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Les connards de la RépubliqueLe Figaro, 8 février 2011 :
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En temps normal, l'infraction coûte 135 euros et un retrait de points. Mais quand on s'appelle Olivier Marleix et qu'on travaille pour l'Élysée, se faire flasher sur une petite route départementale à 119km/h au lieu de 70 ne coûte... strictement rien. Le conseiller général-maire d'Anet, et surtout conseiller technique de Nicolas Sarkozy, aurait en effet bénéficié de ce passe droit lors d'un contrôle routier [...] Aussitôt arrêté, le fils de l'ancien secrétaire d'État à l'Intérieur et aux collectivités du gouvernement Fillon décline son identité. Bien que les échanges soient courtois, ce dernier fait clairement comprendre aux gendarmes qu'il a des connexions et qu'il serait donc préférable de «classer» l'incident. Il circule d'ailleurs à bord d'une voiture immatriculée à Paris provenant... du parc automobile de l'Élysée. [...] l'attitude d'Olivier Marleix n'a pas plu aux gendarmes. Ces derniers décident donc de rédiger et transmettre un rapport sur l'incident à la Direction générale de la gendarmerie nationale."
Un état dépensier pour le plus grand bonheur des entreprisesLe Figaro, le 7 février 2011 :
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Un rapport de la Cour des comptes rendu au Sénat et présenté le 1er février dernier revoit à la hausse le coût de la campagne de vaccination contre la grippe A (H1N1). Les Sages estiment en effet qu'elle a coûté entre 680 et 760 millions d'euros, soit au moins 140 millions de plus que la dernière estimation de la Direction Générale de la Santé (DGS). [...] Le calendrier de la stratégie vaccinale apparaît enfin «difficilement compréhensible», selon la Cour des comptes. Les pouvoirs publics ont en effet poursuivi la stratégie de vaccination pendant l'été 2009, «sans prendre en compte ni le tableau d'ensemble rassurant de l'épidémie australe, ni le retournement d'opinion qui s'était opéré en fin d'été». Des coûts supplémentaires, donc, pour un résultat peu probant: seulement 5 millions de Français ont été vaccinés, soit 8,5% de la population"
La crise de rireLibération, le 5 février 2011 :
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L’année 2010 n’a pas été très bonne pour Bank of America. Toujours empêtrée dans les méandres de la crise immobilière, la banque a dû déclarer des pertes de plus de 2 milliards de dollars (environ 1,5 milliard d’euro). Son nouveau PDG, Brian T. Moynihan, n’a toutefois pas à se plaindre. Treize mois après son arrivée, il a touché 10 millions de dollars tout rond en 2010, une augmentation de 67% par rapport à 2009… Il n’est pas le seul à voir son salaire s’envoler. Selon une enquête duWall Street Journal, les grands patrons de la finance et les traders ont obtenu des rémunérations record de 135 milliards de dollars en 2010, soit une hausse de 5,7% sur un an. Le PDG de Goldman Sachs, Lloyd C. Blankfein, a triplé sa paie (de 600 000 dollars à 2 millions), avec une augmentation de base de son bonus de 40%, qui a ainsi atteint 12,6 millions. Deux ans après le séisme qui avait ébranlé le monde de la finance, Wall Street semble donc avoir oublié ses promesses de modération et de retenue."
Les boulets de l'HadopiBug Brother, le 4 février 2011 :
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le recours croissant des internautes à des outils et technologies de cryptographie et de protection de la vie privée, afin de se protéger de l’Hadopi, ou de la censure du Net comme c’était le cas en Tunisie notamment, embête très sérieusement les services de renseignement américains, mais également français. [...] Plutôt que de bloquer les sites, forums et autres réseaux sociaux où se nouent les contacts entre “frères“, les agents de la DCRI et de la DGSE qui les surveillent activement s’en servent pour se tenir informé, ou pour les infiltrer, quitte à créer de vrais-faux sites djihadistes [...] on avait ainsi appris que les services de renseignement américains avaient même “engueulé” leurs homologues français au sujet de l’Hadopi… suivant en cela les services de renseignement britanniques qui avaient déconseillé à leur gouvernement un tel mécanisme qui rendrait “difficile” la surveillance des internautes. On sait aussi désormais que la Hadopi, en poussant les internautes à se protéger et à recourir à la cryptographie, embête aussi les services antiterroristes de la DGSE et de la DCRI."
Un autre regardSyndicat de la Magistrature, le 2 février 2011 :
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Dans un communiqué de presse commun daté du 31 janvier, le garde des Sceaux et le ministre de l’Intérieur ont choisi, sur la base de pré-rapports d’inspection rédigés en quelques jours, de clouer au pilori les professionnels de la justice et de la police qui ont eu à traiter de la situation pénale d’un homme soupçonné d’avoir enlevé et tué une jeune fille de 18 ans.Ainsi, « une défaillance de la chaîne pénale » aurait été révélée, et « les sanctions qui s’imposent au regard des fautes seront demandées ».Ces velléités de lynchage, fondées sur des éléments extrêmement parcellaires, témoignent d’une véritable duplicité du pouvoir exécutif, qui choisit de désigner ses personnels à la vindicte plutôt que de s’interroger sur ses responsabilités pourtant évidentes.Passons sur l’invraisemblable démagogie qui consiste à faire croire que la carence dans la prise en charge d’une mise à l’épreuve prononcée pour un outrage à magistrat puisse avoir un lien déterminant avec la commission d’un crime aussi grave, et intéressons-nous aux faits.D’après les ministres, les « fautes » des personnels découleraient de l’absence de prise en charge de certaines mesures de milieu ouvert par les juges de l’application des peines de Nantes et le service pénitentiaire d’insertion et de probation.Il s’avère pourtant que : * Par des rapports des 19 janvier et 22 octobre 2010, les juges de l’application des peines du tribunal de Nantes ont averti leur hiérarchie que l’absence, depuis un an, d’un quatrième juge de l’application des peines les obligeait à effectuer des choix de priorités. Ils indiquaient : « Notre situation est à ce jour extrêmement préoccupante. Nous sommes inquiets », et concluaient : « Ce choix, fait après mûre réflexion, induit inévitablement une insatisfaction professionnelle. Il nous semble être un leurre de croire et de faire croire que nous pouvons à trois gérer de façon consciencieuse et responsable l’intégralité des mesures relevant du service de l’application des peines de Nantes. Nous souhaitons ardemment que cette situation cesse le plus rapidement possible ». * Par courrier du 24 mai 2010 adressé aux magistrats de Nantes, le directeur du Service pénitentiaire d’insertion et de probation avait fait savoir que, compte tenu du manque criant d’effectifs, il n’était pas en mesure de traiter l’ensemble des dossiers qui lui étaient affectés.Les sonnettes d’alarme étaient donc tirées depuis plusieurs mois.Mais surtout, le Syndicat de la magistrature est en mesure de révéler que les difficultés insurmontables rencontrées par les services de la justice en Loire-Atlantique étaient connues au plus haut niveau, et qu’aucune réponse sérieuse n’avait pourtant été apportée avant le drame.Ainsi : * Dans un courrier du 15 décembre 2010, le directeur interrégional de l’administration pénitentiaire de Rennes a confirmé l’état préoccupant de sous-effectif des services dont il avait la charge, auquel se sont ajoutées, par l’effet de la loi pénitentiaire, « de nouvelles missions et compétences ». Il a très clairement mis en cause « les difficultés en matière de ressources humaines au sein du ministère de la Justice (qui) nous imposent d’opérer des choix en matière de répartition des effectifs ». * Mais surtout, dans un mail daté du 4 novembre 2010, le premier président de la Cour d’appel de Rennes a répondu que, « malgré de multiples rapports et mises en garde » de sa part, la Chancellerie avait décidé de ne pas pourvoir le poste manquant de juge de l’application des peines de Nantes, qu’il n’était dès lors « pas illégitime que les magistrats établissent des priorités de traitement des affaires », et que « leurs choix n’étaient pas inopportuns ». * Enfin, dans un courrier daté du 27 janvier 2011, soit postérieurement au drame, le nouveau premier président de la Cour d’appel de Rennes a décidé d’affecter un juge placé au service de l’application des peines de Nantes du 1er avril au 1er septembre 2010, preuve que la question des moyens alloués aux services est non seulement cruciale mais susceptible d’être rapidement prise en compte.Ces trois courriers démontrent, sans contestation possible, que le ministère de la Justice porte l’entière responsabilité de l’absence de prise en charge de la situation de la personne soupçonnée.Le Syndicat de la magistrature est déterminé à faire reconnaître, par tous les moyens, les « fautes » de l’administration centrale et des pouvoirs publics qui ont contribué à la situation nantaise.Il exige que soient rendus publics les « multiples rapports et mises en garde » adressés au ministère de la Justice par le premier président de a Cour d’appel de Rennes, et que le garde des Sceaux indique très rapidement les mesures concrètes qui ont été prises, avant le drame, pour remédier à la situation critique des services d’application des peines et d’insertion de Nantes.Plus largement, il est impératif, pour le Syndicat de la magistrature, que toute la lumière soit faite sur les « fautes » lourdes qui ont été commises dans l’affectation des moyens permettant de prendre en charge les personnes sous main de justice. Ces « fautes » sont indubitablement celles des gardes des Sceaux successifs qui n’ont pas permis, depuis des années, à la justice de fonctionner normalement.Les magistrats ne seront pas les boucs émissaires d’un système qui porte le nom de RGPP (« Révision générale des politiques publiques ») et qui consiste à sacrifier le service public, la justice et les justiciables."
Pipeau au Quai d'OrsayLe Monde, 2 février 2011 :
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La ministre des affaires étrangères [MAM] reconnaît qu'elle a profité, avec sa famille, de la générosité de l'homme d'affaires Aziz Miled, 71 ans. Mais elle assure qu'il n'est pas "du tout, mais alors pas du tout" un proche de M. Ben Ali. [...] Une version qu'il est aisée de mettre en doute. Deux éléments jettent le trouble d'emblée : d'une part, les avoirs d'Aziz Miled ont été gelés par la Suisse, de même que tous ceux des proches du clan Ben Ali [...] Ensuite, l'homme figure dans pas moins de deux appels à une nouvelle candidature Ben Ali. Le premier, en août 2010, parmi une liste de 65 personnalités militant pour que le "sauveur de la patrie, le président Ben Ali", se représente en 2014. Le second, en septembre 2010, avec 54 autres personnalités, du secteur aérien et touristique. [...] Plus troublant encore, Aziz Miled figurait en 2009 sur la liste des 350 membres du comité central du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), le parti de Zine El-Abidine Ben Ali. Autant de collusions que l'on pourrait mettre sur le compte de la nécessité pour un homme d'affaires de ne pas s'inscrire en opposition à un régime autoritaire."
Étonnant non ?Le Figaro, 1er février 2011 :
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58% des personnes interrogées disent s'intéresser à la politique [...], 41% pensent le contraire. Derrière ce chiffre, la défiance envers la classe politique et sa capacité à changer les choses est criante. La preuve : 83% des sondés estiment que les responsables politiques prennent peu ou pas du tout en compte leur avis, contre 14% d'un avis contraire. 57% des sondés jugent que la démocratie fonctionne mal en France contre 42% qui pensent le contraire. Enfin 56% des personnes interrogées n'ont confiance ni dans la droite ni dans la gauche pour gouverner le pays."