mardi 16 août 2011

Jour 1557

Circulez, y'a rien à voir

Libération, le 13 août 2011 :

""La requête a été rejetée", a-t-on indiqué au tribunal administratif, sans plus de précisions. Les motivations de la décision n'étaient pas immédiatement disponibles.

Le tribunal avait examiné vendredi une requête en référé (procédure d'urgence) déposée par les avocats de Mme Souid, demandant la suspension de l'exclusion de 18 mois, dont 12 avec sursis, signifiée le 26 juillet à la jeune femme. Ceci en attendant un jugement sur le fond où ils demandent une annulation.

L'un des conseils de Mme Souid, Me William Bourdon, avait argué lors de l'audience que la suspension pour six mois de son salaire mettait l'ancienne adjointe de la sécurité (ADS) dans une situation de "grande précarité".

Elle élève seule sa fille de 10 ans, le père ne lui verse "aucune pension alimentaire" et elle ne commencera a percevoir des droits d'auteur sur son livre qu'"à partir d'avril 2012", avait-il fait valoir, jugeant "disproportionnée" la sanction infligée à sa cliente.

La représentante du ministère de l'Intérieur, Pascale Léglise, avait estimé de son côté que Mme Souid avait "violé l'obligation de réserve" à laquelle est soumis "tout fonctionnaire", en "mettant en cause la police nationale sur un ton polémique et outrancier".

En octobre 2010, Mme Souid a publié un livre à succès, "Omerta dans la police" (Ed. Le cherche midi), où elle dénonce un climat de racisme, de sexisme et d'homophobie à la PAF d'Orly.

Elle avait débuté sa carrière à la PAF, avant d'être affectée à la préfecture de police de Paris (PP) comme adjointe administrative.

Un conseil de discipline avait proposé fin mai son "exclusion temporaire de fonction" de 18 mois, dont six avec sursis.

Le ministère de l'Intérieur a finalement opté fin juillet pour une exclusion de 18 mois, dont 12 avec sursis."

EDIT du 24/08, une autre opinion sur le sujet :

"Melle Souid, à part le crédit qu’on pourrait peut-être lui apporter d’avoir éventuellement été témoin d’actes discriminatoires qui restent exceptionnels à la Police de l’Air et des Frontières d’Orly, son ancien service, est totalement bidon. Hystérique lorsqu’on lui apporte la moindre contradiction, elle n’a de plus aucune des qualités de sang froid et d’analyse que nécessite la moindre intervention banale de police, domaine technique qui lui est totalement étranger d’ailleurs.

Depuis des mois, elle tente de se faire passer pour une sorte d’Erin Brockovich à la française, seule contre tous, victime d’un complot généralisé, qu’il soit de l’Etat, de la Halde qui aurait évidemment « bidonné » son dossier pour lui donner tort, des policiers qui ne sont pas d’accord avec elle…

Les médias lui donnent abondamment la parole, sans jamais rien vérifier de ses affirmations. Pourquoi travailler un peu le dossier réel de Melle Souid, alors qu’elle sert, habilement, des arguments pré mâchés ? Les policiers sont donc d’après elle globalement racistes, maintenant on apprend qu’en plus ils sont sans doute généralement sexistes et des pervers sexuels en puissance.

Sa prochaine phase c’est quoi ? Les poncifs sont tellement nombreux sur la Police que la ligne éditoriale des interventions prévisibles de Melle Souid est infinie. Que les policiers sont tous d’extrême droite, alcooliques, analphabètes, incultes et évidemment incompétents ? Sauf elle bien sûr, qui sait tout sur tout, modèle de vertu et de République, nouvelle Marianne d’une presse et de responsables politiques, qui en la soutenant aveuglément sans jamais rien remarquer ni vérifier de ses incohérences, se livrent à une propagande à la fois mensongère et d’une mauvaise foi calculée.

En tête de cette propagande qui est une insulte pour la qualité de la presse en France, l’hebdomadaire le Point, sous la dynamique d’Aziz Zemouri, ami proche de Melle Souid depuis l’origine de ses problèmes administratifs, n’hésitant pas à bidonner de fausses interviews (A la façon « je ne vous connais pas ») de Melle Souid qui ne sont en fait que des communiqués de presse de promotion de son livre qui ne disent pas leur nom.

La meute réclame une meilleure déontologie dans la police, mais où est la leur dans cette affaire ?
"

lundi 15 août 2011

Jour 1556

Des dettes partout

Le Monde, 10 août 2011 :

"Qui achète et possède la dette publique de la France ? Cette question, apparemment simple, est plus complexe qu'il n'y paraît. Et éminemment stratégique, alors que notre pays atteint un record d'endettement, à hauteur de 85 % de son produit intérieur brut (PIB) [...] La dette française est détenue à plus de 65 % par des "non-résidents" français. [...] Le terme de "non-résidents" recoupe une série d'acteurs : fonds de pension, grandes banques, compagnies d'assurance, fonds souverains... Il est impossible de savoir précisément quel pays possède le plus : la loi interdit la divulgation de cette information, à part aux vendeurs eux-mêmes [...] le pays est d'autant plus sensible aux questions de conjonctures que sa dette est placée sur des marchés internationaux.."

dimanche 14 août 2011

Jours 1554 & 1555

Le début de la fin

La Pompe à Phynance de l'économiste Frédéric Lordon, le 11 août 2011 :

"Pareilles aux images aériennes du front de tsunami avançant inexorablement vers une côte japonaise dont le sort est scellé, le déploiement de la crise financière depuis trois ans donne une impression d’irrésistible fatalité, avec en prime cette sorte d’incrédulité un peu stupide de dirigeants qui croient encore pouvoir tout sauver quand tout est déjà compromis. Un choc de la magnitude de la crise dite « des subprime », crise dont on ne redira jamais assez qu’elle a été celle de la finance privée, était voué à produire, via le canal du crédit, une récession dont les conséquences sur les finances publiques s’annonçaient désastreuses. [...] Mais l’essentiel est ailleurs : il est dans le fait que jamais un groupe d’intérêt aussi puissant que celui qui s’est constitué autour de la finance lato sensu ne renoncera de lui-même au moindre de ses privilèges, et que seuls peuvent le mettre à bas la force d’un mouvement insurrectionnel – puisqu’il est bien clair par ailleurs qu’aucun des partis de gouvernement nulle part n’a le réel désir de l’attaquer –, ou bien la puissance dévastatrice d’une catastrophe que son système aura lui-même engendré. A l’évidence, c’est cette dernière hypothèse qui tient la corde, et puisqu’elle déploie maintenant ses effets avec la force de fatalité du tsunami évoqué en ouverture, il ne reste plus qu’à attendre qu’elle accomplisse pleinement ses virtualités… pour en tirer le meilleur parti : reconstruire les institutions de la création monétaire souveraine, avec tout ce qu’elle suppose et de possibilités rouvertes et aussi de rigoureux encadrements ; réinventer des structures bancaires qui à la fois échappent aux prises d’otage de la banque privée et dépassent la forme « nationalisation » vers un système socialisé du crédit ; réduire au minimum minimorum la structure des marchés de capitaux pour lui ôter tout pouvoir de nuisance et d’usurpation. Soit, sur les ruines, enfin tout rebâtir."

vendredi 12 août 2011

Jour 1553

Autre pays, même problème

Le Monde Diplomatique, le 11 août 2011 :

"« Il est évident que certaines choses vont très mal dans notre société », a concédé M. Cameron, dont le gouvernement a mis en place depuis son arrivée au pouvoir, en mai 2010 – grâce à une alliance entre conservateurs et libéraux-démocrates –, un plan d’austérité sans précédent. Le creusement des inégalités qui en résulte avait donné lieu au cours des derniers mois à des protestations qui, bien que d’une nature différente de celles observées ces derniers jours, avaient surpris par leur ampleur, dans un pays où la politique menée par Mme Margaret Thatcher (1979-1990) semblait avoir éradiqué toute velléité contestatrice."

jeudi 11 août 2011

Jour 1552

Fouille de poubelles interdites

Libération, le 11 août 2011 :

"Comment dit-on «Interdit de mendier et de fouiller les poubelles» en roumain ? Dans la banlieue de Lille, le maire de La Madeleine, Sébastien Leprêtre (UMP), vient de signer deux arrêtés municipaux destinés aux Roms, qu’il traduit en roumain et en bulgare. Il évoque «des actes de mendicité avec des enfants» et une fouille «systématique et organisée» des poubelles. Il parle d’une «réalité visible», résultat de «comportements d’individus d’origine roumaine ou bulgare». Il a fait distribuer ces arrêtés, sauf que «90% des Roms ne savent pas lire», signale Patrick Vigneau, directeur de l’Association d’action sociale auprès des Roms (Aréas) à Lille."

mercredi 10 août 2011

Jour 1551

Les états, c'est comme les andouillettes

Le Monde, 10 août 2011 :

"les rumeurs vont bon train sur Internet quant à la décision de S&P de dépouiller les Etats-Unis de leur "AAA". Tout comme la dérision et l'ironie vis-à-vis d'un institut qui avait complètement loupé la bulle immobilière en 2007… [...] Comment s'en étonner du reste puisque leur mission originelle ne fut pas de noter la solvabilité des nations et comment diantre le pourraient-elles avec seulement 100 analystes (chez S&P par exemple) responsables d'étudier et de décortiquer les comptes de 136 pays… ? [...] Belle réussite à la vérité pour des agences passées complètement à côté du montage abracadabrantesque des subprimes qui ne se privent pas aujourd'hui de faire étalage de leur pouvoir en décernant mauvais points et doctes avertissements non seulement à de pauvres petites nations comme la Grèce mais à des géants comme les Etats-Unis d'Amérique. Pourtant, il semblerait bien qu'elles cherchent aujourd'hui à masquer leur incompétence et leur inexpérience à noter les dettes souveraines derrière des jugements politiques ne faisant vraiment pas partie de leurs mandat ou attributions. [...] Comment en est-on arrivé là ? Ces tous puissants instituts qui s'invitent – voire qui infléchissent – les débats politiques, ces agences dont les avis font autorité auprès des Etats et des gouvernements et non les moindres, ne sont en réalité que le symptôme d'un mal bien plus profond : le remplacement de l'Etat-nation par l'hégémonie du marché ! Partant en effet du principe que seuls la création de richesses et les profits sont dignes d'intérêt, la philosophie de l'homme prévalant en ce début de XXIe siècle sacralise tout ce qui est susceptible – comme les agences de notation – d'appréhender les marchés tout en bridant le pouvoir étatique. Les gouvernements se doivent donc d'être réduits à leur portion congrue, sauf bien-sûr lorsqu'ils sont appelés à la rescousse pour sauver les établissements financiers…"

mardi 9 août 2011

Jour 1550

Nauséabond (comme d'habitude)

La droite, dans toute sa splendeur, le Monde, 9 août 2011 :

"C'est le chef de file du collectif "Droite populaire", le ministre des transports Thierry Mariani, qui a pris la tête de cette nouvelle charge. Il propose, dans le Journal du Dimanche du 7 août, "la création d'un fichier généralisé des allocataires qui recense toutes les prestations sociales perçues", une idée à laquelle le ministre du travail, Xavier Bertrand, a semblé accorder son soutien, annonçant un "fichier unique des allocataires sociaux avant la fin de l'année".

L'initiative a déclenché un tollé de la gauche et d'une partie du centre. Le patron du parti radical de gauche, Jean-Michel Baylet, critique un "mauvais coups aux Français les plus modestes", Martine Aubry dénonce une "insupportable manœuvre accusatoire" à l'encontre des "plus faibles" alors que "les fraudes aux cotisations patronales, qui coûtent quatre à cinq fois plus que les prestations sociales indues, ne sont pas inquiétées". Hervé Morin, patron du nouveau centre, juge pour sa part que "ficher les plus pauvres à des fins électoralistes ne saurait être une réponse à la détresse de millions de personnes honnêtes"."