lundi 2 juillet 2007

Jour 57

Herr Doktor Juppé

Dans une interview accordé au journal Sud-Ouest, Juppé continue à montrer le meilleur de lui-même:

"je ne suis pas sûr d'avoir changé. On est comme on est. On a un patrimoine génétique, une hérédité, une éducation, une personnalité et, sauf exception, on n'est pas totalement différent de ce qu'on est à ses origines." (mon emphase)

dimanche 1 juillet 2007

Jour 55 & 56

Téléphonez, vous êtes filmés

Visualiser les déplacements en temps réel est maintenant possible, dans le Monde du 30 juin:

"Des chercheurs du MIT, auteurs de ce comptage inédit, ont révélé qu'ils avaient utilisé... les signaux émis par les téléphones mobiles [...] jamais une foule entière n'avait été suivie à la trace, comptée, et même qualifiée, puisque les signaux téléphoniques permettent tout de même de distinguer les numéros locaux et étrangers. [...] Les chercheurs du MIT sont persuadés que leur technique, et les informations qui en découlent, sont susceptibles d'intéresser une multitude d'acteurs économiques dans une ville"

Cela tombe bien car le 27 juin 2007 on pouvait lire sur le site du ministère de l'intérieur:

"Il convient de faire progresser sur le plan technologique les moyens et capacités d'action des services de sécurité intérieure."

vendredi 29 juin 2007

Jour 54

Minipac

Et je vous présente maintenant Jean-Louis Borloo et son "Ministère du passage à l'acte":

"Le développement durable s’inscrit dans le progrès : ce n’est pas une régression. Son ambition c’est la croissance"

L'économiste Serge Latouche rappelle pourtant que :

"« Durable » ou « soutenable », elle demeure dévoreuse du bien-être. C’est donc à la décroissance qu’il faut travailler : à une société fondée sur la qualité plutôt que sur la quantité, sur la coopération plutôt que la compétition, à une humanité libérée de l’économisme se donnant la justice sociale comme objectif."

Ce qui ne n'empêche pas Borloo d'affirmer:

"Je crois qu’il faut d’ailleurs rendre hommage à ces pionniers de la cause environnementale, en France et dans le monde."

Comme le fait par exemple sa secrétaire d'état à l'écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet :

"La réponse apportée par les décroissants est rétrograde, radicale et teintée d’idéologie. Il y a dans cette théorie beaucoup de malthusianisme sur lequel on ne peut bâtir aucun projet de société. " Réforme, 8 mars 2007.

Il suffit ensuite de bien lire le discours de Jean-Louis pour se faire une idée de sa définition de la démocratie:

"L’opinion publique française [...] est prête : il faut l’aider, la guider"

"[Les français] attendent qu’on les guide et qu’on les accompagne."

"il s’agit de convaincre les Français de changer de comportement et de les accompagner dans cette démarche."

"A nous de les informer, de les inciter et de les accompagner."

La France a enfin son grand timonier.

jeudi 28 juin 2007

Jour 53

Musique de chambre
Sur le site de l'Elysée:

"Le Président de la République se réjouit de la nomination de Tony Blair comme envoyé spécial du Quartet au Proche-Orient.

Ses qualités d'homme d'État et sa connaissance de la région seront déterminantes pour accompagner les Palestiniens dans le processus de renforcement de leurs institutions et leur permettre de retrouver le chemin de la paix et des réformes.

Le Président de la République adresse à Tony Blair ses meilleurs vœux de succès et de réussite dans cette nouvelle et difficile mission."

Pourtant, d'après le journaliste Robert Fisk dans l'Independent:

"Voici un homme totalement discrédité dans la région - un politicien qui toujours échoué dans tout ce qu'il a tenté au Moyen-Orient - qui croit maintenant qu'il est la bonne personne pour diriger le Quartet et aider la Palestine"

Du coup Robert Fisk ne recevra pas la légion d'honneur, contrairement à Barbra Streisand qui rejoint ainsi aujourd'hui ce club très select dont fait parti Vladimir Poutine.

mercredi 27 juin 2007

Jour 52

Tu me fais Suez

Dans le Figaro du 27 juin 2007:

"On le croyait enterré... en réalité, il n'a jamais été aussi proche : le projet de fusion entre Suez et Gaz de France, annoncé voilà un an et demi, serait sur le point de se concrétiser. Selon nos informations, le mariage pourrait être officialisé en milieu de semaine prochaine."

A l'assemblée nationale,le 15 juin 2004, le petit Nicolas anonnait:

"Puisque des inquiétudes se sont exprimées à ce sujet, je le redis avec force : conformément aux engagements du Président de la République et du Gouvernement, EDF et Gaz de France ne seront pas privatisées."

Un mensonge de plus dont les conséquences ont déja été évaluées il y a plusieurs mois dans le Monde Diplomatique:

"Si, partout, gaziers et électriciens se marient, pourquoi avoir fait divorcer Gaz de France d’EDF, il y a deux ans, pour le marier maintenant avec Suez ? », s’interroge le député UMP Pierre Lellouche. Car la plongée de GDF et du secteur de l’énergie dans le bain de la concurrence fera une autre victime: [EDF] n’aura d’autre possibilité que de se rapprocher d’un ensemble de sociétés privées. Quant aux conséquences pour les consommateurs, on peut déjà les prévoir : « La mise en concurrence des services publics n’a jamais fait baisser les prix, ni en France ni ailleurs. Pas plus dans les télécoms que dans l’énergie », souligne M. Christian Bataille, vice-président socialiste de la commission des affaires économiques. A partir du 1er juillet 2007, les particuliers verront d’ailleurs monter leur facture, qu’ils changent ou non de fournisseur de gaz et d’électricité." (mon emphase)

Mais heureusement:

"Le moral des industriels s'est redressé en juin en France alors que les chefs d'entreprise interrogés font état d'un "optimisme grandissant sur la situation globale de leur secteur", selon l'enquête mensuelle dans l'industrie publiée mercredi par l'Institut national de la statistique (Insee)." la Tribune, 27 mai.

Le cadeau bonus nous est offert (en partie) par le Monde du 27 juin:

"Bernard Squarcini s'est aussi rendu précieux auprès de Nicolas Sarkozy en d'autres circonstances. Pendant son éloignement de l'intérieur, à Bercy, puis lors de la campagne présidentielle. Il était un de ceux chargés "d'anticiper et de détecter les coups dans l'opération "Tout sauf Sarko", explique-t-il."

Ce joyeux drille "a été nommé mercredi 27 juin, en conseil des ministres, à la tête de la Direction de la surveillance du territoire (DST) [et] sera chargé par le président d'un grand chantier : celui de la fusion entre les deux services [DST et Renseignements généraux], qui viennent de s'installer dans des locaux communs à Levallois-Perret"

Un homme qui avait déclaré en 1999 devant la commission d'enquête parlementaire sur le fonctionnement des forces de sécurité en Corse:

"J’ai choisi les renseignements généraux pour éviter d’avoir des contacts avec les magistrats."

Méfiance envers des juges qui ne comprennent pas vraiment les terroristes:

"Sans revenir à ce que l’on a connu avec la cour de sûreté de l’Etat, il y a peut-être quelque chose à faire [pour améliorer le dispositif antiterroriste]."

Et de conclure son audition avec cet échange suivant:

"M. Bernard SQUARCINI : [...] Je ne suis pas juge.

M. le Président : C’est pourquoi vous avez choisi la police.

M. Bernard SQUARCINI : Absolument. Mais ensuite j’essaierai la politique, vous m’avez converti."

mardi 26 juin 2007

Jour 51

La fin de la naïveté

La Tribune/Reuters, 21 juin:

"Dassault Aviation a annoncé lors du salon aéronautique du Bourget une commande d'avions d'affaires Falcon 2000LX par la compagnie National Air Services (NAS) d'Arabie Saoudite [...] Cette commande de jets d'affaires, d'un montant total de plus de 500 millions de dollars avec les options, est la plus importante jamais réalisée dans cette région"

Cela tombe bien car le 21 juin justement, Nicolas a reçu Abdallah Bin Abdelaziz Al Saoud, Roi d'Arabie Saoudite, le jeudi 21 juin à 12h30 au Palais de l'Elysée:

"Le Président SARKOZY aura à cœur de saluer les initiatives saoudiennes pour défendre la paix au Proche-Orient, et les succès remportés par les forces de sécurité saoudiennes dans la lutte contre le terrorisme."

Un beau pays dont la situation est ainsi décrite par le département d'état américain (sic) en 2004:

"Le bilan des brutalités et des violations des droits de l'homme en Arabie saoudite est cependant beaucoup plus sombre que ne le laisseraient paraître ces quelques progrès. Des sources d'informations crédibles ont fait état de tortures et de mauvais traitements infligés aux prisonniers par les forces de sécurité, d'arrestations arbitraires et de détention secrète. La police religieuse a continué de menacer, de maltraiter et de détenir des citoyens et des étrangers. La plupart des procès ont eu lieu à huis clos, et les accusés comparaissent généralement devant les juges sans conseil juridique. Les forces de sécurité ont arrêté et détenu des réformateurs. Le gouvernement a continué de restreindre la liberté d'expression et de presse, de réunion, d'association et de mouvement, et aurait selon certaines sources porté atteinte au respect de la vie privée des individus. La violence et la discrimination à l'égard des femmes, la violence à l'encontre des enfants, la discrimination à l'égard des minorités ethniques et religieuses et les restrictions importantes des droits des travailleurs subsistent."

Heureusement que Nicolas avait promis:

"Je veux lancer un appel à tous ceux qui dans le monde croient aux valeurs de tolérance, de liberté, de démocratie et d’humanisme, à tous ceux qui sont persécutés par les tyrannies et par les dictatures, à tous les enfants et à toutes les femmes martyrisés dans le monde pour leur dire que la France sera à leurs côtés, qu’ils peuvent compter sur elle."

lundi 25 juin 2007

Jour 50

Big Brother is watching Dailymotion

Dans le Figaro du 25 juin, on pouvait lire que:

"Séverin Naudet, jusqu’ici directeur des contenus et de la communication du site français d’échange de vidéos Dailymotion, l’un des leaders mondiaux du secteur, rejoint le cabinet du premier ministre. Il est nommé conseiller technique chargé de la presse. Martin Rogard, quant à lui, fait le voyage inverse. Chef du pôle multimédia au département de l’Information et de la Communication du ministère de la Culture et de la communication, il va reprendre les fonctions de Séverin Naudet comme directeur des contenus France."

Ce n'est pas forcément anodin si l'on en croit l'école des hautes études en sciences sociales:

"on peut affirmer qu'il existe aujourd'hui en France deux systèmes d'information parallèles, aux caractéristiques complémentaires et en partie antagonistes. Face à la superficialité du traitement médiatique de la campagne qui a marqué les dernières semaines, la demande exaspérée d'une information politique de fond s'est adressée ailleurs. Pour prendre la mesure de la modification du paysage, qu'il suffise de rappeler les règles strictes auxquelles la communication politique est astreinte en période de campagne – alors que nul CSA ne viendra contrôler le bouillonnement des canaux parallèles."

Avoir un peu de contrôle sur ce "bouillonnement"serait-il à l'ordre du jour ?

Parano que vous êtes...

Et dans la série "nouvelle stupide", dans la Tribune du 25 juin:

"Selon le récit du gouverneur américain, arrivé dans la cour d'honneur à bord d'un imposant 4x4 noir, la discussion avec Nicolas Sarkozy a notamment porté sur la lutte contre le réchauffement climatique, dont il a lui-même fait une priorité." (mon emphase).