vendredi 8 juillet 2011

Jour 1519

La Guyane, tous le monde s'en fout

Ligue des Droits de l'Homme, le 29 juin 2011 :

"Le 14 septembre 2009, la Haute autorité contre les discriminations et pour l’égalité (Halde) constatait que la scolarisation était entravée par plusieurs exigences abusives de documents en matière d’inscription scolaire et d’accès à la cantine. Elle validait les solutions élaborées en 2006 par l’Observatoire de la non scolarisation en Guyane et recommandait aux autorités compétentes de mettre fin à ces « pratiques litigieuses ». Elle relevait enfin la faible scolarisation des nouveaux arrivants et un manque manifeste de suivi des dispositifs d’accompagnement.

Or, en octobre 2010 le collectif pour la scolarisation de tous les enfants en Guyane constatait qu’« après les délais prescrits aux mairies pour rectifier leurs listes de pièces à fournir pour l’inscription des enfants à l’école, les demandes ne correspondent toujours pas aux recommandations de la Halde, malgré quelques modifications » ; il ajoutait que si les faits persistaient, il se verrait « contraint de préparer une nouvelle saisine pour que l’accès à l’éducation soit enfin une réalité pour tous les enfants de Guyane ».

En 2011, malgré quelques adaptations, les pratiques constatées par la Halde perdurent ; elles concernent principalement l’accès à l’éducation de nombreux jeunes étrangers ou issus de groupes minoritaires. L’échec scolaire est d’ailleurs prépondérant pour ces mêmes jeunes, tant par un système scolaire ignorant les diversités culturelles et linguistiques que par des transports inadaptés à la dispersion géographique.

Les associations et syndicats signataires ont donc présenté au Défenseur des Droits, le 17 juin 2011, une « réclamation relatives aux mesures discriminatoires en matière de droit à l’éducation en Guyane, plus particulièrement à l’encontre d’enfants étrangers et de ceux issus de groupes minoritaires »."

jeudi 7 juillet 2011

Jour 1518

Des comptes à rendre

Le Figaro, 7 juillet 2011 :

"la Cour des Comptes estime que «face à la montée de la délinquance, les pouvoirs publics ont consacré des moyens croissants, budgétaires, technologiques et humains, aux politiques de sécurité publique [...] Toutefois, les statistiques du ministère de l'Intérieur font apparaître que les résultats obtenus dans la lutte contre la délinquance ont été contrastés». Au fil de 248 pages parfois rédigées au vitriol, le rapport de la Cour des comptes évoque tour à tour «l'accroissement limité du nombre de policiers», «un turn-over parfois très élevé», «l'organisation coûteuse du temps de travail des policiers», «une toujours faible présence sur la voie publique», des «réformes difficiles souvent inabouties», «la mise en place laborieuse de la police d'agglomération...»"

mercredi 6 juillet 2011

Jour 1517

En cours

mardi 5 juillet 2011

Jour 1516

Travailler sans fin

Le Figaro, 4 juillet 2011 :

"L'UMP a de la suite dans les idée [...] le parti dirigé par Jean-François Copé persiste et signe en présentant mardi les grandes lignes de la réforme qu'il proposera à la fin de l'année au candidat - probablement Nicolas Sarkozy - qui portera ses couleurs lors de la présidentielle. Une «révolution», selon les dires du secrétaire général, qui passe par la suppression pure et simple de toute référence légale à la durée du travail. [...] «Les 35 heures à la sauce Aubry, imposées à tous, n'existent déjà plus, rappelle un proche du ministre du Travail. Les 35 heures ne constituent plus un plafond mais un plancher, car les entreprises peuvent y déroger depuis 2008 par accord d'entreprise.» [...] «Cette proposition participe à la déréglementation du marché du travail qui est en œuvre depuis plusieurs années, critique Didier Porte, de FO. Elle conduirait à une augmentation inéluctable de la durée du travail et aurait un impact sur la santé et le droit au repos des travailleurs.» Même fin de non-recevoir à la CFDT. «Si la loi ne définit pas de durée du travail hebdomadaire pour tous les salariés, il y aura d'énormes disparités, dénonce Marcel Grignard, son numéro deux. Il n'y a pas de raison que certains soient à 30 heures par semaine et d'autres à 40.» "

lundi 4 juillet 2011

Jour 1515

Pas de vacances pour les vrais hommes (pauvres)

Le Monde, 4 juillet 2011 :

"France Info et le quotidien 20 Minutes publient un sondage selon lequel 55 % des Français interrogés déclarent qu'ils partiront en vacances cet été tandis que 45 % d'entre eux n'ont pas les moyens d'en faire autant. L'impact de la crise et des difficultés financières est manifeste. [...] Parmi ces 45 %, ils sont 45 % à avancer qu'ils n'ont pas les moyens de se payer des vacances, et 40 % disent vouloir faire des économies. Presque deux sondés sur dix affirment qu'ils ne partiront pas cette année alors qu'ils étaient partis l'année dernière."

dimanche 3 juillet 2011

Jours 1513 & 1514

Une grève oubliée

Libération, le 2 juillet 2011 :

"Zone commerciale d’Albertville (Savoie), dimanche matin : le petit groupe - plutôt âgé - s’est donné rendez-vous ce 26 juin pour célébrer la date anniversaire d’un mouvement inédit : le 90e dimanche de grève des caissières d’ED-Dia contre le travail dominical. Bientôt deux ans de lutte pour ces six femmes [...] Deux ans à se faire traiter de «feignasse», «pétasse» ou «petite pute» par de nombreux clients pour un combat qui a fini par dépasser le périmètre du parking commercial. [...] Le bilan financier est également vite fait, pour ces salariées payées 1 100 euros net par mois : «La prime de 30%, généreusement accordée par la direction, reviendrait à gagner 8 euros de plus par dimanche travaillé, explique Corinne Pointet. Venir ce jour-là me coûterait plus cher en nounou.»"

vendredi 1 juillet 2011

Jour 1512

Une justice disparait, une autre prend sa place...

Syndicat de la Magistrature, le 21 juin 2011 :

"Dans l’indifférence générale, le gouvernement s’apprête à faire voter en procédure accélérée la disparition de la spécialisation de la justice des mineurs par la création d’un tribunal correctionnel pour mineurs et par la mise à l’écart du juge des enfants du suivi des mineurs auteurs d’infractions.

Malgré les protestations unanimes des professionnels qui avaient abouti en 2008 à l’abandon du projet de code pénal des mineurs, malgré la censure le 10 mars 2011 par le Conseil Constitutionnel de la quasi totalité des dispositions de la LOPPSI 2 (Loi d’orientation et de programmation pour la sécurité intérieure) concernant le droit pénal des mineurs, au mépris des principes constitutionnels et des engagements internationaux ratifiés par la France, tels que la Convention internationale des droits de l’enfant et les Règles minimales de Beijing, le gouvernement s’obstine à vouloir aligner le régime pénal des mineurs sur celui des majeurs

L’objectif avoué de la réforme est de renforcer la répression de la délinquance des mineurs en entretenant l’illusion que la crainte d’une sanction plus forte suffirait, de façon magique, à dissuader des adolescents déstructurés d’un passage à l’acte.

Au contraire ces nouvelles dispositions vont affaiblir les moyens d’action éprouvés et efficaces de notre justice des mineurs.

Le reproche de lenteur régulièrement fait à la justice des mineurs découle de la confusion entretenue entre la nécessité de la réponse rapide à donner à un adolescent en dérive et celle d’un jugement à bref délai. La véritable urgence est celle de la mise en œuvre de solutions éducatives afin de prévenir la répétition d’actes délinquants.

L’intervention d’un juge des enfants prenant en compte les situations individuelles, (« mon juge », disent les jeunes) et la réévaluation régulière des mesures éducatives en cours sont autrement plus pertinentes que l’empilement de peines sur un casier judiciaire dans des audiences surchargées tenues par un juge des enfants de permanence, sur la base de renseignements rassemblés à la hâte par un éducateur de la protection judiciaire de la jeunesse.

La justice des mineurs doit rester une justice de la continuité, menée par des professionnels-repères (juge des enfants, éducateur, avocat…) pour le mineur et prenant en compte son évolution et non une réponse ponctuelle au passage à l’acte.

Les tribunaux pour enfants doivent disposer des moyens et des structures pour pouvoir apporter une réponse rapide et individualisée. Ainsi, les services éducatifs (Protection Judiciaire de la Jeunesse, associations habilitées) doivent pouvoir proposer des prises en charge éducatives de nature différente (placement, milieu ouvert, insertion…).

A l’opposé de cette démarche, le projet fait quasiment disparaître le tribunal pour enfants où siègent au côté du juge des enfants deux assesseurs recrutés pour leur intérêt pour les questions de l’enfance ; les voici congédiés au profit du tribunal correctionnel, augmenté dans certaines affaires d ‘assesseurs citoyens tirés au sort et où le juge des enfants servira d’alibi.

Etrange manière de faire participer la société au jugement de ses enfants, que de démanteler ainsi une justice de qualité où l’on s’efforce de donner la parole à tous, mineur, famille, victime, éducateur, procureur et défense et d’allier pédagogie et sanction.

Toujours plus rapide, toujours plus répressif : à l’instar des comparutions immédiates pour les majeurs, le procureur pourra renvoyer les mineurs en jugement dans le cadre de dispositions pratiquement identiques à celles qui viennent d’être censurées par le Conseil Constitutionnel, les conditions de peines encourues et d’âge étant tellement extensives qu’elles s’appliqueront à tous.

L’accélération effrénée des délais de traitement de procédure, l’injonction faite de trouver un « remède miracle » met les professionnels « au pied du mur » et conduit les mineurs « entre les murs » sans perspective de développement des lieux de placement alternatifs.

Pourtant la multiplication des incidents ces dernières semaines dans les établissements pénitentiaires pour mineurs et l’augmentation de l’incarcération des mineurs démontrent l’impasse à laquelle conduit un traitement purement répressif de la délinquance juvénile et la priorité budgétaire absolue donnée depuis 2002 aux centres éducatifs fermés et aux établissements pénitentiaires pour mineurs.

On nous ressasse que « les jeunes d’aujourd’hui ne sont plus ceux d’hier » sans oser expliciter s’il s’agit de la taille physique qui accélère la maturité ou des origines sociales de certains jeunes. Mais les partisans de cette « majorité pénale » des jeunes de 16 ans ne proposent pas pour autant de leur attribuer les droits civils correspondants : droit de vote, permis de conduire.

Le projet en voie d’être adopté démontre surtout que « les adultes d’aujourd’hui ne sont plus ceux d’hier » et n’ont plus le courage de construire un projet pour la jeunesse la plus fragile alors qu’il n’existe aucune politique de la jeunesse globale, cohérente et positive.

Refusons le jugement de nos enfants par le tribunal des adultes."