan peut-on dores et déjà tirer de dix ans d'intervention militaire au «Royaume de l'Insolence» ? Quel pays laisserons-nous derrière nous ? Mission accomplie ou non ? [...] les Occidentaux n'ont pas réussi à ramener la sécurité dans le pays, après qu'une insurrection eut gangrené le pays à partir de 2005. Ce réveil des talibans s'appuie sur deux grands atouts : un discours simple - «chassons ces soldats étrangers de chez nous» - alimenté par les inévitables bavures militaires occidentales, et le territoire pakistanais comme sanctuaire stratégique. Face à ce défi, la classique stratégie anti-insurrectionnelle a échoué. Faute de proximité culturelle, l'Otan n'a réussi ni à conquérir les cœurs et les esprits de la population rurale, ni à convaincre l'entourage du président Karzaï de renoncer à la corruption, ni même à former une armée afghane capable de se battre toute seule."

vendredi 9 septembre 2011

Jour 1581

Chantage light Libération, le 9 septembre : 

"Après les défenseurs des parcs à thème et de la France des propriétaires, voici un troisième lobby, et non des moindres, qui se lance très frontalement dans la bataille contre le plan de rigueur. Devant le tollé provoqué par l’annonce de la suspension d’un investissement de 17 millions d’euros prévu dans son usine de Pennes-Mirabeau (Bouches-du-Rhône), l’américain Coca-Cola est finalement revenu hier soir sur une décision catastrophique pour son image. Son président pour l’Europe, Hubert Patricot, a évoqué une «erreur de communication» et affirmé que Coca continuerait à «investir en France». La «protestation symbolique» visait «une taxe qui sanctionne notre entreprise et stigmatise nos produits», expliquait-on en début de journée chez Coca-Cola. L’investissement n’était alors «pas annulé, mais réévalué dans le contexte d’incertitude créé par la taxe». Le numéro 1 mondial des sodas espérait ainsi influer sur le sort d’une mesure qui doit encore être discutée à l’automne au Parlement. Un chantage à l’investissement à peine voilé…"

dimanche 4 septembre 2011

Jours 1575 & 1576

Bon petit soldat de l'OTAN

Défense en ligne, le 1er septembre :

"On vient de s’en aperçevoir, sur les décombres encore fumants de la « victoire » en Libye … Cette guerre a fait une victime collatérale, parmi d’autres : l’Europe de la défense. Le président français Nicolas Sarkozy, plus va-t-en-guerre que jamais (il menace désormais l’Iran de frappes préventives, dans le style de l’ex-président George W. Bush !), a prononcé lui-même l’hommage funèbre, à l’ouverture de la 19ème Conférence des ambassadeurs, avant de présider à Paris avec le premier ministre britannique, M. David Cameron, la Conférence internationale de soutien à la Libye nouvelle : « Pour la première fois depuis 1949, s’est-il félicité, l’OTAN s’est mise au service d’une coalition emmenée par deux pays européens déterminés. » Les deux « pays déterminés » sont le Royaume Uni et bien sûr la France, dont l’entente est d’autant plus cordiale qu’ils sont pilotés actuellement par deux gouvernements conservateurs"

jeudi 1 septembre 2011

Jour 1573

Toujours prêt à aider la Lybie

La beauté du commerce international français dans le Figaro, le 1er septembre 2011 :

"Les services de renseignement de Kadhafi ont été formés dans le plus grand secret par des cadres d'Amesys, une filiale de Bull, ainsi que par des militaires de la direction du renseignement militaire (DRM). L'information avait été dévoilée mardi par le Wall Street Journal . Le Figaro a retrouvé l'un des militaires chargés de cette formation. «Nous avons mis en route le système d'écoute libyen fin juillet 2008, explique-t-il, sous couvert d'anonymat. Les cadres de Bull étaient très attachés à cette mission qui avait été facturée environs 10 millions d'euros.» [...] La Libye fournissait alors un laboratoire intéressant puisqu'elle allait permettre à Bull de tester son système sans limite, sur un pays de plusieurs millions d'habitants. «Nous avons mis tout le pays sur écoute, explique notre interlocuteur. On faisait du massif: on interceptait toutes les données passant sur Internet: mails, chats, navigations Internet et conversation sur IP.» La Libye présentait également l'avantage d'être techniquement facile à placer sur écoute, puisque c'était un pays consommateur de contenus Internet, mais très faible producteur de contenus. «En se branchant sur l'interconnexion internationale, nous avions déjà 98% du trafic, il y avait très peu de points de captures.» Facebook, Twitter, Skype, Yahoo mail, Gmail… Rien n'échappait aux yeux de Tripoli.[...] Les militaires français et les cadres de Bull étaient notamment en relation directe avec Abdallah Senoussi, beau frère de Kadhafi et chef des services secrets libyens. L'homme est tristement célèbre pour avoir été condamné par contumace pour son implication dans l'attentat du vol 772 d'UTA dans lequel périrent en 170 personnes en 1989, abattues en vol par un missile. «C'est lui qui négociait les fonctionnalités du produit et qui nous donnait des directives», révèle notre interlocuteur."

vendredi 12 août 2011

Jour 1553

Autre pays, même problème

Le Monde Diplomatique, le 11 août 2011 :

"« Il est évident que certaines choses vont très mal dans notre société », a concédé M. Cameron, dont le gouvernement a mis en place depuis son arrivée au pouvoir, en mai 2010 – grâce à une alliance entre conservateurs et libéraux-démocrates –, un plan d’austérité sans précédent. Le creusement des inégalités qui en résulte avait donné lieu au cours des derniers mois à des protestations qui, bien que d’une nature différente de celles observées ces derniers jours, avaient surpris par leur ampleur, dans un pays où la politique menée par Mme Margaret Thatcher (1979-1990) semblait avoir éradiqué toute velléité contestatrice."

jeudi 21 avril 2011

Jour 1441

Lybie, un petit retour au réel

Lu sur Prisonplanet.com, le 21 avril 2011 :

"It has been said that truth is the first casualty of war. The Libyan military operations and Resolution 1973, which functions as their legal basis, are not an exception to the rule. These are presented to the public as a necessary measure to protect the civilian population against indiscriminate repression at the hands of Colonel Gaddafi. In reality they are classic imperial goals. Let us look at the following elements for clarification.

Crimes Against Humanity

To paint a black picture of the situation, the Atlanticist press pretended that the hundreds of thousands of people who were fleeing from Libya were doing so to escape from a massacre. Press agencies reported on thousands of deaths and spoke of “crimes against humanity“. Resolution 1970 referred to the Prosecutor of the International Criminal Court “the widespread and systematic attacks against the civilian population“.

In fact, the Libyan conflict can be read both in political terms and from a tribal perspective. Immigrant workers were the first to fall victim, being brutally forced to leave the country. The clashes between Gaddafi’s supporters and the insurrection have certainly been bloody, but never in the purported proportions. There has never been a systematic repression against civilian population.

Support for the “Arab Spring”

During his speech before the Security Council, French Foreign Minister Alain Juppé sang the praises of the “Arab Spring” in general and the Libyan insurrection in particular.

His lyrical speech cloaked dark intentions. Juppé didn’t utter a single word about the bloody repressions in Yemen and Bahrain, yet he paid tribute to King Mohamed VI of Morocco as if he were one of the revolutionary agents of change [1] thus contributing to worsen France’s already disastrous image in the Arab world thanks to the President Sarkozy.

Support from the African Union and the Arab League

Since the beginning of these events, France, Great Britain and the United States have persisted in denying the fact that this is a West-sponsored war, although French Interior Minister Claude Guéant did refer to Nicolas Sarkozy’s “crusade“.

[...]

Arms Embargo

If the objective were to protect the population, the embargo would have been crafted to target the mercenaries and the weapons funneled to the Gaddafi regime. Instead, the embargo was extended to the rebels to prevent any possible victory. Therefore, this is obviously about stopping the revolution in its tracks.

No flight zone

If the objective were to protect the civilian population, the no-fly zone would have been limited to the rebel territory (as was done in Iraq with Kurdistan). In fact, the restriction affects the entire national territory. In this way the coalition hopes to maintain the balance of power between the forces on the ground and divide the country in 4 areas: the 3 rebel areas and the area loyal to Gaddafi. This de facto division of Libyan territory goes hand in hand with the one in Sudan and the Ivory Coast, which mark the first stages of the “Remodeling of Africa”.

Assets freeze

If the objective were to protect the civilian population, only the personal assets of the Gaddafi family plus those belonging to the regime’s dignitaries would have been frozen to prevent them from violating the arms embargo. But the freeze has also been enforced against the assets of the Libyan state. Now, it just so happens that Libya – a wealthy oil-producing country – possesses considerably large assets, part of which are invested in the Bank of the South, an institution dedicated to the funding of projects in the Third World.

As pointed out by Venezuelan President Hugo Chavez, freezing the assets will not protect the civilians. The real aim here is to re-establish the monopoly of the World Bank and the International Monetary Fund.

Coalition of the willing

If the objective were to protect the civilian population, the organisation in charge of implementing Resolution 1973 should have been the UN. Instead, the military operations were being coordinated by the US AfriCom and currently by NATO. It was precisely for that reason that Turkish Foreign Minister Ahmet Davutoglu was incensed at the French initiative and requested an explanation from NATO.

Less diplomatically, Russian Prime Minister Vladimir Putin referred to Resolution 1973 as “is flawed and inadequate. If one reads it, then it immediately becomes clear that it authorises anyone to take any measures against a sovereign state. All in all, it reminds me of a medieval call to crusade,” he concluded."

mardi 19 avril 2011

Jour 1439

Les apprentis sorciers

Le Monde, 19 avril 2011 :

"En évoquant, lundi 18 avril, la possibilité d'abaisser de "stable" à "négative" la perspective d'évolution de la dette américaine de long terme, qui bénéficie de la note AAA, la plus haute possible, l'agence n'exclut plus une proche dégradation : "Une chance sur trois qu'elle intervienne d'ici deux à trois ans." [...] Non seulement c'est la première fois dans l'histoire des Etats-Unis qu'un tel abaissement est envisagé, mais le pays se retrouve être le seul grand Etat disposant de la note AAA menacé de voir la capacité de son économie à honorer ses échéances financières mise en cause."

Dans les causes évoquées on note :

"la probabilité de désaccord persistant entre la Maison Blanche et son opposition, majoritaire à la Chambre des représentants, risque d'obérer la mise en œuvre de solutions de long terme avant 2013, renforçant dès lors la menace de dégradation de la note de la dette américaine."

Je traduis pour les mal-comprenants : le processus politique et la démocratie sont une menace pour l'économie des Etats-Unis.

On rappellera qu'"on" avait rappelé à certains membres du Congrès que la loi martiale serait déclarée aux États-Unis si le plan Paulson n'était pas adopté.


CONGRESS THREATENED WITH MARTIAL LAW IF BAILOUT... par neverknwo

dimanche 20 mars 2011

Jours 1408 & 1409

Portrait anglais

La France vu par le Guardian, le 20 mars 2011 :

"The president is supposed to be the glory of France incarnate, which is why swearing, chewing gum and marrying an ex-supermodel three months after meeting her have not done wonders for the popularity of the incumbent, Nicolas Sarkozy. [...] For a country with such a rich, varied and influential cultural and artistic tradition, French television is, for the most part, unmitigated crap: game shows, variety shows, reality shows, debate shows."