Affichage des articles dont le libellé est médias. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est médias. Afficher tous les articles

mercredi 2 mai 2012

Jour 1817

Le petit se vexe facilement

Le Monde nous rappelle le 30 avril 2012 que :

"Depuis le début de son quinquennat, le chef de l'Etat a déjà porté plainte plusieurs fois, rompant avec une tradition observée par ses prédécesseurs qui se refusaient à descendre dans l'arène judiciaire. [...] 24 mai 2008 : Nicolas Sarkozy se constitue partie civile dans une affaire instruite à Albertville (Savoie) sur la création de tee-shirts portant la mention "Sarkozy tolérance zéro", le "o" de Sarkozy étant transformé en cible. [...] 23 octobre 2008 : Nicolas Sarkozy saisit la justice pour faire retirer de la vente un coffret "Manuel vaudou, Nicolas Sarkozy", commercialisé par la maison d'édition K&B, dans lequel on trouve une poupée à son effigie. [...] 16 juillet 2010 : Nicolas Sarkozy obtient de la justice le retrait de photomontages qui le tournent en ridicule dans le numéro estival du bimestriel satirique Le Monte."

lundi 30 avril 2012

Jour 1815

Même les riches...

Si même François Pinault s'y met... Le 28 avril 2012, dans le Monde :

"Le milliardaire tire ses salves en direction du président sortant, dont il moque la dernière formule : "Présomption de légitime défense, c'est comme au Far West, il faut dégainer le premier ! Il perd les pédales. Les gens proches de lui pensent qu'il pourrait encore gagner. Il est cuit ! C'est comme dans le bunker de 1945.""

jeudi 26 avril 2012

Jour 1811

Depuis le temps qu'on vous le dit...
 

lundi 16 avril 2012

Jour 1801

Aidez la recherche sur Google

Le Monde, 16 avril 2012 :

"Sergueï Brin, le cofondateur de Google, se dit, dans une interview au Guardian, très inquiet pour l'avenir de l'Internet libre et ouvert. "Des forces très puissantes se mettent en ordre de bataille contre l'Internet ouvert de tous côtés et partout dans le monde", affirme-t-il. [...] M. Brin a toutefois réservé ses critiques les plus vives à l'industrie du disque et du film. "Elles se tirent une balle dans le pied", juge-t-il, visant les propositions de lois visant à bloquer les sites de téléchargement illégal. Pour le cofondateur de Google, les projets de loi SOPA ou PIPA, pour l'instant repoussés suite à une mobilisation sans précédent d'internautes, auraient conduit les Etats-Unis à utiliser le même type de technologies que la Chine ou l'Iran.

Et la France ? Elle voulait déjà aidé la police Tunisienne au moment du printemps arabe...

vendredi 6 avril 2012

Jour 1791

Le Conseil des Singes de l'Audiovisuel

Acrimed, le 6 février 2012 :

"Inféodé au pouvoir politique et assujetti aux entreprises médiatiques, le CSA est un organisme-fantoche et un organisme-croupion : un simple relais du pouvoir exécutif, cantonné à la régulation de l’audiovisuel dans une définition désormais archaïque. À l’heure d’Internet, de la révolution numérique, de la multiplication des supports et du multimédia, toutes les composantes de l’espace médiatique sont plus que jamais solidaires. C’est pourquoi un Conseil national des médias (CNM), entièrement redéfini dans ses missions et sa composition, doit être institué. Quelle composition ? Un tel conseil des médias devrait être dégagé des formes de représentations politiques qui prévalent aujourd’hui et qui aboutissent, au sein de l’actuel CSA, à la prédominance absolue de l’exécutif et des majorités parlementaires qui décident de sa composition. Il devrait être composé d’élus, de professionnels des médias et de porte-voix des publics. - Quel que soit le mode de scrutin retenu pour l’élection des assemblées parlementaires et en particulier de l’Assemblée nationale, la représentation politique au sein du CNM doit être une représentation strictement proportionnelle. - Quelle que soit la part réservée aux chefs d’entreprises, privées ou publiques, la majorité de la représentation professionnelle doit revenir aux principaux acteurs des médias : les journalistes et les salariés des médias, ainsi que leurs organisations syndicales. - Quelles que soient les modalités retenues de représentation des usagers, celle-ci doit être effective, même si le risque d’une faible représentativité n’est pas négligeable : leur rôle pourrait être, du moins dans un premier temps, consultatif. En tout cas, de telles dispositions (notamment parce qu’elles distinguent la représentation politique et la représentation directe des usagers) pourraient n’être que provisoires : elles prendraient tout leur sens si tout ou partie des représentants aux conseils des médias étaient élus à la proportionnelle, sur la base de projets et selon un mode de scrutin spécifiques. De surcroît, une seule autorité publique indépendante devrait remplir ou coordonner les fonctions remplies aujourd’hui par diverses institutions cantonnées à tel domaine d’intervention et à tel type de médias. Par exemple, sous réserve des autres transformations souhaitables et sans préjuger de celles-ci : - Les organismes d’évaluation de la diffusion et des audiences ne doivent pas être sous-traités à des organismes privés et/ou dépendants. Médiamétrie et l’OJD (ex-Office de justification de la diffusion des supports de publicité) doivent être remplacés ou modifiés. Ils devraient être ou devenir des organismes publics ; - L’Autorité de régulation professionnelle de la publicité (Arpp) [1] devrait remplir ses fonctions au sein du CNM ou sous son contrôle. - L’Autorité de régulation des communications électronique et postales (Arcep) devrait agir de concert avec le CNM, voire constituer avec lui une seule et même instance. Quelles missions ? Le CNM aurait pour principaux rôles, sous réserve de précisions sur la répartition entre les pouvoirs effectifs et les fonctions consultatives : 1. La définition des modalités de financement public des médias : l’allocation des montants de la redevance audiovisuelle ; l’allocation des aides publiques à la presse ; l’allocation des ressources destinées aux médias associatifs. Seul un organisme réellement indépendant permettrait d’en finir avec l’arbitraire politique et l’opacité qui règnent sur ces allocations. 2. Le contrôle de la publicité : la définition des normes des messages publicitaires ; l’établissement des règles relatives aux conditions de leur diffusion et celles relatives à leur ampleur, de concert avec l’Arpp, qui devra être refondée. La place et le contenu de la publicité dans les médias ne relèvent pas des seuls spécialistes et professionnels de la publicité : ils doivent, pour le moins, faire l’objet d’un débat public. 3. La gestion des moyens publics de production et de diffusion : la répartition des canaux et des fréquences disponibles ; le contrôle de la gestion des moyens publics d’impression ; le contrôle de la transparence des organismes de diffusion de la presse ; la prise en charge des relations avec La Poste et les Télécommunications (dont il faut souhaiter les renationalisations). 4. Le contrôle des mesures d’audience et de diffusion : la redéfinition des organismes d’évaluation de la diffusion et des audiences ; la réévaluation de leurs critères et le développement des enquêtes qualitatives sur les usages des médias, dégagées des présupposés mercantiles de celles, trop rares, qui existent actuellement... 5. Le contrôle du pluralisme médiatique et de la législation sur les concentrations, en particulier par l’instauration d’un droit de saisine des juridictions compétentes en cas de transgression des dispositions législatives. 6. La protection de la liberté sur Internet et de sa neutralité et, en particulier, la mise en œuvre de dispositions qui protègent les droits d’auteur sans recourir à la répression aveugle et absurde qui est le lot de la loi Hadopi. Dans le cadre de l’actuelle Constitution, c’est au Parlement que revient le vote du budget alloué aux médias et des lois qui les concernent, tandis que le gouvernement – la direction des Médias et le ministère des Finances en particulier – sont chargés de l’application des dispositions législatives. C’est beaucoup, c’est beaucoup trop, si leurs compétences ne sont pas strictement circonscrites, et surtout si n’existe aucun contre-pouvoir. Dans ce but, deux mesures complémentaires doivent être envisagées. D’abord, le rôle désormais rempli par les régions et le poids grandissant, actuel et à venir, des médias locaux rendent indispensable le transfert des compétences nécessaires à des conseils régionaux des médias, indépendants des conseils régionaux proprement dits. Ensuite et surtout, sur le plan national, le CNM, tel que nous l’avons défini, pourrait être inscrit dans la Constitution : la notion confuse de « quatrième pouvoir » recevrait ainsi un sens précis."

mercredi 4 avril 2012

Jour 1789

Le combat des femmes (?)

Acrimed, le 28 mars 2012 :

"On ne peut évoquer la dite « presse féminine » sans passer le magazine Elle au crible d’une critique qui, bien que très incomplète sous la forme qu’on va lire ici, permet d’entrevoir les voies plus ou moins subtiles par lesquelles s’immisce aujourd’hui le sexisme dans les médias s’adressant aux femmes. Fleuron du groupe Hachette Filipacchi Médias, lui-même propriété du groupe Lagardère et premier éditeur mondial de magazines, Elle propose chaque semaine – et chaque jour sur son site Internet – un concentré de poncifs sexistes, maquillés derrière une rhétorique dont la « modernité » se résume à l’usage permanent d’anglicismes et emmitouflés dans un amas de publicités haut de gamme. On ne prendra ici que quelques exemples qui nous ont semblé révélateurs de tendances de fond. La réussite des femmes selon Elle Elle se montre attachée à la « réussite » des femmes : louable intention à l’évidence ! Mais la lecture du magazine révèle d’emblée deux dimensions de cet attachement bruyamment revendiqué. Cette réussite, en effet, se réduit pour l’essentiel à l’accès des femmes aux positions dirigeantes (dans le monde politique ou économique), au point que le sort de la majorité des femmes salariées – soumises aux contrats précaires, aux bas salaires, aux temps partiels imposés ou à la double journée – n’est que très rarement évoqué par les rédactrices de l’hebdomadaire. Nulle raison de s’en étonner : cherchant à obtenir les recettes publicitaires associées aux grandes enseignes de la mode (Chanel, Louis Vuitton, etc.), Elle multiplie les efforts pour attirer un lectorat, sinon bourgeois, du moins disposant de revenus conséquents (« CSP+ »). Que lui importe, par conséquent, les intérêts des caissières, serveuses, femmes de ménage, aides-soignantes ou autres secrétaires. Deuxième aspect marquant : Elle s’intéresse moins aux mécanismes qui assurent la persistance des inégalités d’accès aux positions dirigeantes entre hommes et femmes, qu’à la manière spécifique dont les femmes occuperaient ces positions. Or, cette spécificité, Elle la cherche dans… la garde-robe de ces femmes distinguées, forcément ! Ainsi, dans un article publié dans le magazine du 21 octobre 2011 et intitulé : « Mode in power », Elle se propose d’instruire on ne sait qui, mais on le devine, sur la manière dont « les dirigeantes imposent leur look » : « Chancelière, ministre, First Lady… les femmes sont enfin sorties de la terne imitation des hommes et osent faire passer des messages ». Pour apprendre comment elles y sont parvenues et comment il est possible d’y parvenir, l’article propose une « analyse des nouveaux dress codes féminins », qui se fonde sur les « exemples » de Michelle Obama, Nathalie Kosciusko-Morizet, Angela Merkel, Christine Lagarde, Martine Aubry et Kate Middleton. La politique du « look » selon Elle Ce n’est pas tout : sous le vocable unifiant de « dirigeantes » se trouvent placées sur le même plan deux femmes, Michelle Obama et Kate Middleton, uniquement connues en tant qu’épouses d’hommes célèbres (qui eux-mêmes le sont à des titres bien différents), et quatre autres qui ont exercé des fonctions politiques de premier plan (ministres, députées, etc.). C’est assez dire la confusion qu’Elle contribue à entretenir sur la « réussite » des femmes, puisque diriger – conjugué au féminin – peut encore et toujours consister à être la « femme de ». Considèrerait-on le mari (ou le compagnon) d’Angela Merkel ou de Martine Aubry comme un « dirigeant » ? Poser la question, c’est évidemment y répondre. Mais le principal enseignement est le suivant : si les femmes – ces femmes – sortent aujourd’hui de l’ombre dans laquelle elles se tenaient elles-mêmes (et non où les hommes les tiennent, aujourd’hui comme hier), « soucieuses de ne pas détonner dans l’univers masculin du costard-cravate », et si elles parviennent aujourd’hui à « faire passer des messages », ce n’est pas en luttant pour l’égalité entre hommes et femmes dans le monde du travail, pour un partage égalitaire des tâches domestiques dans les couples ou contre les violences masculines, mais en « inventant un nouveau dress code ». Message de gauche ou de droite, en faveur des intérêts des salariés ou du patronat, pour l’égalité entre les sexes ou sans considération pour les inégalités entre hommes et femmes ? Peu importe car, une nouvelle fois, les femmes se trouvent jugées, non sur la base de leur contribution à l’émancipation des modèles de genre ni même de leur positionnement politique ou de leur compétence, mais sur leur apparence extérieure, ici vestimentaire. Au nom de ces équations traditionnelles reléguant les femmes « dirigeantes » au rôle de figurantes, rien ne nous est donc épargné par Elle : la « sexyness de NKM » (N. Kosciusko-Morizet), la « touche créateurs de Michel Obama », le « high street de Kate Middleton », « le côté “Vis ma vie” de Martine Aubry », etc. À l’adresse du lecteur non encore convaincu, voici un florilège de ce que ce « dossier » nous réserve de meilleur : « Elle a des jambes de gazelle, alors, pourquoi s’en priver ? », « Michelle Obama est la plus moderne et la plus sympa des First Ladies », « La méthode Lagarde est simple mais fiable. Une tenue basique de power woman à l’ancienne, mais, par-dessus, un foulard ou une grosse broche graphique », « C’est l’une des révolutions les plus importantes. Les attentes du public vis-à-vis de ses dirigeantes sont passées d’un dressing iconique à un dressing sympathique ». Le partage des tâches domestiques selon Elle Une petite incursion sur le site du magazine révèle une autre dimension de la contribution de Elle au maintien des rôles sexués : sa « vision de la division du travail domestique. Sous le titre « toutes accro à l’électroménager », un dossier du 7 décembre 2011 propose ainsi cinq portraits de femmes : « Un lave-vaisselle ou un robot, c’est souvent beaucoup plus qu’un appareil qui facilite la vie. C’est aussi un ami, un allié, un objet fétiche... Cinq dingues de leur gadget high-tech se racontent ». Toutes les enquêtes sociologiques ont beau démontrer la permanence, dans tous les milieux sociaux, d’inégalités très profondes entre hommes et femmes dans la répartition des tâches domestiques (alimentation, nettoyage, éducation, etc.), Elle choisit d’entériner cet état de fait… en le passant sous silence et en valorisant le rapport de certaines femmes aux appareils qui sont le support technique de cette inégalité. Nous aurions pu évoquer l’exemple de Valia, dont le compagnon s’est vu déchargé de la vaisselle grâce à l’achat d’un lave-vaisselle, mais celui de Fleur nous paraît encore plus édifiant. Fleur a en effet découvert les joies du nettoyage en faisant l’acquisition d’un aspirateur high-tech. Pourquoi ? « Parce qu’il trône dans le salon comme une œuvre d’art, qu’il est beau, ultrapratique et, comme c’est un 2-en-1, je peux utiliser le petit ou le gros selon les besoins. C’est devenu mon meilleur ami et le troisième membre de la coloc’ ». Dans la chanson de Marylin Monroe, les diamants constituaient le meilleur ami d’une femme ; dans la version proposée par Elle, ce rôle est dévolu… à l’aspirateur. Commentaire de l’experte diligentée par le magazine : « La vie de Fleur a changé le jour où elle a pris conscience qu’un aspirateur pouvait être non seulement utile mais facile à utiliser. Pour elle, aspirer la poussière est devenu un jeu. Elle se sent valorisée par la performance et le design de l’appareil. Si bien qu’elle l’a accueilli avec autant d’enthousiasme qu’un nouveau colocataire qui serait à la fois sexy et facile à vivre ». La rhétorique de la conciliation vie professionnelle/vie privée Une autre manière de s’accommoder des inégalités de genre dans la répartition des tâches domestiques consiste à recourir au lieu commun, qui tient lieu pour beaucoup d’idéal, de la « conciliation entre vie professionnelle et vie privée ». Ce thème occupe une place non-négligeable dans le discours porté par Elle, le magazine proposant, par exemple, « dix conseils » aux mères actives « pour assurer » (27 octobre 2011). Le simple fait que ce type d’articles figure régulièrement dans la presse féminine et ne s’adresse qu’aux femmes est en soi significatif : les hommes ne sont en effet enjoints par personne à « concilier » quoi que ce soit. Les femmes se doivent quant à elles de « concilier », car c’est précisément à elles que continue à revenir en priorité de s’occuper des tâches matérielles au sein des couples. Au-delà de leur caractère purement incantatoire, les « conseils » proposés par Elle – « je gère ma grossesse au bureau », « je communique avec mon boss », « je trouve un mode de garde fiable », « je gère les imprévus » – ne visent donc qu’à rationaliser cette inégalité, pièce maîtresse du patriarcat. Ce que confirme parfaitement le cinquième conseil, qui stipule : « j’implique le père de mon enfant dans les tâches ménagères ». Ici comme ailleurs, les mots importent ; il est bien écrit « j’implique », et non « je partage ». Le conseil pour faire accepter cette « implication » aux pères réticents a de quoi laisser songeur : « Vous pouvez utiliser des phrases toutes prêtes ayant fait leurs preuves et compilées dans le livre. Un exemple : “Mon amour, toi qui a des muscles, j’aurais une mission à te confier : pourrais-tu s’il te plaît descendre la poubelle à couches ?” ». Quand on a renoncé à combattre l’inégalité, restent les arguments sexistes. On pourrait poursuivre longtemps l’énumération des exemples : la plupart montrent que les discours généraux qui prétendent lutter contre les inégalités entre hommes et femmes servent d’habillage élégant à l’aménagement du statu quo. Il suffit pour cela de considérer, en général, ces inégalités comme des survivances archaïques et de les attribuer exclusivement à des cultures ou des religions qui seraient intrinsèquement sexistes. Ce faisant, Elle participe à la légitimation et à l’éternisation de la domination patriarcale, telle qu’elle continue à s’exercer aujourd’hui dans la société française."

dimanche 25 mars 2012

Jours 1778 & 1779

Une presse sélective

L'Acrimed, le 21 mars 2012 :

"La presse est en crise ? Certains ne semblent pas vouloir le croire. Peu importent finalement la désaffection du lectorat populaire et la défiance généralisée envers les médias : l’essentiel est que les quelques personnes qui lisent encore la presse écrite nationale aient les moyens d’acheter ce que ses annonceurs vendent. La romance ne semble pas devoir finir. La presse veille à ne pas froisser ses amants fortunés. D’abord par son prix, qui la rend inaccessible aux pauvres. Ensuite par ses orientations qui ne remettent en question l’économie de marché qu’à la marge - et encore, seulement quand il y a une crise. S’il devait un jour être question, par exemple, de taxer les riches, l’idée ne ferait son chemin qu’à condition que les riches l’aient eue eux-mêmes, ou qu’un candidat donné gagnant de l’élection présidentielle par les sondages la fasse sienne… et encore, dans ce cas-là, les grands journaux ne manquent-ils pas de faire planer la menace d’un exil fiscal des intéressés. L’idée que le « peuple » serait plus soumis à l’influence des grands médias que les classes éduquées est une idée répandue, particulièrement chez lesdites classes éduquées. Cette étude d’Audipresse montre-t-elle involontairement le contraire ? On pourrait croire en effet que la passion des catégories les plus aisées pour l’information en fait un public particulièrement réceptif aux dogmes que diffuse la presse dominante..."

vendredi 23 mars 2012

Jour 1777

Il ne faut pas s'étonner

Le Monde, 23 mars 2012 :

"L'Internet n'y change rien, les téléspectateurs de par le monde passent toujours plus de temps devant leur poste. En 2011, ils sont restés en moyenne trois heures et seize minutes par jour devant leur écran, six minutes de plus qu'en 2010 et vingt minutes de plus qu'il y a dix ans, détaille la dix-neuvième étude annuelle publiée par Eurodata TV Worldwide.


jeudi 1 mars 2012

Jour 1755

Vos médias vous protègent

L'Acrimed, 6 janvier 2012 :

"Un incident mineur ? Un dysfonctionnement interne lié à un acte de malveillance ? Non, c’est bien un bug phénoménal qu’a révélé le Canard Enchaîné dans son édition du 28 décembre, provoquant une série de contrôles de la Commission nationale informatique et libertés (CNIL) au siège strasbourgeois d’Euro-Information, la filiale informatique du Crédit Mutuel, ainsi qu’au siège du Républicain Lorrain à Woippy, dans la banlieue de Metz. De quoi s’agit-il ? Si la majeure partie des journalistes des titres détenus par le Crédit Mutuel n’en avaient pas conscience, il se trouve que nombre d’entre eux avaient accès à des informations bancaires de toutes sortes, simplement en ouvrant des dossiers via leur boîte mail Outlook Express. Une « navigation » rendue possible par le fait que les activités presse et celles de la banque sont installées sur la même plateforme informatique, qui n’était plus, ou pas, ou pas encore, verrouillée. Une situation qui durait en réalité depuis de longs mois, ayant même fait l’objet de questions tout à fait officielles, de la part de représentants du personnel, dans les instances d’un de ces journaux. Voilà qui vient démontrer par l’absurde que lorsque le Syndicat National des Journalistes, première organisation de la profession, se bat contre la mutualisation et la concentration à tous crins des moyens, ce n’est pas sans fondement. En l’espèce, avoir les économies d’échelle pour seul horizon va manifestement à l’encontre des libertés individuelles et de la confidentialité des données personnelles. Car si les journalistes avaient accès à des informations bancaires, comment ne pas imaginer que l’inverse était également vrai ? Big Brother n’est pas uniquement de la science-fiction. Il aurait fallu colmater ces tuyaux percés, c’est désormais chose faite, mais par la même occasion, la banque fédérative a fait la démonstration qu’elle pouvait très bien verrouiller… l’information, en interdisant la parution dans « ses » journaux de la dépêche AFP résumant l’affaire. Information dérangeante s’il en est pour un banquier, censé assurer la sécurité des données personnelles de ses clients. Au Progrès, à Lyon, la brève n’est restée sur le site internet du journal que quelques heures. Un acte de censure ou d’auto-censure de la part de rédacteurs en chef zélés. Pas un mot, pas une ligne dans les autres quotidiens, à l’exception notable des sites internet du Journal de Saône-et-Loire et du Bien Public, passés entre les mailles de la censure. Comme si, à l’heure d’internet, l’information circulait encore par un canal unique et qu’il suffisait de l’obstruer pour que le citoyen n’en sache rien. Le SNJ condamne vigoureusement cette atteinte à la liberté d’informer, qui porte en elle les germes de dérives futures gravissimes. Que se passera-t-il le jour où la banque devra affronter des difficultés importantes, voire un scandale de l’ampleur du dossier Kerviel ? Faut-il croire sur parole Michel Lucas, le banquier papivore, lorsqu’il prétend n’avoir jamais fait preuve d’interventionnisme dans les journaux détenus par le Crédit Mutuel ? A quelques mois de la Présidentielle, cette affaire démontre l’urgence pour le législateur de reconnaître l’indépendance juridique des rédactions qui permettrait de découpler le pouvoir éditorial de celles-ci du pouvoir économique des actionnaires et de certains annonceurs, comme le revendique le SNJ."

mardi 28 février 2012

Jour 1753

Quel hasard...

Le Monde, 28 février 2012 :

"Elle était dans le panel de Français qui a interrogé François Hollande, lundi 27 février. A l'issue de l'émission "Parole de candidat" diffusée par TF1, Sophie Poux, agricultrice dans le Tarn-et-Garonne s'est dite "un peu délaissée" et a assuré ne pas avoir "trop aimé la réponse du candidat socialiste à sa question". Le Lab d'Europe 1 rapporte que le président de la République s'était rendu dans l'exploitation de Mme Poux, début 2011 et qu'il l'avait décorée de l'Ordre national du mérite à la fin de la même année."

TF1 une chaine aux pratiques généralement irréprochables...

vendredi 24 février 2012

Jour 1749

Voyou un jour...

Nouvelles d'Orient, un blog du Diplo :

"Le quotidien étant devenu, comme le dénoncent certains de ses propres journalistes, un organe de propagande au service de Nicolas Sarkozy, je ne résiste pas à la tentation de signaler l’article sur une page entière titré « Ces 313 bandes qui écument la France », et qui rappelle les campagnes de peur lors de la présidentielle de 2002, avec les résultats que l’on sait — la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour. Les membres de ces bandes sont, bien évidemment, « plus jeunes et plus violents ». Déjà, L’Express avait publié un reportage sur le même sujet : « Quelque chose éclate dans leur voix : une espèce de haine de classe, une haine contre les tricheurs, contre les flics. Haine souterraine, grondante… » Et l’un des jeunes lance : « Vous verrez dans cinq ans. Ceux qui ont 13 ou 14 ans, ils sont encore plus pires [sic] que nous. On est des enfants de chœur à côté. » Ils s’appellent Le Blond, Jojo, Charlie, Pépère et Nanard, ils sont plombier, typo, photograveur, tourneur, déménageur, etc. C’était un reportage de Jean Cau, du 30 juillet 1959"

mardi 21 février 2012

Jour 1746

La guerre ? Grösse malheur !

Le blog Défense en ligne du Monde Diplo, le 8 février 2012 :

"cette autre tendance à se lancer dans des guerres dites « préventives » (où l’on s’érige par avance en juge ou justicier) ou des croisades sociétales (pour la défense des droits des femmes, pour « remodeler le Moyen-Orient ») ce qui revient à s’engager dans une périlleuse « guerre de civilisation » — quitte, en cas de besoin, à fabriquer l’ennemi ou à le démoniser, selon le mode décrit par Pierre Conesa : — raconter une belle histoire (avec un scénario simple, opposant les bons aux méchants) ; — embarquer les médias dans l’aventure (sans images, pas de crise !) ; — identifier si possible la « révolution » grâce à une figure populaire, des héros, des symboles (une couleur, un son, des vêtements, par exemple) ; — désigner l’ennemi en inventant une menace, en élaborant un discours stratégique, en impliquant les think tanks, instituts, observatoires, services de renseignement ; — faire orchestrer la légitimation de la guerre par des intellectuels ayant accès aux médias dominants, capables de légender cette guerre « juste » et « rédemptrice », voire de présenter des défaites comme des victoires, etc. ; — mettre en scène les ONG humanitaires (en sauveurs valeureux, ou en malheureuses cibles). [...] Le tout sans véritablement se préoccuper des suites ou effets secondaires de ces engagements, rarement à la hauteur des ambitions. Ainsi, en Libye, la guerre des « démocrates » ou « révolutionnaires » aura surtout été menée au nom « d’Allah Akbar ! » ; elle se sera accompagnée d’une « chasse aux Noirs » appuyée sur des considérations racistes ; elle aura contribué à répandre le désordre dans tout le Sahel ; et débouché ces derniers mois sur des affrontements de factions ou de tribus, et des atteintes majeures aux droits de l’homme dans la Libye nouvelle. [...] On insistera aussi sur le rôle central des grands médias, notamment occidentaux, qui multiplient — à chacune de ces crises — les séquences compassionnelles, chauffent à blanc les publics, n’hésitant pas à choisir un camp, attribuant le « beau rôle » à leurs champions — quitte à oublier de rendre compte de la situation « de l’autre côté » (comme en Libye, ou plus récemment en Syrie). La difficulté de « couvrir » l’autre camp, à Tripoli par exemple, en raison de l’hostilité des autorités, ou de la persistance de dangers, ne justifie pas que ce terrain soit déserté, au point de délivrer une information unilatérale, comme ca a été le cas entre mars et septembre 2011 en Libye. Et quitte, aussi, à abandonner franchement le sujet, une fois le Diable liquidé, ou la déception venue : les effets à long terme n’intéressent plus les caméras…"

jeudi 16 février 2012

Jour 1741

Communication en béton

Hier soir le nain annonce sa candidature à la Présidence de la République. Ce matin, on peut voir dans les kiosques :


"Oh regarde Gérard, elle aussi elle regarde NCIS ! Elle est comme nous en fait ! On n'a qu'à voté pour son mari, il est mignon, il est tout petit"

dimanche 5 février 2012

Jours 1729 & 1730

Nos médias nous protègent... Ou pas

Acrimed, le 3 mars 2012 :

"L’allergie de Jean-Michel Aphatie aux « petits candidats » n’est pas nouvelle. C’est ainsi, par exemple, que, le 22 juin dernier, dans sa chronique quotidienne du « Grand journal », il s’emportait au sujet de la candidature de Christine Boutin [1] : « Très fort ! Quelles sont les chances de Christine Boutin d’être élue présidente de la République ? Nulles ! Zéro ! En 2002, elle a fait 1,9 % des voix ! Zéro chance d’être élue présidente de la République ! Mais elle s’en moque ! Parce que Christine Boutin, elle ne veut pas être présidente de la République, elle veut être candidate à la présidence de la République ». Et d’aligner, un à un, les « petits candidats », entre autres Philippe Poutou (« Je connais son score, lui : 0,0005 %, peut-être ! »), Nathalie Arthaud (« Ça va pas peser lourd, ça non plus, mais on s’en fout ! ») ou Frédéric Nihous (« Il s’en fout lui, d’être président de la République, c’est pas son problème ! »). Et de conclure : « C’est n’importe quoi. […] Ne devraient être candidats que ceux qui ont envie d’être président […], qui ont la possibilité de l’être ». Au moins c’est dit. Le pluralisme, c’est mieux à deux. Ou éventuellement à trois. Mais au-delà, c’est la gabegie. Heureusement, Aphatie veille. [...] le fougueux Aphatie s’en est pris, le 20 janvier dernier sur LCI, à la règle de l’égalité du temps de parole sur les médias audiovisuels entre les candidats lors de la campagne officielle, « une bêtise française incroyable » selon lui. [...] un intervieweur qui [...] est aussi inflexible avec les « petits » qu’il est souple avec les puissants. Comme lorsqu’il s’est récemment inquiété des « souffrances » de Claude Guéant, le jour où Libération l’avait comparé, en « une », aux Le Pen : « Vous souffrez de l’image qui est la vôtre dans le débat public ? Vous souffrez ? »"

vendredi 27 janvier 2012

Jour 1721

 Une défense en béton !

L'Acrimed, le 24 janvier 2011 : 

"Le 7 décembre dernier, Le Canard enchaîné publiait un article révélant qu’une information judiciaire avait été ouverte au sujet de l’attribution au groupe Bouygues du chantier de la construction du futur ministère de la Défense à Paris. De toute évidence, Bouygues n’a pas apprécié, assignant l’hebdomadaire et plusieurs de ses journalistes en justice et réclamant... 9 millions d’euros. [...] Bouygues, n’a pas apprécié que l’hebdomadaire satirique se fasse l’écho de cette affaire. Et a dépêché l’un de ses meilleurs flingueurs, l’avocat Olivier Metzner (qui défend, entre autres, les intérêts de Françoise Meyers, fille de Liliane Bettencourt), pour tirer à vue sur Le Canard. [...] Le Canard dans son édition du 4 janvier, c’est presque un tiers du chiffre d’affaires annuel de l’hebdomadaire. Et de commenter : « Bouygues n’a pas le même rapport à l’argent que le commun des mortels. Neuf millions, [...] pour le pédégé du groupe Bouygues, c’est pratiquement un septième du prix du yacht baptisé “Bâton Rouge” – en hommage à la ville natale de sa femme, Melissa – qu’il s’est offert en septembre 2010 ». [...] Le groupe Bouygues est en outre, comme chacun sait, très attaché au respect de la loi et des engagements pris... puisqu’il n’a pas tenu ses promesses au moment de la privatisation de TF1 à son profit, sans que ni les gouvernements ni le Conseil supérieur de l’audiovisuel s’en émeuvent. Il est donc bien placé pour donner des leçons de vertu... Mais la rédaction de TF1 ou, du moins, sa chefferie éditoriale, aura certainement à cœur de se solidariser avec Le Canard, tant elle est jalouse de son indépendance et attachée à la liberté de l’information. Mieux : elle va enquêter de son côté pour vérifier les allégations du Canard. C’est certain !"

mardi 3 janvier 2012

Jour 1697

Légion d'horreur

Lu sur le blog Tout va bien, le  3 janvier 2012 :

"Qu'il est doux de voir des potentats et des employés du Parti de la Presse et de l'Argent figurer dans la promotion de la Légion d'honneur ce 1er janvier 2011 [...]:
_ François Pinault, milliardaire et propriétaire du Point, 

[...]

_ Takis Candilis, ancien employé du milliardaire Martin Bouygues sur TF1, actuellement employé du marchand d'armes Arnaud Lagardère dans Lagardère Entertainment, 
_ Kiraz, ancien dessinateur à Jours de France (un magazine de feu le milliardaire et marchand d'armes Marcel Dassault),"

lundi 2 janvier 2012

Jour 1696

Quand la presse joue les putains du pouvoir

Télérama, le 29 novembre 2011 :

"C’est un arrêté discret du ministère de l’Intérieur, daté du 21 novembre 2011 et publié au Journal officiel. Claude Guéant y désigne – ou plutôt, y reconduit – les membres du groupe de travail sur l’amélioration du contrôle et de l’organisation des bases de données de la police. [...] ’on y retrouve également quatre « personnalités qualifiées désignées par le ministre de l’Intérieur »[...] Et puis il y a Jean-Marc Leclerc, journaliste au Figaro, dont la présence intrigue. [...] Grand reporter, spécialiste des sujets policiers, Leclerc s’était fait attraper par la patrouille Bakchich en décembre 2008. A l’époque, il avait publié en exclusivité – et pour cause – le rapport du groupe de travail dont il était déjà membre. Surtout, il avait oublié d'y ajouter un disclaimer, cette pratique censée renseigner le lecteur sur l’endroit d’où on parle. [...] le journaliste intégré a suivi « son » ministre, qu’on oserait qualifier de tutelle. En 2011, il a relayé son agenda, qu’il s’agisse de l’affaire Neyret ou des demandeurs d’asile portés sur la fraude. Pas un mot, en revanche, sur les écoutes de journalistes, sauf pour dédouaner le patron de la DCRI, Bernard Squarcini. Plus efficace qu’un service de presse, le rubricard a même couvert les soucis de santé du locataire de la place Beauvau, pour mieux annoncer son retour aux affaires. Avant de lui offrir une tribune pour décapiter le projet sécurité du Parti socialiste. En résumé, une histoire d’amour à plusieurs milliers d'occurrences sur Google. C’est ce qu’on appelle un suivi longitudinal. [...] le journaliste intégré a suivi « son » ministre, qu’on oserait qualifier de tutelle. En 2011, il a relayé son agenda, qu’il s’agisse de l’affaire Neyret ou des demandeurs d’asile portés sur la fraude. Pas un mot, en revanche, sur les écoutes de journalistes, sauf pour dédouaner le patron de la DCRI, Bernard Squarcini. Plus efficace qu’un service de presse, le rubricard a même couvert les soucis de santé du locataire de la place Beauvau, pour mieux annoncer son retour aux affaires. Avant de lui offrir une tribune pour décapiter le projet sécurité du Parti socialiste. En résumé, une histoire d’amour à plusieurs milliers d'occurrences sur Google. C’est ce qu’on appelle un suivi longitudinal. [...] Un rapport prouve l’inefficacité relative de la vidéosurveillance, rappelant que « l’impact moyen sur le taux d’élucidation des crimes et délits reste globalement faible en zone de police » ? Qu’à cela ne tienne, le journaliste du Figaro le publie en exclusivité, tout en isolant les conclusions les plus favorables. Et titre : « La vidéosurveillance fait chuter la délinquance de rue ». [...] dans des situations analogues, où on ne sait plus vraiment qui tient la plume, certains ont choisi de franchir le Rubicon. C’est le cas de Gérard Gachet. Directeur de la rédaction de Valeurs Actuelles, il est devenu porte-parole de la place Beauvau en décembre 2007."

Bref

"The basis of our government being the opinion of the people, the very first object should be to keep that right; and were it left to me to decide whether we should have a government without newspapers, or newspapers without a government, I should not hesitate a moment to prefer the latter.

Thomas Jefferson Letter to Colonel Edward Carrington (16 January 1787) 

Avec des journaux comme le Figaro on ne s'étonne pas d'avoir certains hommes politiques.

mardi 27 décembre 2011

Jour 1690

Sonder, mais pas trop profond

Le blog Régime d'opinion du Monde Diplo, le 18 décembre 2011 :

"La célèbre formule de Georges Clemenceau — « Quand on veut enterrer un problème, on crée une commission » — mérite d’être une nouvelle fois répétée parce qu’elle est dépassée. Il semble qu’aujourd’hui, on ne se donne même plus cette peine : on enterre les commissions… Comment faut-il comprendre en effet l’abandon d’une commission d’enquête sénatoriale sur les sondages de l’Elysée ? [...] Au-delà de l’affaire, ces péripéties ont l’avantage d’attirer l’attention sur une clause dont on se demande si elle est seulement compatible avec l’existence de toute commission d’enquête. [...] J’ai par exemple essayé d’enquêter sur un push poll particulièrement intéressant puisqu’il avait permis au Figaro, quelques jours avant l’élection européenne de 2009, de titrer que Nicolas Sarkozy était populaire en Europe. Or, ce sondage était doublement manipulateur, d’une part, en ne prenant pas en compte la population nationale dans le seul cas de Nicolas Sarkozy, alors que les sondés de chaque pays pris en compte étaient interrogés sur la popularité de leur propre dirigeant, et, d’autre part, en ne corrigeant pas selon la taille des populations (l’Allemagne est par exemple deux fois plus peuplée que l’Espagne). Sans ces dispositions, la popularité de Nicolas Sarkozy passait au-dessous de 50 % et interdisait le titre du Figaro. Ce n’était donc pas « la titraille » qui était en cause, comme s’en défendait OpinionWay, mais bien le sondeur lui-même. Ce sondage n’entrait pas dans le contrôle de la Cour des comptes effectué sur l’année 2008 et révélé par son rapport du 16 juillet 2009. Pourquoi aurait-il été conçu autrement que les précédents sondages réalisés par OpinionWay, payés par Publifact, la société de Patrick Buisson, et donc par l’Elysée, et enfin publiés dans Le Figaro ? Si tel était bien le cas, cela signifie que l’Elysée finançait non seulement des sondages à la presse en toute discrétion, mais avait financé au moins un sondage délibérément… truqué. [...] par une sorte de secret défense étendu à tout ce qui concerne le président de la République, l’immunité ne sert donc pas seulement à empêcher la mise en cause pénale du président, de ses commettants et des cocontractants de l’Elysée, mais à empêcher toute transparence sur la gestion des affaires publiques et, accessoirement, à attaquer en diffamation des adversaires empêchés de se disculper par la soustraction légale des preuves."

samedi 10 décembre 2011

Jours 1673 & 1674

Histoire de mettre les choses au point

Robert Fisk, l'Independent, 10 décembre 2011 :

"Writing from the very region that produces more clichés per square foot than any other "story" – the Middle East – I should perhaps pause before I say I have never read so much garbage, so much utter drivel, as I have about the world financial crisis. But I will not hold my fire. It seems to me that the reporting of the collapse of capitalism has reached a new low which even the Middle East cannot surpass for sheer unadulterated obedience to the very institutions and Harvard "experts" who have helped to bring about the whole criminal disaster. Let's kick off with the "Arab Spring" – in itself a grotesque verbal distortion of the great Arab/Muslim awakening which is shaking the Middle East – and the trashy parallels with the social protests in Western capitals. We've been deluged with reports of how the poor or the disadvantaged in the West have "taken a leaf" out of the "Arab spring" book, how demonstrators in America, Canada, Britain, Spain and Greece have been "inspired" by the huge demonstrations that brought down the regimes in Egypt, Tunisia and – up to a point – Libya. But this is nonsense. The real comparison, needless to say, has been dodged by Western reporters, so keen to extol the anti-dictator rebellions of the Arabs, so anxious to ignore protests against "democratic" Western governments, so desperate to disparage these demonstrations, to suggest that they are merely picking up on the latest fad in the Arab world. The truth is somewhat different. What drove the Arabs in their tens of thousands and then their millions on to the streets of Middle East capitals was a demand for dignity and a refusal to accept that the local family-ruled dictators actually owned their countries. The Mubaraks and the Ben Alis and the Gaddafis and the kings and emirs of the Gulf (and Jordan) and the Assads all believed that they had property rights to their entire nations. Egypt belonged to Mubarak Inc, Tunisia to Ben Ali Inc (and the Traboulsi family), Libya to Gaddafi Inc. And so on. The Arab martyrs against dictatorship died to prove that their countries belonged to their own people. And that is the true parallel in the West. The protest movements are indeed against Big Business – a perfectly justified cause – and against "governments". What they have really divined, however, albeit a bit late in the day, is that they have for decades bought into a fraudulent democracy: they dutifully vote for political parties – which then hand their democratic mandate and people's power to the banks and the derivative traders and the rating agencies, all three backed up by the slovenly and dishonest coterie of "experts" from America's top universities and "think tanks", who maintain the fiction that this is a crisis of globalisation rather than a massive financial con trick foisted on the voters. The banks and the rating agencies have become the dictators of the West. Like the Mubaraks and Ben Alis, the banks believed – and still believe – they are owners of their countries. The elections which give them power have – through the gutlessness and collusion of governments – become as false as the polls to which the Arabs were forced to troop decade after decade to anoint their own national property owners. Goldman Sachs and the Royal Bank of Scotland became the Mubaraks and Ben Alis of the US and the UK, each gobbling up the people's wealth in bogus rewards and bonuses for their vicious bosses on a scale infinitely more rapacious than their greedy Arab dictator-brothers could imagine. I didn't need Charles Ferguson's Inside Job on BBC2 this week – though it helped – to teach me that the ratings agencies and the US banks are interchangeable, that their personnel move seamlessly between agency, bank and US government. The ratings lads (almost always lads, of course) who AAA-rated sub-prime loans and derivatives in America are now – via their poisonous influence on the markets – clawing down the people of Europe by threatening to lower or withdraw the very same ratings from European nations which they lavished upon criminals before the financial crash in the US. I believe that understatement tends to win arguments. But, forgive me, who are these creatures whose ratings agencies now put more fear into the French than Rommel did in 1940? Why don't my journalist mates in Wall Street tell me? How come the BBC and CNN and – oh, dear, even al-Jazeera – treat these criminal communities as unquestionable institutions of power? Why no investigations – Inside Job started along the path – into these scandalous double-dealers? It reminds me so much of the equally craven way that so many American reporters cover the Middle East, eerily avoiding any direct criticism of Israel, abetted by an army of pro-Likud lobbyists to explain to viewers why American "peacemaking" in the Israeli-Palestinian conflict can be trusted, why the good guys are "moderates", the bad guys "terrorists". The Arabs have at least begun to shrug off this nonsense. But when the Wall Street protesters do the same, they become "anarchists", the social "terrorists" of American streets who dare to demand that the Bernankes and Geithners should face the same kind of trial as Hosni Mubarak. We in the West – our governments – have created our dictators. But, unlike the Arabs, we can't touch them. The Irish Taoiseach, Enda Kenny, solemnly informed his people this week that they were not responsible for the crisis in which they found themselves. They already knew that, of course. What he did not tell them was who was to blame. Isn't it time he and his fellow EU prime ministers did tell us? And our reporters, too?"

lundi 5 décembre 2011

Jour 1668

Un crétin de moins

Le Monde,  5 décembre 2011 :

"Si Nicolas Sarkozy a trouvé l'action de Greenpeace "assez irresponsable", d'autres membres de son propre camp ont eu des mots plus durs. "La gendarmerie aurait du abattre les terroristes de greenpeace ! Ils ne meritent pas de traitements particuliers…" a ainsi estimé dans un message posté sur Twitter, le porte-parole des Jeunes Populaires (UMP) du Loiret, Maxime Buizard. [...] Le jeune homme n'a pas pu non plus compter sur son propre camp qui par la voix de Benjamin Lancar, patron des Jeunes pop, a indiqué qu'il était mis fin à ses fonctions. Les excuses de Maxime Buizard postée sur Twitter un peu plus tard dans la journée et dans lesquels il "regrette profondément" son tweet n'auront donc pas suffi à calmer l'indignation suscitée par ses propos."