jeudi 8 octobre 2009

Jour 882

Terre d'écueils

La Ligue des Droits de l'Homme, le 7 octobre 2009 :

"José Chidlovsky, réalisateur et producteur de nombreux films, tourne depuis plusieurs mois entre Toulouse et Paris avec sa co-réalisatrice Rabeha El Bouati le documentaire Journal de sans-papiers, produit par Zadig Productions. La protagoniste du film, S. F., est hébergée par le réalisateur à la suite d’une tentative de suicide qui découle de sa situation familiale très difficile. Comme le répète à l’envi le Ministre Eric Besson dans les journaux et sur les ondes : le délit de solidarité « est un mythe ». Et pourtant José Chidlovsky, convoqué en qualité d’« aidant » encoure une peine de 5 ans de prison et de 30 000€ d’amende. La Ligue des droits de l’Homme, RESF et la SRF s’inquiètent des dérives potentielles de cette convocation sur la liberté nécessaire au métier de documentariste. La Ligue des droits de l’Homme, RESF et la SRF demandent instamment à la justice française d’arrêter toutes les poursuites contre José Chidlovsky en suivant les bonnes paroles de notre ministre de l’Immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du développement solidaire : « Le délit de solidarité n’existe pas »."

mercredi 7 octobre 2009

Jour 881

C'est la droite qui en parle le mieux

Le Figaro, 7 octobre 2009 :

"L'élu local Alain Juppé laisse éclater sa colère. [...] dans la réforme de la taxe professionnelle et ses conséquences en terme de perte de fonds pour les communes. Pour Alain Juppé, dans ce dossier, «le gouvernement cherche la provocation», rien de moins. Selon lui, «le président Sarkozy avait promis une compensation euro par euro mais il avait oublié de dire pendant un an». Donc, dès la deuxième année de la réforme, la communauté urbaine de Bordeaux devrait perdre plusieurs millions. «C'est tout de même se foutre du monde», assène même Alain Juppé."

mardi 6 octobre 2009

Jour 880

Retour à Kaboul

La Cimade, 5 octobre 2009 :

"Un "charter" franco-britannique serait prévu pour le 6 octobre à destination de Kaboul. Alors que les conditions humanitaires et de sécurité ne cessent de se dégrader en Afghanistan, que les ONG comme le Secrétaire général des Nations unies se déclarent particulièrement préoccupés par la situation, la France et la Grande-Bretagne tentent, comme au mois de novembre 2008, une opération conjointe. [...] En France, le ministère de l'Immigration se moque des décisions des tribunaux de différentes régions qui ont remis en liberté 130 des 138 Afghans qui avaient été interpellés le 22 septembre, en vue de leur éloignement, lors de la "fermeture" spectaculaire de la plus grande "jungle" de Calais. Ces juridictions ont mis en évidence l'inanité de cette opération médiatique et ont rappelé le respect du droit et des libertés fondamentales des personnes. Plusieurs tribunaux administratifs ont par ailleurs annulé des arrêtés de reconduite à la frontière au motif du non-respect du droit de demander l'asile. Le gouvernement n'en a cure et reste enfermé dans sa rhétorique de l'"appel d'air", selon laquelle Afghans, Erythréens, Irakiens, Iraniens, Soudanais, etc. ne viendraient pas en Europe pour sauver leur vie et leurs libertés, mais pour des raisons d'agrément et de confort : les rafles actuelles seraient supposées porter des messages dissuasifs dans les pays d'origine. C'est ainsi que sont pris en otages des Afghans du Calaisis pour tenter de dissuader leurs compatriotes victimes des violences au pays. Les "opérations de nettoyage" se poursuivent et plus d'une cinquantaine d'Afghans ont été à nouveau placés en rétention la semaine dernière. Les "charters conjoints", qui sont contraires au principe d'interdiction des expulsions collectives, conduisent à des pratiques arbitraires, discriminatoires et inhumaines, au mépris des droits fondamentaux des personnes. Nous appelons instamment les autorités françaises et britanniques à renoncer à tout projet d'expulsion vers l'Afghanistan et insistons sur la nécessaire mobilisation de tous pour empêcher cette expulsion collective qui mettrait sérieusement en danger la vie de ces exilés."

lundi 5 octobre 2009

Jour 879

Démocratie spontanée

Libération, le 3 octobre 2009 :

"«Plus de deux millions» de personnes ont participé à la votation citoyenne sur l'avenir de La Poste achevée ce week-end, a indiqué dimanche le comité organisateur [...] Le comité national travaillait dimanche à dessiner la carte des zones les plus votantes tout en constatant d'ores et déjà «une forte concentration dans les quartiers populaires et les zones rurales où le problème est le plus cuisant», selon Nicolas Galepides, élu syndical Sud-PTT et membre du conseil d'administration de La Poste depuis 2000. [...] Une large majorité de Français (59%) souhaite que le gouvernement organise un référendum sur le changement de statut de La Poste, selon un sondage Ifop à paraître dimanche dans Sud Ouest Dimanche."

dimanche 4 octobre 2009

Jours 877 & 878

Ne juges point...

Le Syndicat de la Magistrature, le 2 octobre 2009 :

"Madame le garde des Sceaux,

Cette semaine, deux ministres du gouvernement auquel vous appartenez ont publiquement mis en cause l’institution judiciaire dans des termes inacceptables.

Vous ne pouvez en effet ignorer que, suite à l’opération dite de « démantèlement » de la « jungle » à Calais, Monsieur Eric Besson, ministre de l’Immigration et de « l’Identité nationale », s’est cru autorisé à faire le commentaire suivant :

« 129 (étrangers en situation irrégulière) ont été placés en centre de rétention. Parmi eux, à ce jour : (…) 89 ont été remis en liberté. [...] Tout en restant parfaitement respectueux de l’indépendance des juridictions, il n’est pas interdit de constater que certaines d’entre elles libèrent quasi systématiquement les étrangers en situation irrégulière qui leur sont présentés. » (communiqué de presse du 28 septembre 2009) Cette présentation idéologique, qui tente de masquer l’échec d’une entreprise de pure communication, est proprement scandaleuse. Elle est d’abord contraire à la vérité. Il n’est en effet pas inutile de rappeler que :

[...]

- si le taux de remise en liberté a été beaucoup plus important en l’espèce, c’est en raison des nombreuses violations des droits des étrangers que n’a pas manqué d’occasionner une opération aussi spectaculaire que brutale (séparation des conjoints, arrestation de nombreux mineurs, mépris des règles protectrices du droit d’asile…) ;

- en particulier, les conditions de transfert souvent lointain des étrangers interpellés se sont logiquement révélées incompatibles avec l’exercice effectif de leurs droits élémentaires (accès à un avocat, à un interprète, aux autorités consulaires et aux conseils de la CIMADE) ;

- dans la très grande majorité des cas, les décisions de remise en liberté stigmatisées par monsieur Besson ont été confirmées en appel.

Cette description fallacieuse constitue surtout une grave atteinte au principe de la séparation des pouvoirs, en ce qu’elle met en cause l’impartialité des nombreux magistrats qui ont veillé au respect du droit, conformément à leur mission constitutionnelle de sauvegarde des libertés individuelles."

vendredi 2 octobre 2009

Jour 876

Sous presse

Encore une fois, lisez l'édito du Monde Diplomatique d'octobre 2009 dont je propose ici un (très) court extrait :

"« Imaginez, lance l’universitaire américain Robert McChesney, que le gouvernement prenne un décret exigeant une réduction brutale de la place accordée aux affaires internationales dans la presse, qu’il impose la fermeture des bureaux de correspondants locaux, ou la réduction sévère de leurs effectifs et de leurs budgets. Imaginez que le chef de l’Etat donne l’ordre aux médias de concentrer leur attention sur les célébrités et les broutilles plutôt que d’enquêter sur les scandales associés au pouvoir exécutif. Dans une telle hypothèse, les professeurs de journalisme auraient déclenché des grèves de la faim, des universités entières auraient fermé à cause des protestations. Pourtant, quand ce sont des intérêts privés en position de quasi-monopole qui décident à peu près la même chose, on n’enregistre pas de réaction notable. »"

jeudi 1 octobre 2009

Jour 875

Le retour de Pinnochio

Amusons nous avec l'Acrimed, le 1er octobre 2009 :

"Une fois de plus dans l’histoire de la Vème République, l’interview a donné des apparences de dialogue à un monologue. Une fois de plus, le Président de la République a pu, quand il le voulait, contourner les questions qui lui étaient posées ou les timides objections qui lui étaient soumises. Une fois de plus, il a pu proférer des énormités sans être contredit. [...] « Pardon de le dire, enfin si vous me permettez c’est pas tout à fait exact. […] Il n’y a plus de paradis fiscaux » [...] « Il n’y a plus de paradis fiscaux », puisque des sanctions à leur encontre sont… envisagées ! [...] « Quelle est la situation ? (…) Le monde va à sa perte si on continue à émettre du carbone, qui crée un trou dans la couche d’ozone et qui brise les équilibres de la planète. Ça c’est un constat. » Un « constat » qui a fait rire beaucoup de monde, ceux qui ne confondent pas le carbone et les gaz CFC (responsables du trou dans la couche d’ozone)[...] « Ce que je peux dire, c’est que ça fait deux trimestres que la France a une croissance positive. » [...] un communiqué de l’AOF publié le 25 septembre indique que « Le PIB français a progressé de 0,3% après quatre trimestres consécutifs de baisse, a annoncé l’Insee »."

Ad nauseam...