lundi 16 janvier 2012

Jour 1710

Un crétin au palais de justice

Le Figaro, 16 janvier 2012 :

"L'ex-magistrat qui avait dérobé une pendule dans le bureau du président de la cour d'assises pendant le procès du terroriste Illich Ramirez Sanchez, alias Carlos, doit être jugé mardi par le tribunal correctionnel de Paris selon la procédure de la CRPC (comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité, communément appelée «plaider coupable»). Agé de 62 ans, l'intéressé a présenté sa démission peu après les faits: les poursuites disciplinaires initiées à son encontre ont donc été abandonnées. Il est actuellement à la retraite. Le vol simple, sans effraction ni violence, est puni d'une pouvant aller jusqu'à trois ans de prison et 45 000 euros d'amende."
 

dimanche 15 janvier 2012

Jours 1708 & 1709

Vie publique, débat privé

Bug Brother, le 3 janvier 2012 :

"Début décembre, le Monde publiait une enquête édifiante révélant comment la police a fait parler les "fadettes" du Monde, au point d'espionneridentifier, non seulement plusieurs de ses journalistes, mais également des membres de leurs familles, des enfants, et même leurs petits copains... Fin décembre, le procureur Philippe Courroye y répondait par deux lettres ouvertes révélant une partie de sa stratégie de défense. [...] Les axes privilégiés par son avocat révèlent aujourd'hui que si Philippe Courroye a certes espionné des journalistes du Monde, il n'aurait pas pour autant violé la loi : d'une part parce que s'il est interdit de violer le secret des sources des journalistes, ceux qui le font ne peuvent pas pour autant être reconnus comme auteurs d'infraction, mais également parce que le délit de "collecte illicite de données à caractère personnel" ne servirait selon lui qu'à protéger les internautes des méchants spammeurs... [...] Dans la même veine, les défenseurs d'Edvige avaient ainsi avancé qu'ils ne comprenaient pas le problème posé par ce fichier de renseignement policier puisque les internautes "balançaient tout sur Facebook", comme si les dealers, voleurs, espions et autres auteurs d'infractions s'en vantaient sur Facebook (cf Le problème, c’est la vie publique, pas la vie privée). En tout état de cause, ce n'est pas parce qu'on partage, sur le web, sa vie publique -et non sa vie privée, comme on l'entend hélas trop régulièrement, cf Les « petits cons » parlent aux « vieux cons »), que cela autoriserait pour autant un procureur à espionner les appels téléphoniques de journalistes, ou de leurs enfants."

vendredi 13 janvier 2012

Jour 1707

Le petit à peur

Le Monde, 12 janvier 2012 :

"L'ampleur du dispositif de sécurité mis en place pour la visite de Nicolas Sarkozy à Lille, jeudi 12 janvier, est-il disproportionné ? C'est ce qu'affirment un élu local d'opposition et un responsable d'un syndicat de policiers. [...] "Mille deux cents policiers pour 2 h 40 de visite, ça me paraît trop important, surtout en ces temps de restrictions drastiques de budgets et de baisse des effectifs", estime dans le journal Thierry Depuyt, secrétaire zonal du syndicat majoritaire Unité-SGP Police. "Il faut une sécurité pour le président, mais si à chacun de ses déplacements un tel dispositif, au coût faramineux, est mis en place, on peut se poser des questions..." [...] Les députés René Dosière (apparenté PS) et Jean-Jacques Urvoas, secrétaire national du PS à la sécurité, ont déjà critiqué le dispositif "disproportionné" mis en place lors des visites présidentielles, qu'ils jugent "trop onéreux" et plus important que sous les présidences de ses prédécesseurs. Pour MM. Dosière et Urvoas, c'est justement dans le domaine de la protection du chef de l'Etat que des économies pourraient être faites afin de réduire le budget déplacement de l'Elysée."

jeudi 12 janvier 2012

Jour 1706

La justice à coups de briques

Le Monde, 12 janvier 2012 :

"Les députés ont voté mercredi soir la création de 24 000 places de prison supplémentaires d'ici à 2017, dont une partie sera construite dans le cadre de partenariats public-privé (PPP) [...] "Cela veut dire 15 000 surveillants en plus, je ne suis pas sûr que vous avez les budgets", a interrogé pour sa part l'ancienne ministre de la justice socialiste Marylise Lebranchu. Concernant les PPP, elle a estimé que "cela coûtera plus cher" et que "cela rapportera à des grands groupes". La nouvelle prison de Lyon, construite en PPP, avait connu à son ouverture des déboires en 2009."

mercredi 11 janvier 2012

Jour 1705

Tobin powa

Le Figaro, dépêche AFP du 10 janvier 2012 :

"Le Canard enchaîné a déniché la taxe Tobin, ardemment souhaitée par le président Nicolas Sarkozy, au fin fond du code des impôts où elle dormait, jamais appliquée depuis son vote à l'initiative du gouvernement de Lionel Jospin, le 13 décembre 2001. Dans son édition à paraître mercredi, l'hebdomadaire satirique raconte comment cette taxe frappant "les transactions sur devises" et inspirée des travaux du prix Nobel d'économie américain James Tobin avait été votée par la gauche, avec la "neutralité débonnaire du président" Jacques Chirac. [...] Ce texte a même été modifié par une ordonnance du 15 juillet 2009. Il fixe un taux maximum de 0,1% applicable aux transactions de plus de 75.000 euros. Le taux précis doit être fixé par décret. Mais son dernier alinéa le rend inapplicable. Il prévoit que le texte ne prendra effet qu'à "la date à laquelle les Etats membres de la Communauté européenne" auront intégré dans leur législation interne une taxe sur les transactions sur devises, ce qui n'est jamais advenu. Selon le Canard enchaîné, il suffirait de supprimer ce dernier alinéa pour que le texte entre en vigueur." 

La dépêche précise en suite : "Toutefois, le projet sur lequel planche actuellement le gouvernement, à l'instar de la Commission européenne, vise à taxer plutôt les actions, obligations et autres produits financiers."

Ce qui est intéressant car dans un article du magazine Challenges (brûlot gauchiste bien connu) : 

"taxer toutes les transactions financières…sauf les opérations de change. Intrigué, il regarderait les rapports de la Banque des Règlements Internationaux (BRI) pour constater que ces opérations de change représentent pourtant un volume de 4.000 milliards de dollars par jour. Se plongeant ensuite rapport de cette même BRI, sorti le 27 septembre, et intitulé "High Frequency Trading on the Foreign Exchange Market", il apprendrait que 25% des transactions sur ce marché sont fait par des automates bourrés d’algorithmes qui passent des dizaines de milliers d’ordre à la seconde….sans aucune utilité économique. [...] Pourquoi donc taxer les transactions sur les actions, les obligations, les swaps, les options, les CDS et pas les opérations de change ? se demanderait Tobin. D'autant que cet objectif apparaît bien trop ambitieux pour être appliqué. Alors qu'il serait nettement plus facile d’imposer les opérations de change. Car sous l'océan des montants traités, il existe un système hypercentralisé et très bien organisé. [...] Enfin, Tobin apprendrait que cette taxe, à laquelle on associe son nom, pourrait rapporter 55 milliards d’euros par an. "Comment est fait ce calcul" demanderait-il ? "Sur un coin de table" lui répondraient les honnêtes gens. Cela n’étonnerait guère l’économiste qui avait écrit lui-même que "collecter des ressources n’a jamais été ma première motivation". Car si la taxe marche bien, elle doit ralentir les flux financiers et cela ferai baisser les recettes... L’idée de Tobin était bien de casser la spéculation, pas de trouver une nouvelle source de financement."  

Merci à Antoine de m'avoir signaler l'article de Challenges

mardi 10 janvier 2012

Jour 1704

France, terre d'écueils

Le Monde, 10 janvier 2012 : 

"C'est un discours très dur sur l'immigration que devait prononcer, mardi 10janvier, le ministre de l'intérieur, Claude Guéant, place Beauvau. Son thème central: la baisse des flux globaux de l'immigration. Alors que la campagne présidentielle entre dans sa phase la plus intense et que l'électorat du Front national est considéré par la majorité comme l'une de ses principales réserves de voix, M. Guéant a annoncé, mardi, vouloir "revenir à un niveau de flux migratoires connus en France dans les années 1990". [...] Tous ces chiffres restent toutefois à relativiser. Le record des reconduites à la frontière est en partie dû à l'éloignement des Roms. Or ces derniers, citoyens européens, peuvent revenir facilement en France dans le cadre de la libre circulation. Les mêmes personnes peuvent être ainsi éloignées plusieurs fois. La baisse de l'immigration de travail elle, est sans doute moins due à la politique coercitive de M.Guéant qu'à la crise économique. Un phénomène qui a touché l'ensemble des pays d'accueil dans le monde. Au sein de l'OCDE, à la suite de la crise, en 2009, les migrations de travail ont baissé d'environ 6% et les flux de travailleurs temporaires (saisonniers notamment) de 16%."

lundi 9 janvier 2012

Jour 1703

Madelin, ce gros malin de droite

Le Monde, 9 janvier 2012 :

"pour financer les grandes infrastructures publiques, l'Etat, les collectivités territoriales et les établissements publics sollicitent de plus en plus le secteur privé, dans le cadre de partenariats public-privé (PPP). Pour les entreprises privées appelées à participer, c'est la bonne affaire. En revanche, pour l'Etat, les collectivités locales et les contribuables, ce mode de financement constitue un piège [...] Créés par l'ordonnance du 17 juin 2004, sous l'impulsion d'Alain Madelin, les PPP permettent à une entité publique de confier à un seul opérateur privé le financement, la conception, la construction d'un équipement, hôpital, prison, musée, école, ligne de chemin de fer, puis son exploitation et sa maintenance pendant quinze, vingt, voire quarante ans. L'attributaire d'un PPP est principalement rémunéré sous forme de loyers payés par la collectivité publique, l'objectif est d'alléger la dette publique. [...] Le Parisien constate que ce "ce système en apparence vertueux dissimule deux bombes à retardement. Tout d'abord, les loyers versés au privé reviennent au final à payer deux à trois fois plus cher le coût de l'équipement initial". Et de relever que le futur Pentagone français, à Balard, dont le coût initial est évalué à 745 millions d'euros, "coûtera à l'Etat plus de 3,5 milliards d'euros de loyers sur vingt-sept ans". Le quotidien signale aussi que certains contrats peuvent obliger l'Etat ou les collectivités à intervenir sur le plan financier, comme pour le centre hospitalier sud-francilien pour lequel l'Etat a dû verser 115 millions d'euros supplémentaires par rapport au devis d'origine."