lundi 17 août 2009

Jour 831

En cours

dimanche 16 août 2009

Jours 829 & 830

Fils de PIB

Lu sur le site de L'Institut d'études économiques :

"« Au-delà de cette définition purement comptable [PIB], il existe des variantes, comme, par exemple, la croissance potentielle ou encore la croissance soutenable. La croissance potentielle est celle que peut supporter le système productif sans surchauffe : plus clairement elle correspond à la croissance possible sans augmentation du niveau général des prix, i.e. sans inflation. Cette notion précise la première dans la mesure où elle fixe un objectif à atteindre. La notion de croissance soutenable est différente, plus normative. Elle est à relier au concept de développement durable. [Voir rapport Bruntland] Ces définitions ont le mérite de mettre en avant plusieurs problèmes. Premièrement, la croissance économique mesurée en valeur ne signifie pas forcément que le pays est plus riche : si une nation produit autant que l’année précédente mais avec des prix ayant augmenté, elle verra son PIB croître en valeur. Pourtant elle ne permettra pas de consommer plus : le pays n’est pas foncièrement plus riche, son PIB en volume est resté constant. La croissance non inflationniste est donc un objectif important à atteindre. Deuxièmement, elle est un mauvais indicateur du bien-être. Quand un pays connaît une croissance économique importante, cela signifie que le pays est plus riche mais pas nécessairement que tous les agents le sont : le « gâteau » économique a une taille qui augmente, mais les « parts » individuelles ne croissent pas forcément. Troisièmement, la croissance peut s’accompagner de maux. Construisez une entreprise très productive, vendant beaucoup, mais très polluante et vous verrez croître le PIB. Pire, imaginez que les rejets de cette entreprise rendent malades les habitants du voisinage, cette « nuisance » augmente la consommation de médicaments, les ventes du secteur pharmaceutique et in fine le PIB. Croissance de la production et bien être ne sont pas nécessairement compatibles, loin de là. Si le bien-être est vu d’une manière plus égalitaire, ou encore dans une optique de développement humain et de réduction des inégalités, il faut donc trouver des indicateurs alternatifs. Parmi ceux qui sont le plus souvent employés on trouve l’Indicateur de développement Humain (IDH). »
Problèmes d'actualité et réponses de la recherche moderne, par Arnaud Mayeur (Normalien et agrégé d'économie), professeur en classes préparatoires aux grandes écoles, formateur IUFM.
Presse Universitaire de France, Paris octobre 2003."

vendredi 14 août 2009

Jour 828

Doux pays de mon enfance

Ligue des Droits de l'Homme, section Toulon, le 13 août 2009 :

"Le rapport de la Cimade sur les centres de rétention pour 2007 nous apprend que cette année-là, 242 enfants y ont été enfermés. En 2006, ils avaient été 197. Nous ne disposons pas encore des chiffres de 2008, mais rien ne permet de penser qu’ils soient en baisse. Parmi ces 242 enfants, 183, les trois quarts, étaient âgés de 10 ans et moins. Deux remarques sur ce point : d’une part, le placement en rétention est la seule circonstance dans laquelle, en France, des enfants de moins de 13 ans peuvent être privés de liberté et enfermés. Par ailleurs, c’est la première fois depuis les sombres années de l’Occupation que des enfants sont internés. Aux termes de la loi, les mineurs ne sont pas expulsables. Comme les centres de rétention sont les antichambres de l’expulsion, les enfants n’ont donc rien à y faire. Aussi leur présence n’est pas enregistrée et l’administration considère qu’ils « accompagnent » leurs parents. [...] Interrogé à ce sujet par le JDD, Eric Besson a répondu : « En France, on ne sépare pas les enfants des parents. » Il se réfère ainsi à une jurisprudence très ancienne, que l’on peut appeler la jurisprudence Laval-Bousquet. En 1942, interrogés par les autorités religieuses sur l’interpellation des enfants juifs, Laval et Bousquet répondirent en substance : nous avons jugé plus humain de ne pas séparer les enfants de leurs parents.[...] Les deux situations sont incomparables, dira-t-on ? Certes ! Le fait que la même réponse soit reprise, à soixante-sept ans d’intervalle, par Laval et Bousquet et par Besson n’est-il qu’une coïncidence ? Sans doute ; on me permettra de penser alors qu’il y a des coïncidences malheureuses, et qu’elles devraient tous nous inviter à la réflexion."

jeudi 13 août 2009

Jour 827

Masculin/Féminin

Libération, le 12 août 2009 :

"« Je constituerai un gouvernement de quinze ministres et pas un de plus… Bien sûr, avec la parité hommes-femmes.» Nicolas Sarkozy le 25 avril 2007, dans l’émission Face à la Une, présentée par Patrick Poivre d’Arvor et François Bachy (TF1). [...] le 23 juin, au lendemain des élections européennes, l’énième gouvernement Fillon mis en place affiche 38 membres dont 13 femmes et 25 hommes. Oubliée, la parité dans les effectifs : il y a quatre femmes parmi les 18 ministres, et neuf parmi les 20 secrétaires d’Etat et le haut-commissaire, soit une proportion féminine globale qui tombe à 34 %. Envolée, aussi, la rigueur au nom de l’efficacité. L’équipe n’est pas de 15, ni de 20 mais de 38."

mercredi 12 août 2009

Jour 826

Bonne vacances les enfants

La Ligue des Droits de l'Homme, le 11 août 2009 :

"Au cours de ces mois dits de vacances, les services de police et administratifs n’ont pas respecté les conventions internationales en matière de droits spécifiques des enfants. Même si beaucoup de ces mesures ont été rapportées, certaines sur le fond, d’autres sur la forme, il n’empêche que des instances de police ont jugé qu’il convenait de mettre en rétention des familles entières. A Metz, à Toulouse, à Nice ou à Marseille, pour ce que nous connaissons actuellement, les réseaux militants et les sections de la LDH se sont mobilisés pour obtenir la mise en liberté de ces enfants et de leurs familles. La LDH se félicite des résultats positifs de ces actions et des décisions prises par la justice. Mais, nous constatons que plusieurs cas restent à régler. Malgré les prescriptions de la convention des droits de l’Enfant, malgré les observations de plusieurs autorités internationales ou européennes et malgré les recommandations des différentes autorités administratives indépendantes françaises, les services de police continuent à agir de la même manière. C’est donc en pleine connaissance de cause que ces mesures ont été prises. Elles sont la conséquence directe de la politique menée par le gouvernement. Nous vous demandons de mettre fin à cette inversion du droit qui ignore la spécificité de l’enfance et met notre pays dans une situation inacceptable au regard de ses engagements internationaux. Le droit des mineurs à vivre en famille dans des conditions décentes et à recevoir une éducation prime toute autre considération. La LDH saisira, dès le mois de septembre, les instances européennes et internationales appropriées.D’ores et déjà, nous vous demandons solennellement de mettre un terme à ces situations. Tous les enfants actuellement encore retenus avec leurs familles doivent être immédiatement libérés et leur accueil en France doit être assuré."

mardi 11 août 2009

Jour 825

A vos souhaits

Une dépêche AFP lue dans les Echos, le 10 août 2009 :

"Les médicaments anti-grippe comme le Tamiflu ne devraient pas être prescrit aux enfants, les effets indésirables l'emportant sur les bénéfices, selon des médecins britanniques. Les auteurs d'une étude publiée en ligne lundi par le British Medical Journal (BMJ) appellent le département de la santé britannique à reconsidérer de façon urgente leur politique actuelle dans le cadre de la pandémie due nouveau virus A(H1N1). [...] L'étude, qui repose sur l'analyse de données disponibles issues d'essais comparatifs des inhibiteurs de la neuraminidase chez les enfants, souligne que le Tamiflu peut causer des vomissements chez certains enfants, pouvant conduire à une déshydratation et des complications. [...] Ainsi l'agence sanitaire britannique, la Health Protection Agency (HPA), rapportait que plus de la moitié des 248 jeunes élèves qui avaient eu de Tamiflu, après qu'un de leurs camarades eut contracté la "grippe porcine", ont souffert d'effets secondaires tels nausées, insomnies et cauchemars."

TF1, le 4 août 2009 :

"D'après le docteur Mouriès, même à court d'argent, un malade qui en a absolument besoin, aura accès au Tamiflu. Dans le pire des cas, dès que le plan pandémique passera au niveau d'alerte six, le Tamiflu sera fourni par le gouvernement assure le ministère de la santé. Il sera alors gratuit pour tous."

lundi 10 août 2009

Jour 824

Nos amis les banquiers

Le Monde Diplomatique, 7 août 2009 :

"Onze milliards quatre cent millions de dollars provisionnés au premier semestre 2009 par la banque américaine Goldman Sachs pour récompenser ses courtiers ; 1 milliard d’euros épargné par BNP Paribas en prévision du versement de primes à ses acrobates financiers (selon Libération, 5 août 2009) ; 4 milliards de livres sterling de bonus attendus par les traders de la City, à Londres ; 32,6 milliards de dollars versés l’an dernier sous forme de primes par neuf établissements de Wall Street qui, dans le même temps, avaient perçu 175 milliards d’aides publiques, selon les conclusions de l’enquête menée par le procureur général de l’Etat de New York, M. Andrew Cuomo : la routine bancaire a repris son cours. [...] En l’espace de quelques mois, les banques d’affaires privées ont successivement démontré leur nullité (politique de prêts reposant sur l’idée que les prix de l’immobilier grimperaient éternellement, accumulation explosive de créances douteuses), leur nocivité (funambulisme spéculatif sur le pétrole, les produits alimentaires et les matières premières), leur fragilité (le naufrage de l’une déclenche une crise mondiale du crédit), leur inutilité (l’Etat les remplace sans dommage) et, enfin, l’insatiable cupidité de leurs dirigeants – sans qu’il en soit tiré aucune conséquence pratique. Nationaliser franchement, et durablement, l’ensemble du secteur aurait-il été plus coûteux ? [...] Dans la Grèce antique, l’hubris, cette aspiration violente à la démesure, appelait la némésis, le châtiment par la destruction. Mais quel gouvernement se risquerait à réprimer un secteur où se recrutent et se recyclent tant de cadres du pouvoir politique ?"