lundi 16 avril 2012

Jour 1801

Aidez la recherche sur Google

Le Monde, 16 avril 2012 :

"Sergueï Brin, le cofondateur de Google, se dit, dans une interview au Guardian, très inquiet pour l'avenir de l'Internet libre et ouvert. "Des forces très puissantes se mettent en ordre de bataille contre l'Internet ouvert de tous côtés et partout dans le monde", affirme-t-il. [...] M. Brin a toutefois réservé ses critiques les plus vives à l'industrie du disque et du film. "Elles se tirent une balle dans le pied", juge-t-il, visant les propositions de lois visant à bloquer les sites de téléchargement illégal. Pour le cofondateur de Google, les projets de loi SOPA ou PIPA, pour l'instant repoussés suite à une mobilisation sans précédent d'internautes, auraient conduit les Etats-Unis à utiliser le même type de technologies que la Chine ou l'Iran.

Et la France ? Elle voulait déjà aidé la police Tunisienne au moment du printemps arabe...

dimanche 15 avril 2012

Jours 1799 & 1800

Le beau pays de la Liberté

Libération, 13 avril 2012 :

"La Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a condamné jeudi la France pour violation de la liberté d'expression après une perquisition menée dans les locaux du quotidien Midi libre en 2006 pour des motifs «pertinents mais non suffisants». Les requérants sont quatre journalistes du Midi libre qui avaient rédigé en 2005 plusieurs articles sur la gestion de la région Languedoc-Roussillon en reprenant des extraits d'un rapport de la Chambre régionale des comptes (CRC) mettant en cause la gestion de la région. Sur une plainte de Jacques Blanc, alors président du Conseil régional, pour violation du secret professionnel et recel de violation du secret professionnel, le juge d'instruction avait perquisitionné les locaux du journal le 5 juillet 2006 et saisi divers documents dont une copie du rapport de la CRC. Mis en examen pour recel de violation du secret professionnel, les journalistes avaient obtenu un non-lieu en 2007. «Il y a eu ingérence dans la liberté des journalistes de recevoir ou de communiquer des informations», a souligné la CEDH qui s'est interrogée sur le bien-fondé de la perquisition. «Respect de la déontologie» «La Cour se demande si d'autres mesures que la perquisition au siège de la rédaction du journal n'auraient pas pu permettre au juge d'instruction de rechercher s'il y avait eu violation du secret professionnel», ont relevé les juges siégeant à Strasbourg. Dans son arrêt non définitif, la Cour a noté par ailleurs que les journalistes avaient «fait une présentation claire de la nature du rapport en cause et démontré ainsi leur bonne foi et un souci du respect de la déontologie de leur profession». La CEDH a ajouté que le gouvernement n'avait «pas démontré que la balance des intérêts en présence, à savoir d'une part la protection des sources et d'autre part la prévention et la répression d'infractions, a été préservée». Elle en a conclu «que la perquisition litigieuse est à considérer comme disproportionnée et a violé le droit des requérants à la liberté d'expression». Elle a condamné la France à verser 5 000 euros à chacun des quatre journalistes pour dommage moral."

vendredi 13 avril 2012

Jour 1798

Un peu d'avance sur les politiques françaises

Le Figaro, 13 avril 2012 :

"Le Figaro.- Comment le thème de la dépénalisation de la drogue s'est-il imposé au sommet de Carthagène? Juan Gabriel Tokatlian [directeur du département de sciences politiques et des études internationales de l'université argentine Di Tella]. -Ce sujet a fait l'objet de nombreuses prises de position ces derniers mois de la part des autorités régionales. Juan Manuel Santos, qui est l'hôte du sommet ce week-end, a déclaré en novembre dernier auGuardian: «Une nouvelle approche doit être choisie pour en finir avec les profits générés par le trafic de drogue… Si cela veut dire légaliser et que le monde pense que c'est la solution, je suis d'accord.» Son objectif est d'ouvrir un débat à Carthagène pour dresser le bilan de quarante ans de lutte contre le trafic de drogue. Cette guerre a eu un impact très négatif sur les populations. Le crime organisé n'a jamais été aussi puissant grâce à la prohibition. Pour un résultat nul: la consommation n'a fait que progresser pendant les dernières décennies. Le président guatémaltèque Otto Perez, élu sur une politique de droite de mano dura, a expliqué en février vouloir discuter de la légalisation des drogues. Il est frappant que ce soient les présidents de droite et de centre droit, traditionnels alliés de Washington, qui lui demandent des comptes et l'ouverture du débat sur la question."

jeudi 12 avril 2012

Jour 1797

Un résumé des épisodes précédents

Le Figaro, 12 avril 2012 :

"Affaires Bettencourt et procès Chirac, "désenchantement démocratique", "concentration des pouvoirs asphyxiante" et "névrose obsessionnelle de l'étranger" : la Ligue des droits de l'homme (LDH) dénonce dans son rapport annuel "les tares qui minent la République". Dans ce rapport 2012 paru aujourd'hui, la LDH juge sévèrement "le bilan" des cinq années sous la présidence de Nicolas Sarkozy, mais aussi "l'endogamie" de la classe politique en général. "La sortie du présidentialisme sans responsabilité ni contrôle, la garantie d'une indépendance plus effective des contre-pouvoirs (juges constitutionnels, magistrats judiciaires, autorités indépendantes), la fin du cumul des mandats" devraient notamment "être considérés comme de véritables mesures de salut public démocratique", y prônent Stéphane Hessel, ancien grand résistant et auteur du best-seller "Indignez-vous", et Jean-Pierre Dubois, président d'honneur de la LDH. Le bilan du président-candidat Nicolas Sarkozy est très critiqué. "Les promesses - qu'elles concernent les retraites ou les impôts - ont surtout alimenté colère, frustration et distance vis-à-vis d'un 'système' perçu comme organisant le 'lâchage' des catégories ouvrières et populaires par les couches moyennes et supérieures", dénonce le président de la LDH Pierre Tartakowsky. La LDH se montre également très virulente avec les "affaires" qui ont touché l'exécutif. "Au cours de ce quinquennat (...) 'la France qui se lève tôt' a découvert avec effarement, au fil des aventures de la famille Bettencourt, une société fin de race où l'on s'offre des îles, où l'on embauche la femme d'un ministre des Finances pour mieux frauder le Trésor public, où les chèques valsent au rythme des 'candidats méritants', lesquels, sous forme de bouclier fiscal, renvoient élégamment l'ascenseur", a déploré M. Tartakowsky."

mercredi 11 avril 2012

Jour 1796

Résistant un jour...

Le Monde Diplomatique, 11 avril 2012 :

"Raymond Aubrac est mort. Figure légendaire de la Résistance, homme de conviction resté fidèle à ses idéaux, il fut l’objet, avec sa femme Lucie, d’une campagne de calomnies, sur la base de déclarations faites par l’ancien SS Klaus Barbie et reprises par son avocat Jacques Vergès, selon lesquelles il aurait livré Jean Moulin à la Gestapo. Libération et Serge July organisèrent le 17 mai 1997 une sorte de procès des époux Aubrac — une « détestable mise en scène », dira Lucie Aubrac, dont elle était sortie « humiliée ». [...] De Raymond Aubrac, qui nous avait fait l’honneur de participer en 2004 au cinquantième anniversaire de ce journal (voir son intervention dans la vidéo ci-dessus), on retiendra la volonté de jeter un pont entre la résistance d’hier et celle d’aujourd’hui. Le programme du Conseil national de la résistance (CNR), réuni à partir de 1943 pour préparer l’après-guerre, n’insistait-il pas sur sur les droits sociaux et l’égalité des citoyens, sur la primauté de l’intérêt général dans la gestion des ressources nationales et dans la définition d’une République nouvelle ?"

mardi 10 avril 2012

Jour 1795

Une vidéo qui m'avait échappée

 
Big Brother State (fr) par aurialie

lundi 9 avril 2012

Jour 1794

Ne pas désespérer

Le blog Chroniques Judiciaires du Monde, le 8 avril 2012 :

"C’est une sale affaire de violence et de misère. Une de celles auxquelles on rechigne à s’intéresser parce que tout cela semble trop loin, trop moche et qu’on en a bien assez comme ça. C’est ce que l’on pensait, au début. Comme sans doute les six jurés – quatre femmes, deux hommes – tirés au sort devant la cour d’assises du Nord pour juger Alexandra Guillemin, 32 ans, qui comparaissait pour le meurtre de son mari, Marcelino. Un soir de juin 2009, dans la cuisine de leur appartement à Douai, cette mère de quatre enfants a dit à son mari qu’elle voulait le quitter. Il a explosé de fureur, a cherché à l’étrangler, elle a saisi un couteau de cuisine. La plaie dans le cou mesurait 13,5cm de profondeur. Il est mort sur le coup, « dans une mare de sang », dit le procès-verbal des policiers. Voilà pour les faits. [...] Alexandra avait 17 ans, elle était en première, au lycée, quand elle a rencontré Marcelino, un gitan sédentarisé, de quatorze ans son aîné. Elle est tombée amoureuse, a claqué la porte de chez sa mère qui ne l’aimait guère et rompu avec son père qui était en colère. Quelques mois plus tard, elle s’est mariée, le premier des quatre enfants est né et Alexandra Guillemin a renoncé à passer son bac. Le reste est un long calvaire. Une épouse que l’on viole, frappe, insulte et humilie. Que l’on menace lorsqu’elle murmure des confidences à sa sœur au téléphone ou cherche à voir son père. Que l’on épie quand elle se tente de se confier à l’assistante sociale. Que l’on écrase et engloutit. Au XXIème siècle, dans une ville française, une ombre dans une caverne. [...] Luc Frémiot est avocat général [...] Il a crucifié du regard cet officier de police judiciaire concédant un « dysfonctionnement » quand on lui a demandé d’expliquer comment et pourquoi son service n’avait pas jugé nécessaire de donner suite à la plainte que voulait déposer Alexandra Guillemin contre son mari. Elle avait l’œil tuméfié, on lui a conseillé une main courante et on l’a renvoyée chez elle parce que « ça ne saignait pas ». [...] 

[Il plaide ensuite :] 

Alexandra Guillemin, nous avions rendez-vous. C’est un rendez-vous inexorable, qui guette toutes les victimes de violences conjugales. Ce procès vous dépasse parce que derrière vous, il y a toutes ces femmes qui vivent la même chose que vous. Qui guettent les ombres de la nuit, le bruit des pas qui leur fait comprendre que c’est l’heure où le danger rentre à la maison. Les enfants qui filent dans la chambre et la mère qui va dans la cuisine, qui fait comme si tout était normal et qui sait que tout à l’heure, la violence explosera. Elles sont toutes sœurs, ces femmes que personne ne regarde, que personne n’écoute. Parce que, comme on l’a entendu tout au long de cette audience, lorsque la porte est fermée, on ne sait pas ce qui se passe derrière. Mais la vraie question, c’est de savoir si l’on a envie de savoir ce qui se passe. Si l’on a envie d’écouter le bruit des meubles que l’on renverse, des coups qui font mal, des claques qui sonnent et des enfants qui pleurent. Ici, dans les cours d’assises, on connaît bien les auteurs des violences conjugales. De leurs victimes, on n’a le plus souvent qu’une image, celle d’un corps de femme sur une table d’autopsie. Aujourd’hui, dans cette affaire, nous sommes au pied du mur, nous allons devoir décider. Mon devoir est de rappeler que l’on n’a pas le droit de tuer. Mais je ne peux pas parler de ce geste homicide sans évoquer ces mots des enfants : « Papa est mort, on ne sera plus frappés ». «Papa, il était méchant ». « Avec nous, il se comportait mal, mais c’était rien comparé à ce qu’il faisait à maman ». On n’a pas le droit de tuer, mais on n’a pas le droit de violer non plus. D’emprisonner une femme et des enfants dans un caveau de souffrances et de douleur. Je sais la question que vous vous posez. « Mais pourquoi Alexandra Guillemin n’est-elle pas partie avec ses enfants sous le bras ? » Cette question est celle d’hommes et de femmes de l’extérieur, qui regardent une situation qu’ils ne comprennent pas et qui se disent : « Mais moi, je serais parti ! ». En êtes-vous si sûr ? Ce que vivent ces femmes, ce qu’a vécu Alexandra Guillemin, c’est la terreur, l’angoisse, le pouvoir de quelqu’un qui vous coupe le souffle, vous enlève tout courage. C’est sortir faire les courses pendant cinq minutes parce que celui qui vous envoie a calculé exactement le temps qu’il vous faut pour aller lui acheter ses bouteilles de bière. Et c’est à cette femme là que l’on voudrait demander pourquoi elle est restée ? Mais c’est la guerre que vous avez vécu, Madame, la guerre dans votre corps, dans votre cœur! Et vous, les jurés, vous ne pouvez pas la juger sans savoir les blessures béantes qu’elle a en elle. C’est cela être juge, c’est être capable de se mettre à la place des autres. Alexandra Guillemin, il suffit de l’écouter, de la regarder. De voir son visage ravagé. Mais un visage qui change dès qu’elle parle de ses enfants. On a beaucoup dit d'elle qu’elle était « passive ». Mais c’est une combattante, cette femme! Ses enfants, elle leur a tenu la tête hors de l’eau, hors du gouffre. Il n’y a pas beaucoup d’amour dans ce dossier, mais il y a le sien pour ses enfants, et ça suffit à tout transfigurer. Ils ont 13, 11, 8 et 6 ans aujourd’hui, ils vous aiment, ils seront votre revanche. Nous, la question que nous devons nous poser, c’est : « de quoi êtes-vous responsable, Alexandra Guillemin ? » Quelle serait la crédibilité, la légitimité de l’avocat de la société qui viendrait vous demander la condamnation d’une accusée, s’il oubliait que la société n’a pas su la protéger ? Alors, je vais parler de légitime défense. Est-ce qu’au moment des faits, Alexandra Guillemin a pu penser qu’elle était en danger de mort ? Est-ce qu’en fonction de tout ce qu’elle a vécu, subi, elle a pu imaginer que ce soir là, Marcelino allait la tuer ? Mais bien sûr ! Cela fait des années que ça dure. Alexandra a toujours été seule. Aujourd’hui, je ne veux pas la laisser seule. C’est l’avocat de la société qui vous le dit : vous n’avez rien à faire dans une cour d’assises, Madame. Acquittez la ! »."