vendredi 8 janvier 2010

Jour 974

Baissez-vous et toussez

Reuters, le 8 janvier 2010 :

"Les scanners corporels dans les aéroports français seront utilisés d'abord pour les contrôles de passagers à destination des Etats-Unis, a déclaré vendredi le secrétaire d'Etat aux Transports, Dominique Bussereau. Le gouvernement a annoncé cette semaine un durcissement des mesures de sécurité dans les aéroports, à la suite de la tentative d'attentat sur un vol entre Amsterdam et Detroit le 25 décembre dernier, et notamment l'introduction des scanners."

Très bien, alors un peu d'histoire pour commencer, le parlement européen en octobre 2008 :

"MEPs condemned the use of body scanners at airports Thursday [...] The use of body scanners at airports is "equivalent to a virtual strip search" and "has a serious impact on the right to privacy...and personal dignity"."

Depuis, il y eu un "attentat manqué" qui a un tout petit peu changé la donne, par hasard ? Un attentat où :

_le terroriste était déjà connu des services de sécurité
_n' a jamais été inquiété (à titre d'exemple un avion d'Air france s'est vu refusé le survol du territoire américain parce qu'un journaliste du Monde Diplomatique se trouvait à bord).
_est monté dans l'avion sans être contrôlé, sans passeport, accompagné par un homme en costume.

Certainement, des coïncidences malheureuses...


Et au fait, qui fabrique ces scanners ?

Pacific Free Press, 5 janvier 2010 :

"The body scanner is sure to get a go-ahead because of the illustrious personages hawking them. Chief among them is former DHS [Department of Homeland Security] secretary Michael Chertoff, who now heads the Chertoff Group, which represents one of the leading manufacturers of whole-body-imaging machines, Rapiscan Systems. For days after the attack, Chertoff made the rounds on the media promoting the scanners, calling the bombing attempt "a very vivid lesson in the value of that machinery"—all without disclosing his relationship to Rapiscan [...] In the summer, the Transportation Security Administration purchased 150 machines from Rapiscan with $25 million"

De plus, comme l'a déja signalé Time Magazine :

"One of the main criticisms of the scanners [...] is that they cannot detect low-density materials such as powders, liquids, thin pieces of plastic or anything that resembles skin. Nor can they detect any explosives concealed internally. Some politicians and aviation experts have questioned whether the scanners would have detected the powder that Abdulmutallab carried on board Northwest Flight 253. Ben Wallace, a British Conservative Parliament member who was involved in a defense firm's testing of the technology, said over the weekend that the scanners probably wouldn't have picked up the powder."

Le plus drôle, grâce au Guardian, le 4 janvier 2010 :

"The rapid introduction of full body scanners at British airports threatens to breach child protection laws which ban the creation of indecent images of children, the Guardian has learned. [...] The decision followed a warning from Terri Dowty, of Action for Rights of Children, that the scanners could breach the Protection of Children Act 1978, under which it is illegal to create an indecent image or a "pseudo-image" of a child."

Le moins drôle c'est que les états-unis commencent à s'intéresser de très près au Yemen, comme le précise Reuters, le 21 avril 2009 :

"Yemen has received investment offers from oil majors including Exxon Mobil Corp and Total [...] Yemen's Ministry for Oil and Mineral Resources has received eight oil investment bids from international companies, pan-Arab daily al-Hayat quoted Aidarous as saying, four of which were from oil majors seeking direct negotiations with Yemen. The companies include Exxon Mobil, Total, and BP, the minister said, but did not elaborate on the nature of the investments. [...] Yemen exports about 200,000 barrels of oil per day."

Une petite bombe qui va coûter cher et faire très mal.

jeudi 7 janvier 2010

Jour 973

Égalité des chances

L'Observatoire des inégalités, le 5 janvier 2010 :

"55 % des élèves de classes préparatoires sont enfants de cadres ou de professions libérales, tandis que seuls 16 % ont des parents ouvriers, inactifs ou employés. A mesure que l’on s’élève dans les études, la proportion d’élèves des couches sociales les moins favorisées diminue. Alors que les enfants d’ouvriers, d’inactifs et d’employés représentent la majorité des élèves de sixième (56 % pour les deux catégories cumulées), ils ne constituent qu’une faible part (16 %) des élèves de classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE). A l’inverse, les enfants, dont les parents sont cadres ou exercent une profession libérale, ne représentent que 16 % des élèves de sixième, tandis qu’ils constituent plus de la moitié (55 %) des élèves de classes préparatoires. Si les inégalités sont présentes dès l’école maternelle, elles s’accentuent au fur et à mesure que le niveau d’études augmente, du fait d’une moins bonne réussite des enfants issus de milieux défavorisés ou, tout simplement, de choix d’orientation influencés par le milieu social."

mercredi 6 janvier 2010

Jour 972

Bye bye démocratie (ou ce qu'il en restait)

L'Express, le 6 janvier 2009 :

"Echaudé après la décision du Conseil constitutionnel de rejeter la taxe carbone, Nicolas Sarkozy a décidé de nommer au sein de cette institution en mars prochain, un ami et juriste chevronné, l'avocat d'affaires Jean-Michel Darrois. Le choix n'est pas surprenant. En 2008, le président de la République avait confié au cofondateur du cabinet Darrois Villey Maillot Brochier la présidence d'une commission qui devait favoriser la fusion des métiers d'avocat, de notaire et d'avoué. [...] Jean-Michel Darrois a aussi été l'avocat de Laurent Fabius lors du procès du sang contaminé. L'avocat d'affaires va remplacer l'un des trois membres sortants [...] Les deux autres Sages seront quant à eux désignés par les présidents du Sénat et de l'Assemblée nationale."

mardi 5 janvier 2010

Jour 971

Après on s'étonne...

Libération, le 5 janvier 2010 :

"Le maire de Gonneville-sur-Mer (Calvados) refuse de retirer un portrait du maréchal Pétain affiché de la salle des mariages de l’hôtel de ville [...] Interrogé par l’AFP le maire (sans étiquette) de Gonneville-sur-mer Bernard Hoyé a répondu: «Pétain apparaît dans une galerie de portraits des chefs de l’Etat français, qu’il soit controversé ou pas, je ne suis pas historien, je n’ai pas à prendre partie»

lundi 4 janvier 2010

Jour 970

Le trou de la sécu...

Le Monde, 4 janvier 2010 :

"Un milliard et demi d'euros, c'est le coût de la campagne anti-grippe A. [...] La somme semble démesurée pour une campagne qui tourne à la déroute : seulement 4,5 millions de Français ont été vaccinés, le pic pandémique est passé et le ministère de la santé se retrouve à stocker des dizaines de millions de vaccins dont la date de péremption approche.[...] Bernard Debré, député UMP et professeur de médecine, souligne également des "mesures disproportionnées". L'Etat français a commandé 94 millions de vaccins "pour un montant de 869 millions d'euros", selon le ministère de la santé. Quatre laboratoires se sont partagé le marché hexagonal : le britannique GlaxoSmithKline a vendu à la France 50 millions de doses, le français Sanofi-Pasteur 28 millions, le suisse Novartis 16 millions et l'américain Baxter 50 000. Des dépenses faites au nom du principe de précaution, explique-t-on au gouvernement. Le ministère de la santé souligne toujours que l'évolution du virus est "imprévisible". Mais "acheter deux vaccins par personne, c'est absurde", tranche Bernard Debré, qui dès l'été 2009, avait dénoncé le "catastrophisme" lié à l'épidémie de grippe A. "Dès juillet 2009 nous savions que les 4/5es des personnes touchées seraient sans symptôme" répond le professeur. "Aujourd'hui, 20 millions de Français ont été touchés sans même s'en rendre compte", estime-t-il. Pour l'équilibre des comptes de la Sécurité sociale, la pandémie de grippe A sera difficile à supporter. Selon un rapport sénatorial sur le projet de financement de l'assurance-maladie en 2010, le coût total pourrait atteindre 2,2 milliard d'euros. En effet, au coût de l'achat de vaccin s'ajoute la campagne de vaccination d'un montant de 35,8 millions d'euros, l'acquisition de respirateurs pour 5,8 millions d'euros, l'achat d'antiviraux pour 20 millions d'euros, 150,6 millions d'euros de masques, 41,6 millions d'euros de dépenses logistiques, 290 millions afin d'indemniser les personnels de santé réquisitionnés, 59,6 millions destinés au frais d'information et à la campagne de communication. Il faut aussi compter 100 millions de "frais liés à l'organisation territoriale de la campagne de vaccination", selon ce rapport, et encore 375 à 752 millions d'euros de dépenses liées aux consultations de médecins, à la prescription de médicaments. "Résultat, nous avons 10 % des réserves mondiales de ce vaccin et un tiers des antiviraux (Tamiflu)", note Bernard Debré. Le plan anti-grippe A a coûté "plus que le déficit cumulé de tous les hôpitaux publics ou trois fois la somme allouée au plan cancer", souligne encore le député UMP de Paris."

samedi 2 janvier 2010

Jours 968 & 969

Le combat continue...

Un communiqué RESF le 31 décembre 2009 :

"Depuis 1984, la Cimade est la seule ONG présente dans les prisons pour étrangers que le gouvernement dissimule sous le nom de centres de rétention administrative (CRA). Elle défend quotidiennement l’accès à ce qui reste de droits aux étrangers en situation irrégulière, les assistant pour préparer leur défense devant les différentes juridictions auxquelles ils ont recours ou devant lesquelles ils doivent être présentés. Sur décision de juges, cette défense aboutit à la libération d’un certain nombre de personnes. Trop, d’après le gouvernement. Qui vient de prouver à quel point il tient dans le plus profond mépris les notions les plus élémentaires du droit en expulsant, sans avoir obtenu de laissez passer de leur pays, neuf afghans le 9 décembre dernier.

La Cimade témoigne chaque année dans un rapport de la situation dans ces prisons pour étrangers. Ce faisant la Cimade dérange et le gouvernement veut la faire taire. C’est ainsi que le 26 décembre, continuant l’œuvre de musellement gouvernemental, le préfet des Pyrénées Atlantiques a interdit l’accès du CRA d’Hendaye à Patrick Peugeot, président de la Cimade. Usant d’un artifice et prenant prétexte de la loi sur les marchés publics et la mise en concurrence, le gouvernement a obtenu que la Cimade ne soit plus présente, à partir du 1er janvier, que dans quelques centres. En opérant un tel morcellement géographique, cette réforme veut empêcher la société civile d’avoir une vision globale de la politique d’enfermement des étrangers et de demander des comptes à l’Etat sur les conditions trop souvent honteuses dans lesquelles des êtres humains sont parqués.

Le gouvernement cherche clairement à remplir les objectifs de quotas d’expulsions qui lui ont été assignés par Nicolas Sarkozy, en expulsant vite en catimini, y compris dans des pays en guerre où la sécurité des expulsés n’est pas assurée, et si possible sans que les tribunaux interviennent et aient la possibilité de dire le droit et de le faire respecter. En imposant un renouvellement annuel des contrats des ONG intervenant dans les centres de rétention, il les met en concurrence et se donne les moyens de sélectionner les plus obéissantes. Les ONG qui entreront le 1er janvier 2010 dans les CRA doivent savoir qu’elles prennent une très lourde responsabilité. Sarkozy rêve de démanteler la défense des étrangers et de transformer les CRA en de véritables camps de rétention de plusieurs centaines de places où les étrangers sans papiers pourraient être enfermés sans jugement pendant des mois (18 mois selon une directive européenne voulue par la France), comme cela se pratique déjà dans plusieurs pays européens.

Désormais, toute la question est de savoir si les ONG qui pénètreront dans les centres de rétention vont accompagner cette évolution ou la combattre. En répondant à l’appel d’offres du gouvernement, elles sont également devenues comptables aux yeux des citoyens et de l’opinion internationale de ce que vont devenir les CRA. Leurs dirigeants aussi.

RESF déclare qu’il sera particulièrement attentif à l’application stricte du droit pour tous les cas portés à sa connaissance, dans l’ensemble des CRA, et quelle que soit l’association présente. RESF réaffirme avec force qu’il refuse l’enfermement des étrangers pour des raisons administratives. RESF continuera à faire largement connaître et à informer de ce qui se passe habituellement hors de la vue de l’opinion publique, il continuera à dénoncer l'enfermement et la privation de liberté de tout mineur et de ses parents, la casse et le démembrement des familles par l’expulsion d’un père ou d’une mère, la destruction de l’espoir lors de l’expulsion d’un jeune scolarisé au prétexte qu’il est devenu majeur. RESF continuera à dénoncer une politique du chiffre de plus en plus ouvertement pratiquée dans des buts électoralistes et xénophobes et appelle toutes les consciences et tous les citoyens à refuser toute instrumentalisation des étrangers."

vendredi 1 janvier 2010

Jour 967

Grève du faciès

Ligue des Droits de l'Homme, le 29 décembre 2009 :

"Le collectif « Police + Citoyens », mis en place à l’initiative du CRAN, de la LDH, d’AC/Le feu, de Hui Ji et de Banlieues Actives demande au gouvernement la mise en place immédiate des attestations de contrôles policiers. Ces attestations obligatoirement délivrées par la police aux usagers contrôlés indiqueront le numéro de matricule du policier, le nom de la personne contrôlée, ainsi que la date, le lieu, et le cadre légal du contrôle.

Le collectif « Police + Citoyens » demande la mise en place immédiate des attestations de contrôles policiers

Un récent sondage** a montré que 60% des français sont favorables à l’instauration d’un tel dispositif qui existe déjà dans d’autres pays. Cette mesure a notamment été mise en place en 2004, avec succès, par Barack Obama, alors sénateur de l’Illinois. Lors du colloque du 8 décembre 2009 organisé par le collectif ‘Police+Citoyens’, des policiers britanniques et espagnols ont témoigné de l’utilité de ces attestations de contrôle qu’ils appliquent sur le terrain et du suivi qui en est fait en concertation avec les citoyens. Tous conviennent qu’elles permettent de prévenir les contrôles au faciès et améliorent l’efficacité des interventions policières."