lundi 8 août 2011

Jour 1549

Une histoire vite oubliée

Une vie plus intéressante que celle de 50 cents ou de Nicolas, le Figaro, 8 août 2011 :

"C'était l'une des résistantes les plus décorées de la Seconde Guerre mondiale avec une dizaine de médailles du monde entier à son actif. Nancy Wake s'est éteinte dimanche à Londres, à quelques jours de son 99e anniversaire. Son nom est moins connu en France que celui des Aubrac mais cette Australienne fut une figure éminente de la Résistance. Elle fit sortir de l'Hexagone plus de 1000 soldats alliés, résistants et juifs puis intégra un réseau de 7000 résistants chargé d'affaiblir les lignes allemandes en préparation du débarquement.

Les nazis la placèrent en tête de la liste des personnes les plus recherchées par la Gestapo. Devant la capacité de Nancy Wake à leur échapper, ils la surnommèrent «la souris blanche». L'Australienne s'est enfuie à ski, a semé en voiture l'avion qui la canardait, a sauté d'un train en marche, parcouru en trois jours 430 km à vélo en plein territoire occupé pour transmettre des codes radios ou encore tué un soldat à mains nues … «Nancy était une femme sublime et les nazis ont longtemps cru avoir affaire à un homme, comme eux, agressif et bardé de révolvers», a noté, lundi, son biographe."

dimanche 7 août 2011

Jours 1547 & 1548

A l'Ouest du nouveau

L'Observatoire International des Prisons, le 29 juillet 2011 :

"Le procureur de Dunkerque vient par une décision exceptionnelle d'ordonner la suspension de l'exécution des écrous jusqu'au 5 septembre, à l'exception des peines d'emprisonnement pour les faits les plus graves (infractions à caractère sexuel, violences en récidive, etc.). Il évoque une situation de sur-occupation (137 détenus pour 105 places au 1er juillet) dans la maison d'arrêt, avec des matelas par terre, des problèmes d'hygiène, des risques de tensions et de violences accrus... L'OIP a également connaissance sur cet établissement de dortoirs de 16m2 où s'entassent 11 détenus pour 8 places théoriques.

La situation de Dunkerque n'a rien d'exceptionnel en cette période de record historique du nombre de personnes incarcérées. Le record du nombre de détenus a été atteint le mois dernier (64 971 détenus au 1er juin), il est de 64 726 au 1er juillet. 80% des maisons d'arrêt ou quartiers maison d'arrêt dépassent actuellement leur capacité d'accueil (100%). Certains établissements se situent même au-delà d'un taux d'occupation de 180%, telles les maisons d'arrêt de Longuenesse, de Laval, Tours, Orléans...

Cette situation apparaît comme la conséquence directe des instructions adressées par le gouvernement aux Parquets suite à l'affaire de Pornic de janvier dernier, afin qu'ils mettent à exécution l'ensemble des peines et mesures en attente. Réagissant dans la précipitation suite à un fait divers tragique, le gouvernement s'est une nouvelle fois peu soucié des conditions dans lesquelles ces peines seraient appliquées, avec des conséquences indignes pour les détenus et les personnels pénitentiaires.

Les condamnations de l'Etat par les tribunaux administratifs pour des « conditions de détention n'assurant pas le respect de la dignité inhérente à la personne humaine » se multiplient, les dernières en date concernant les établissements de Nanterre et Bois d'Arcy, issus des programmes immobiliers des années 90. En juin 2010, le tribunal administratif avait déjà condamné l'Etat à verser des indemnités de 250 à 4000 euros à 38 personnes détenues ou anciennement détenues à la maison d'arrêt de Rouen.

Pour toute réaction, la Chancellerie demande aujourd'hui au procureur de Dunkerque de revenir sur ses instructions, maintenant sa préoccupation d'afficher un meilleur taux d'exécution des peines, au détriment de toute démarche de prévention de la récidive et de réinsertion et du respect de l'article 22 de la loi pénitentiaire adoptée fin 2009, selon lequel « l'administration pénitentiaire garantit à toute personne détenue le respect de sa dignité et de ses droits ».

Pour l'OIP, le procureur de Dunkerque s'inscrit dans son rôle de gardien des libertés individuelles lorsqu'il reporte l'exécution de certaines peines dans les conditions actuelles. L'association appelle l'ensemble des Parquets à suivre le même exemple, afin de mettre l'Etat face aux conséquences de sa politique pénale."

vendredi 5 août 2011

Jour 1546

Cow-boys vs Crisis

C'est toujours drôle le Figaro, surtout le 5 août 2011 :

"Des marchés surveillés comme du lait sur le feu. Depuis le Cap Nègre (Var), où il séjourne, Nicolas Sarkozy est tenu informé «heure par heure» de l'évolution de la situation par le secrétaire général de l'Élysée, Xavier Musca, lui-même en Corse."

Traduction : Nicolas suit le Twitter de la Bourse de Paris

"Le chef de l'État a multiplié les échanges téléphoniques avec ses homologues européens."

Traduction : "Allo Angela ? C'est Nico, putain on va l'avoir dans le cul !"

"«J'avais, entre-temps, eu au téléphone mes homologues italien et espagnol, ainsi que Jean-Claude Trichet, pour comprendre si l'inquiétude venait de la lenteur à traduire concrètement les décisions qui ont été prises pour renforcer le Fonds européen de stabilité financière, ou si c'était plus profond. On a rapidement compris que les interrogations étaient sérieuses sur les dettes souveraines », confie François Baroin, depuis son bureau à Bercy."

Traduction : "Putain ! Qu'est-ce qu'on va trouver comme excuse bidon ce coup-ci ?!"

jeudi 4 août 2011

Jour 1545

Une honte passagère...

Le Monde, 3 août 2011 :

"En juin 2009, à nouveau, le président de la République avait solennellement sonné l'alarme : notre situation pénitentiaire est "une honte pour la République", avait déclaré Nicolas Sarkozy devant le Congrès. [...] Il faut croire que la France s'habitue à cette humiliation et que ses pouvoirs publics ne rougissent plus de cette honte. Au 1er juillet, en effet, 73 320 personnes étaient placées sous écrou dans notre pays. Le chiffre - en augmentation de 50 % en dix ans - est un record absolu dans l'histoire de la pénitentiaire. [...]La cause de cette inflation pénitentiaire est simple : on emprisonne chaque jour davantage, et pour les délits de moins en moins graves. A cet égard, la responsabilité de l'actuel pouvoir exécutif, et en particulier du chef de l'Etat, est lourde. L'empilement de lois alourdissant les peines, la dénonciation incessante du prétendu "laxisme" des juges, la pression constante exercée sur les parquets banalisent de plus en plus l'emprisonnement. [...] "On nous dit que les prisons sont surpeuplées, écrivait Michel Foucault en 1971. Mais si c'était la population qui était suremprisonnée ?" La question est plus pertinente que jamais : il y avait, à l'époque, 29 500 personnes en prison ; elles sont aujourd'hui plus du double."

mercredi 3 août 2011

Jour 1544

Un petit instantané de la crise

Libération, le 3 août 2011 :

"C’est un été d’état de crise humanitaire. Hier, les travailleurs sociaux d’une trentaine de départements se sont déclarés en grève pour dénoncer un dispositif d’hébergement d’urgence en inadéquation avec les besoins actuels. Ces personnels en charge de l’urgence sociale se disent confrontés à des situations humaines intolérables : des familles à la rue avec des enfants en bas âge se présentent notamment à eux, mais ils sont dans l’incapacité de leur trouver une solution d’hébergement, toutes les places disponibles ayant déjà été attribuées.[...] Depuis quatre ans, les prises en charge hôtelières de personnes sans abri sont en constante augmentation, preuve de la précarité qui gagne du terrain : 7 507 nuitées quotidiennes en moyenne en juin 2007 en Ile-de-France, 9 207 en 2009 puis 12 443 en 2010 et 12 259 en 2011. La même tendance est observée pour tous les autres mois de l’année. Outre les chambres d’hôtels, qui servent de variables d’ajustement, s’ajoutent évidemment les centres d’hébergement. Au niveau national, le dispositif d’urgence est passé de 90 000 places en 2007 à 115 000 en 2011, selon le secrétariat d’Etat au Logement. Des chiffres que ne conteste pas Matthieu Angotti, directeur général de la Fédération nationale des associations de réinsertion sociale (Fnars). Mais les demandes d’hébergement continuent à augmenter «du fait d’un développement des situations de précarité liées à la crise économique», explique-t-il. Pour lui, les effets de la crise économique se font sentir maintenant, avec un temps de retard donc. «Beaucoup de chômeurs arrivent en fin de droits. Les impayés de loyers augmentent et on a plus d’expulsions locatives.» Outre la montée de la précarité, le dispositif d’hébergement est mis sous tension par l’afflux de demandeurs ou de déboutés du droit d’asile, plus nombreux du fait des désordres planétaires."

mardi 2 août 2011

Jour 1543

Un peu de bon sens

Le Monde, 2 août 2011 :

"Dans un entretien au Monde, l'économiste Pierre Kopp estime que si le cannabis était taxé comme le tabac, l'Etat engrangerait plus d'un milliard d'euros, de quoi financer la prévention. Pierre Kopp est par ailleurs auteur de l'article "Les drogues sont-elles bénéfiques pour la France? Pour les économistes, les bonnes politiques publiques sont celles qui minimisent le coût social, c'est-à-dire celles qui permettent d'améliorer le bien-être de la collectivité à moindre coût. Or celle concernant le cannabis coûte cher, pour un bénéfice incertain. Avec le cannabis, nous marchons sur la tête : l'Etat continue de dépenser autour de 300 millions d'euros par an pour interpeller environ 80 000 personnes, sans que cela ait un effet radical sur la consommation, qui s'est stabilisée à un haut niveau. Un tel résultat pourrait être obtenu de façon moins coûteuse en favorisant l'éducation et les soins."

lundi 1 août 2011

Jour 1542

Ne faites pas les fous

20 minutes, le 1er août 2011 :

"La loi réformant l’hospitalisation sans consentement en psychiatrie entre en application ce lundi. Dénoncé alors qu’il n’était encore qu’un projet de loi, le texte est décrié par le monde de la psychiatrie. Jugé «antithérapeutique» par les uns et accusé de porter des «atteintes considérables aux libertés et aux droits sociaux» par les autres, il a même poussé un collectif à mettre en ligne sa «déclaration d’entrée en résistance»." Une nouvelle forme d'hospitalisation, et la fin des sorties d'essai"

Dans un autre article :

"Le projet de loi institue une nouvelle possibilité d'admission en soins sans consentement lorsque la personne, «sans constituer un trouble grave à l'ordre public (...) doit recevoir des soins immédiats, notamment en raison d'un péril immédiat, imminent, et qu'aucun tiers est présent pour en faire la demande», a indiqué Luc Chatel. Le texte supprime la nécessité d'un deuxième certificat médical pour les HDT [=Le patient est hospitalisé à la suite de la demande d'un proche ou de toute personne agissant dans son intérêt sur la base d'un certificat médical] et introduit une «période d'observation» à l'hôpital de 72 heures maximum, afin de choisir le mode de prise en charge le plus adapté au patient. Il supprime également les «sorties d'essai», seules celles d'une durée de douze heures maximum étant maintenues. Les sorties d'hôpital pour les patients placés en hospitalisation d'office se feront sur avis d'un collège de soignants (deux psychiatres et un cadre infirmier)."