mercredi 8 décembre 2010

Jour 1307

J'ai mal à la tête

Le Monde, 8 décembre 2010 :

"La politique du gouvernement en matière de remboursement des médicaments suscite bien des interrogations. Alors qu'une baisse sur les médicaments homéopathiques et sur ceux dits à services médical rendu modéré (vignette bleue), de 35 % à 30 %, avait été inscrite dans le budget de la Sécurité sociale 2011 présenté fin septembre par le gouvernement, un projet de décret émanant du ministère de la santé laisse entendre que la diminution pourrait être de plus grande ampleur. Il en serait de même pour les dispositifs médicaux (pansements, seringues…) dont le taux passerait de 65 % à 60 %. [...] La Mutualité française, qui fédère la plupart des mutuelles, a elle aussi condamné, mardi, ce projet de décret. "Ce n'est pas avec ce type de mesures que l'on va rétablir l'équilibre de l'assurance-maladie, il faut arrêter cette politique qui n'a ni queue ni tête", estime Jean-Pierre Davant, son président, relevant que le projet de décret est discuté "au moment même où l'on s'interroge sur le Mediator, un médicament qui était remboursé à 65 % alors qu'on savait, depuis 1999, qu'il n'avait aucune utilité"."

mardi 7 décembre 2010

Jour 1306

L'école pour tous (ou presque)

Une dépêche Reuters du 7 décembre 2010 lue sur Yahoo :

"Publiée tous les trois ans, la dernière livraison de l'étude internationale Pisa (Programme international pour le suivi des acquis) réalisée en 2009 par l'OCDE sur 65 pays montre une stagnation de la France dans la moyenne des pays riches ou en développement et met en lumière des problèmes structurels. [...] L'étude montre que la proportion d'élèves en difficulté en France a fortement augmenté de 2000 à 2009, de 15,2% à 19,7%, a expliqué Luc Chatel. A l'autre bout de l'échelle, les excellents élèves sont passés de 8,5 à 9,6%, a-t-il précisé. Plus que dans la moyenne de l'OCDE, la réussite scolaire est liée en France au statut social des parents, montre l'étude. [...] Les syndicats d'enseignants critiquent depuis 2007 la politique du gouvernement, estimant qu'elle mène inéluctablement à un "décrochage" accru des élèves scolarisées dans des écoles difficiles, dont les parents gagnent peu d'argent et ont peu de temps pour les encourager à travailler à la maison."

lundi 6 décembre 2010

Jour 1305

En toute discrétion

Libération, le 6 décembre 2010 :

"«Quand quelque chose est légal mais ne nous paraît pas légitime, il faut savoir désobéir. Comme sous Vichy, dont nous n’avons pas reconnu la légalité, même si vos objectifs sont, bien sûr, autres.» Stéphane Hessel, ancien résistant et ambassadeur de France, était venu conclure samedi, à Paris, le premier Forum des résistances dans les services publics. Il a reçu un accueil passionné de la salle, une centaine de «désobéisseurs» de tous horizons - profs, infirmiers, agents forestiers… [...] Avec ce forum, l’objectif était de nouer des liens, voire de créer un réseau entre tous ces résistants qui ont en commun de vouloir sauver un service public attaqué. Ce nouveau type de contestation - non-violente, civique et éthique - reste très minoritaire. Il est ainsi raillé par le ministère de l’Education, qui le rapporte au million de profs. Il est pourtant symptomatique d’un mouvement de fond. L’action syndicale classique ne suffit plus. Pour être efficace et défendre des principes bafoués, il faut s’engager concrètement, chacun à son niveau. [...] Il y a aussi ceux qui ne disent rien mais qui enrayent la machine, comme ces conseillers de Pôle emploi qui refusent de ne passer que quatre minutes au téléphone avec les chômeurs ou qui rusent pour ne pas les radier.»"

dimanche 5 décembre 2010

Jours 1303 & 1304

Une pipe à 100 euros

Libération, le 4 décembre 2010 :

"Il suffit parfois de presque rien pour déclencher des réactions surprenantes et disproportionnées. Alexandre Appaix fonctionne ainsi. Un dimanche, il entend un lapsus de Rachida Dati à la télé. Elle a employé le mot «fellation» à la place d’«inflation».[...] La semaine suivante, il adresse 11 mails à «Mademoiselle Dati» pour lui réclamer… des fellations. [...] A partir de là, ce sont les réactions du parquet qui deviennent «surprenantes» et «disproportionnées», selon les avocats [...] Le 20 octobre, Alexandre Appaix est arrêté à son domicile à Bourg-de-Péage et placé en garde à vue durant près de trente heures. Pour finalement être placé sous contrôle judiciaire en attendant son procès, fixé moins de deux mois après les faits. «Ce n’est pas normal ce qu’il s’est passé : Rachida Dati a obtenu une procédure exceptionnelle», a dénoncé Me Philippe Chardon, l’un des… sept avocats d’Alexandre Appaix. Car, face à cette procédure exceptionnelle, le barreau de Valence a décidé de répondre par une défense exceptionnelle. Tour à tour, les sept avocats ont dénoncé le zèle particulier du parquet, qui «laisse penser qu’il y a une justice pour les riches et une autre pour les pauvres». [...] De personnalité fragile, sans travail depuis huit ans, il avait tenté d’étrangler sa mère il y a deux ans. Contrairement aux poursuites engagées par Rachida Dati, la plainte de la mère avait été classée par le même parquet. Les avocats ont ironisé sur ces choix. [...] Pour les mails, Alexandre Appaix a été condamné à 100 euros d’amendes. Avec sursis."

vendredi 3 décembre 2010

Jour 1302

Ne passez pas par la case diplôme

L'observatoire International des Prisons :

"Pas plus qu'elles ne peuvent s'asseoir sur les bancs de l'école, les personnes détenues ne sont autorisées à sortir pour apprendre à l'université. Une impossibilité d'autant plus problématique que très peu nombreux sont les enseignants affectés en prison, et encore plus rares les universitaires. Parent pauvre des priorités du ministère de l'Education nationale, l'enseignement dispensé derrière les murs s'avère en outre engoncé dans le carcan des contraintes de la vie carcérale et des limitations de toute nature imposées par l'administration pénitentiaire. Enquête sur les conditions d'apprentissage de cette catégorie d'étudiants-empêchés que sont les détenus qui veulent entreprendre ou achever des études supérieures. Une situation particulièrement révélatrice de l'anachronisme de la réglementation en vigueur. Si ce n'est de son cynisme.



Si apprendre à lire et à écrire ou préparer son baccalauréat n'a rien d'une sinécure en prison, commencer ou poursuivre des études supérieures avec le statut de détenu relève de la course d'obstacles. Et pour cause, censé assurer une « éducation de qualité équivalente à celle dispensée dans le monde extérieur » de sorte à garantir « les meilleures chances de formation et de réinsertion professionnelle »1, le ministère de l'Éducation nationale n'affecte en moyenne que l'équivalent d'un poste d'enseignant à temps plein pour cent personnes incarcérées. Les caractéristiques de la population qui se retrouve derrière les murs justifieraient pourtant que la prison soit déclarée « zone d'éducation prioritaire » : 10 % des entrants en prison en 2008 se trouvaient en situation d'illettrisme, 13 % éprouvaient des difficultés de lecture et 89 % étaient sans diplômes ou titulaires d'une certification inférieure au baccalauréat, selon les données du ministère de la justice. Las, les prisons françaises sont loin de bénéficier du personnel, mais aussi des crédits et de l'équipement « nécessaires pour permettre aux détenus de recevoir une éducation appropriée »2. Ce qui est pourtant l'exigence minimale posée par le conseil de l'Europe. Cette pénurie de moyens humains et financiers a pour conséquence la concentration des maigres ressources disponibles sur l'enseignement de niveau primaire, collège, ou lycée. Quand ce n'est pas sur l'alphabétisation de base. Autant dire que les détenus de qualification supérieure - qui représentent seulement 2 % de l'ensemble des personnes suivant des cours en détention - ne sont pas une priorité pour les services de la rue de Grenelle. Et de fait, l'affectation de professeurs de niveau universitaire derrière les murs est rare. Partiellement financée jusqu'à aujourd'hui par le ministère... du travail, elle semble même être en voie d'extinction au vu des difficultés de l'université Paris VII à maintenir son intervention au sein de quatre prisons de la région francilienne (lire notre article).


Dans ce contexte, les personnes détenues n'ont d'autre solution que de recourir à l'enseignement à distance pour entrevoir l'espoir d'accéder à une formation universitaire. Problème : la débauche d'interdits et de limitations que recèle la règlementation pénitentiaire leur bouchent singulièrement l'horizon. D'abord, la moindre démarche - inscription à la faculté ou aux examens, commande de manuels à caractère pédagogique - suppose d'obtenir une autorisation exceptionnelle. Ensuite, l'entrée effective de livres ou fournitures se heurte au principe de prohibition de toute remise par le biais des parloirs comme sur les restrictions draconiennes qui encadrent la réception de colis. Des libéralités existent certes ici ou là, mais elles diffèrent d'un établissement à l'autre et s'appliquent de manière arbitraire. « On te laisse rentrer des livres, tu fermes ta gueule. Tu fais le con en détention, t'auras pas de livres ! C'est comme ça que se ça se passe. C'est malheureux à dire mais c'est tous les jours comme ça », rapporte Farid, 24 ans, étudiant en BTS3. En tout état de cause, la possession du matériel nécessaire aux études suppose la mobilisation d'un tiers. Et s'ils sont nombreux qui ont leur mot à dire - qu'il s'agisse de la direction de la prison, des surveillants, du centre scolaire de l'établissement ou du responsable local d'enseignement - ils ne manifestent pas tous la meilleure volonté. Cette bonne volonté est pourtant indispensable, dès lors que, contrairement aux étudiants inscrits comme eux dans une formation ouverte à distance - mais libres - les détenus sont privés de tout accès à internet4. Du coup, faute d'identifier une personne ressource susceptible de lui procurer nombre de documents disponibles exclusivement en téléchargement, l'étudiant incarcéré devra se contenter des manuels ou des polycopiés de cours qui lui auront été remis. Par ailleurs, l'impossibilité d'accéder au réseau l'empêchera de bénéficier des conseils prodigués par les enseignants ou des échanges entre élèves, qui se font aujourd'hui par le biais de la correspondance électronique ou des forums de discussion. À supposer qu'il est franchi tous ces obstacles, le détenu devra faire avec les contraintes d'un environnement carcéral, peu propice à la lecture et aux études : « les étudiants nous disent avoir du mal à se concentrer car ils vivent dans le bruit en permanence. Certains travaillent la nuit pour avoir du calme. Même pour la lecture, ils ont du mal à s'immerger », nous explique Crystel Pinçonnat, professeur de littérature comparée et directrice pédagogique de la « section des étudiants empêchés » de Paris VII (lire l'entretien).


« L'éducation est affirmée comme un droit dans la loi, dans les faits c'est plutôt un privilège », affirme Fanny Salane, docteur en sciences de l'éducation et auteure de l'ouvrage « Être étudiant en prison : l'évasion par le haut » (lire l'entretien). Nul n'illustre mieux ce décalage entre le principe et la réalité que le parcours imposé à Monsieur V, 50 ans, actuellement détenu au centre de détention de Bapaume (lire article). Un véritable parcours du combattant."

jeudi 2 décembre 2010

Jour 1301

Même les américains le voit...

The Independent, 1er décembre 2010 :

"US embassy cables have detailed how French President Nicolas Sarkozy's staff and ministers fear their leader's temper, and were concerned about the impact of his personal life on his presidency. A confidential memo to the US Secretary of State, Hillary Clinton, from ambassador Charles Rivkin in December 2009, said of Sarkozy: "Elysée contacts have reported to us the great lengths they will go to avoid disagreeing with him or provoking his displeasure – even recently reportedly rerouting the President's plane to avoid his seeing the Eiffel Tower lit up in Turkey's colours on the visit of PM [Recep Tayyip] Erdogan." An earlier note to President Bush warned of "raising questions about a thin-skinned and authoritarian personal style"."

mercredi 1 décembre 2010

Jour 1300

Le retour de la LOPPSI

Le blog Police, etc., le 30 novembre 2010 :

"Dans ce fatras de nouvelles dispositions, au milieu de la lutte contre la grande criminalité, la cybercriminalité, les actes de pédophilie, etc., j’en ai retenu une : la vente à la sauvette.

Il s’agit d’un amendement destiné à s’insérer dans la partie « crimes et délits contre la nation, l’État et la paix publique », qui créé le délit de vente à la sauvette. Le fait de vendre sur un bout de trottoir des fruits, des gadgets ou je ne sais quoi, deviendrait ainsi punissable de six mois de prison et 3 750 € d’amende. Alors qu’il s’agit aujourd’hui d’une contravention de 4° classe. Avec, comme il est de mise pour tout nouveau texte, un petit plus : la peine d’emprisonnement et l’amende seront aggravées si l’infraction est commise en bande organisée."

Lisez l'article en entier, ça vaut le détour...

En tout cas méfiez vous du vendeur de maïs à la sortie du métro.