vendredi 31 août 2007

Jour 116

Le géant vert

Le Monde du 29 août 2007 :

"Un peu plus tôt dans la journée, Jean-Louis Borloo, le ministre de l'écologie, avait annoncé la création d'une Haute Autorité sur les organismes génétiquement modifiés (OGM) [...] Interrogé sur RMC, le numéro deux du gouvernement s'est prononcé pour "une transparence totale et responsable sur les cultures en plein champ des OGM"."

On se demande quelles données cette autorité va utiliser. Dans les Echos du 31 août on apprends en effet que :

"A l'heure où le budget de la recherche pour 2008 est en cours de discussion, l'enquête réalisée par l'Institut Necker de Paris dresse un bilan peu flatteur de la communauté scientifique française en charge des sciences du vivant."

Cette enquête précise bien que 6% du budget de la recherche est consacré à l'environnement et à l'écologie contre 31% pour la Défense... Et pour donner un peu de perspective :

"la part des sciences du vivant y est 3 fois plus faible que dans les grands pays : 15% (1,5 milliards €), contre 40% en Grande-Bretagne et en Allemagne et 50% aux Etats-Unis, où ils sont, en euros, 15 fois supérieurs (30 milliards) et 4 fois plus par habitant."

Les conclusions de la "Haute Autorité" risquent bien de briller par leur transparence.

jeudi 30 août 2007

Jour 115

Justice pour tous

Sur le site du Figaro, le 30 août 2007, suite à l'intervention de Nicolas à l'université d'été du MEDEF :

"Nicolas Sarkozy a aussi annoncé qu'il avait demandé à Rachida Dati de lui faire rapidement des propositions pour lutter contre la pénalisation du droit des affaires."

Comment ne plus avoir de criminalité en col blanc ? En cessant d'appeler les responsables des criminels, tout simplement...

mercredi 29 août 2007

Jour 114

Lolo en ferrari

Sur le site du Monde (à paraître dans le n° du 30 août), le retour de l'impayable Lolo Parisot :


"Or [les entreprises] supportent les prélèvements obligatoires les plus élevés au monde et elles ont vu leur taux de marge baisser significativement depuis dix ans."


Les Echos, le 13 mars 2007 :

"Pourtant, en privé, les chefs d'entreprise sont unanimes : le paysage fiscal français s'est beaucoup amélioré ces dernières années. « On ne le dit sans doute pas assez », avoue l'un deux."


"Il faut expliquer un paradoxe apparent : on embauchera plus s'il est moins compliqué de licencier."
Comme dans le cas du CNE :

"la cour d'appel de Paris a jugé que " le CNE prive le salarié de l'essentiel de ses droits en matière de licenciement [et que] cette régression va à l'encontre des principes fondamentaux du droit du travail "." (source : les Echos du 5 août 2007).

Et sur le site du Medef, il y a toujours de quoi s'amuser :

Concernant l'université d'été du MEDEF :

"Le premier thème est « Fair play or not fair play, telle est la question »."

On peut supposer que Lolo et Cricri Lagarde ont eu le même (mauvais) professeur de littérature.

"Ce sont les circonstances de la vie, quant j’étais à Sciences Po qui ont fait que je suis allée vers le métier de sondeur. D’une certaine façon, faire du sondage d’opinion publique a quelques points communs avec votre métier [le journalisme]. En tout cas, il y a en a un qui est évident : c’est que votre métier, comme le mien, est consubstantiel à la démocratie."

Pierre Bourdieu, en 1996 :

"La science sociale rappelle les limites d'une technique qui, comme le sondage, ne livre que des opinions agrégées, à la manière d'un vote, et qui, à ce titre, peut devenir un instrument rationnel de gestion démagogique, subordonnée aux forces sociales immédiates [...] et n'est rien d'autre qu'une forme à peine déguisée de marketing."


"La liberté de la presse ne peut pas se concevoir sans la liberté d’entreprise, sans la liberté d’entreprendre. C’est l’entrepreneur qui crée le journal ou le groupe d’entrepreneurs."


"«D’évidence en France, la situation se dégrade », explique Elsa Vidal, responsable du bureau Europe pour Reporters sans frontières. En effet, contrairement à ce que l’on pourrait croire, la France ne se situe parmi les pays où la presse est la plus libre... Des puissances financières, comme politiques, font de plus en plus pression. Les journalistes sont de plus en plus contrôlés. « La presse en France ne doit pas déranger. Et une liberté qui ne dérange pas, n’en est pas une », continue-t-elle.Qu’en est-il de cette liberté dans le monde ? N’y a-t-il qu’en France que cela est le cas ? D’évidence non. La France se trouve à la 35e place du classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans Frontières. A la même place que la Bulgarie, l’Australie et le Mali." (Source, Agoravox, le 3 mai 2007)


"un patron de presse n’est pas un patron comme un autre. Dans ce domaine, plus que dans d’autres domaines, il doit y avoir une sensibilité particulière aux produits et pour moi, dans ce raisonnement, le mot produit n’est pas péjoratif."


Je ne crois pas... :

"Pour remplir leur fonction démocratique, les médias doivent être soustraits à l’emprise des pouvoirs économiques et politiques. Or ce n’est manifestement le cas ni des médias privés, ni des médias publics. Les logiques financières qui prévalent dans les premiers ont désormais gagné les seconds. Les pouvoirs publics, loin de garantir l’égalité du droit d’accès aux médias, le pluralisme de l’information et l’indépendance des journalistes, laissent faire et se contentent d’un pluralisme de façade. Il est urgent que cela change." (Observatoire des Médias, 3 octobre 2006).

mardi 28 août 2007

Jour 113

Aujourd'hui la France, demain, le Monde

Nicolas parle aux ambassadeurs et donne sa vision de la diplomatie :

"une globalisation qui, depuis 1990, a permis de multiplier par deux le PIB mondial et d'augmenter de 50% le niveau de vie moyen."

Aucun mot en revanche sur la répartition de toute cette richesse... Alors pour ceux du fond qui n'écoutent pas :

"L’écart qui sépare les gens riches des gens pauvres, dans les pays en développement tout comme dans les pays développés, se creuse lui aussi. Les 2 % les plus riches de la population adulte du monde possèdent aujourd’hui plus de la moitié de la richesse des ménages du monde alors que les 50 % les plus pauvres n’en possèdent qu’à peine 1 %. Les bénéfices de la croissance mondiale sont donc très inégalement répartis.[...] Durant les dernières décennies du XXe siècle, il était considéré, cette opinion étant largement répandue, qu’une marée montante d’intégration économique mondiale bénéficierait à tous. [...] Mais de nombreux autres pays pauvres n’ont pas été portés par la vague et ne sont toujours pas intégrés dans l’économie mondiale. On assiste de même à un phénomène analogue au sein de la plupart des pays, où de vastes segments de la population ne profitent pas des bienfaits de la croissance."
Rapport annuel 2007 du Programme des Nations-Unies pour le Développement.

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"confrontée aussi aux risques de ce début de XXIe siècle : des flux migratoires de moins en moins maîtrisés"

Une tribune de Peter Sutherland, représentant spécial du secrétaire général de l'ONU pour les migrations dans le Figaro du 13 juin 2006 :

"Vous pourriez penser, à la lecture des titres de la presse ces jours-ci, que les flux migratoires sont une sorte de fléau. Les discussions sont en effet centrées sur les murs et bateaux qui pourraient servir à barrer la route aux migrants. C'est assez pour vous faire oublier que l'infirmière qui soigne votre mère vient du Ghana, que le cuisinier qui prépare votre dîner est originaire de Chine, et que l'inventeur de votre moteur de recherche préféré a été un réfugié de sept ans fuyant un État totalitaire. [...] Aujourd'hui, les immigrés sont non seulement capables d'apporter une contribution à leur nouveau pays, comme ils ont toujours fait, mais peuvent plus facilement aider également leurs pays d'origine. Les flux importants de transferts qui, l'année dernière, ont excédé 230 milliards de dollars et surpassent maintenant l'aide internationale [...] Les migrations sont mère du progrès et de l'innovation. La volonté et le courage nécessaires pour laisser derrière soi sa famille et son pays sont les mêmes qui ont toujours animé entrepreneurs et innovateurs au cours de l'Histoire. Aujourd'hui, notre monde est façonné par l'industrie des immigrés." (Mon emphase)

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"Premier défi : comment prévenir une confrontation entre l'Islam et l'Occident, voulue par les groupes extrémistes tels qu'Al Qaeda"

Il y a pourtant d'autres extrémistes que Nicolas ne nomme pas. Robert Fisk cite ainsi Pat Buchanan (conservateur, ancien conseiller de Ford, Nixon et Reagan, pas exactement un commie) qui disait déja en 2003 :

"Nous lancerons bientôt une guerre impériale contre l’Irak avec toute la bravoure des « en avant a Berlin ! » des poilus français et des tommies britanniques en marche en août 1914. Mais cette invasion ne sera pas la guerre fleur au fusil que les néoconservateurs prévoient... Cet Islam militant qui compte une masse de millions de vrais croyants n’acceptera jamais que George Bush dicte le destin du monde islamique... [...] L’effort particulier dans lequel les peuples islamiques excellent est celui d’expulser les puissances impériales par la terreur et la guérilla. Ils ont conduit les Britanniques hors de la Palestine et d’Aden, les Français hors de l’Algérie, les Russes hors de l’Afghanistan, les Américains hors de la Somalie et de Beyrouth, les Israéliens hors du Liban... Nous avons mis en marche la route vers l’empire et au-dela la prochaine colline nous rencontrerons ceux qui y étaient avant. " (traduction de monsieur K, lecteur du blog du Monde Diplomatique.)

Nicolas parviens même à parler de la "tragédie irakienne" sans citer UNE seule fois les Etats-Unis :

"La tragédie irakienne ne peut pas nous laisser indifférents. La France était et demeure hostile à cette guerre. Que l'histoire nous ait donné raison ne nous dispense pas d'en mesurer les conséquences : une nation qui se défait dans une guerre civile sans merci ; un affrontement entre chiites et sunnites qui peut embraser tout le Moyen-Orient"

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"comment intégrer dans le nouvel ordre global les géants émergents que sont la Chine, l'Inde ou le Brésil ? Moteurs de la croissance mondiale [...] ils veulent que leur nouveau statut soit reconnu, sans être toujours prêts à respecter des règles qui sont pourtant dans l'intérêt de tous."

Qui édicte ces règles ? Le FMI et la Banque Mondiale. Joseph Eugène Stiglitz, prix nobel d'économie en 2001 et ancien économiste en chef de la Banque Mondiale donne son avis (résumé) sur le sujet :

"Les pays récalcitrants aux recettes ultra-libérales du FMI se voient opposer l'arme de la conditionnalité pour l'obtention de prêts. [...] Le FMI peut recourir au chantage, en fractionnant le versement du prêt qu'il octroie à chaque degré supplémentaire de libéralisation [...] Dans de nombreux cas, cette méthode est contre-productive, suicidaire [...] et ne réduit en rien la pauvreté (le pays s'endette encore plus et les élites continuent de s'enrichir)."

Selon Stiglitz lui-même : "l'Occident a organisé la mise en place de la mondialisation de façon à recevoir une part disproportionnée de ses bénéfices, aux dépens du monde en développement."

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"Je suis de ceux qui pensent que les liens anciens et de tous ordres qui nous unissent aux peuples de la Méditerranée et, au-delà, de l'Afrique sont un atout, une chance pour peu que nous ayons l'ambition et la volonté de les organiser et de les renforcer, en rompant définitivement avec d'anciennes pratiques"
Comme le démontre en long, en large et en travers la Cellule Françafrique via cet article d'Achille Mbembe chercheur camerounais et professeur d’histoire et de science politique à Johannesburg :

"Dans sa « franchise » et sa « sincérité », Nicolas Sarkozy révèle au grand jour ce qui, jusqu’à présent, relevait du non-dit, à savoir qu’aussi bien dans la forme que dans le fond, l’armature intellectuelle qui sous-tend la politique africaine de la France date littéralement de la fin du XIXe siècle. Voici donc une politique qui, pour sa mise en cohérence, dépend d’un héritage intellectuel obsolète, vieux de près d’un siècle, malgré les rafistolages. [...] Ainsi, pour s’adresser à « l’élite de la jeunesse africaine », Henri Guaino [auteur du discours] se contente de reprendre, presque mot à mot, des passages du chapitre consacré par Hegel à l’Afrique dans son ouvrage La raison dans l’histoire [...] Pour l’heure, et s’agissant de l’Afrique, il manque tout simplement à la France le crédit moral qui lui permettrait de parler avec certitude et autorité. Voilà pourquoi le discours de Nicolas Sarkozy à Dakar ne sera, ni écouté, encore moins pris au sérieux par ceux à qui il était supposé s’adresser."

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"Nous devons progresser avec pragmatisme, avec ambition, sans a priori idéologique, avec pour principal souci la sécurité du monde occidental."
(mon emphase)
Le Darfour, l'Irak... et le monde occidental. On voit bien les priorités de Nicolas.

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"Prévenir une confrontation entre l'Islam et l'Occident, c'est encore aider, comme la France le propose, les pays musulmans à accéder à l'énergie du futur : l'électricité nucléaire" (mon emphase)"

Irlande : Malgré une décision de construction en 1974, aucune centrale n'a vu le jour.

Grande-Bretagne : Elle a gelé tout développement de programme.

Danemark : Les 5 réacteurs nucléaires prévus en 1976 n'ont jamais vu le jour En 1985, le gouvernement a pris définitivement position contre l'énergie nucléaire.

Pays-Bas : Le dernier réacteur nucléaire en activité devrait être arrête d'ici 2003.

Belgique : Fermeture des réacteurs nucléaires au fur et à mesure de leur vieillissement.

Luxembourg : Pas de réacteurs nucléaires.

Allemagne : Fermeture des 19 centrales prévue dans le contrat de gouvernement SPD -Grünen.

Autriche : Abandon du nucléaire après référendum en 1978. La seule centrale du pays, construite, n'a jamais fonctionné.

Suisse : Le Conseil Fédéral a décidé en 1998 d'abandonner progressivement le nucléaire.

Espagne : Aucune centrale en construction ou en projet depuis 1981.

Portugal : Les plans prévus dès 1971 furent définitivement abandonnés en 1995.

Norvège : Les plans de construction prévus furent définitivement abandonnés en 1986.

Suède : La Suède qui comptait 12 réacteurs nucléaires a décidé en 1997 la fermeture progressive de l'ensemble de ceux-ci.

Italie : Après Tchernobyl, les 4 réacteurs en fonction furent fermés. L'abandon définitif du nucléaire fut prononcé en 1988 après référendum.

Grèce : Les différents plans de construction prévus n'ont jamais été menés. En 1982, le gouvernement a décidé qu'aucun réacteur nucléaire ne serait construit.

Ailleurs dans le monde : Aux Etats-Unis, aucune centrale nucléaire n'a été commandée depuis 1973. Le Canada a décidé en 1997, suite à différents incidents, la fermeture de 7 centrales nucléaires. (source : Sortir du nucléaire).

L'énergie du futur, assurément...

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"Nous connaissons enfin les parrains de la paix : les membres du Quartet, désormais représentés par une personnalité de premier plan : Tony Blair"


Là je ne peux que répéter les propos de Robert Fisk sur le sujet :

"Voici un homme totalement discrédité dans la région - un politicien qui toujours échoué dans tout ce qu'il a tenté au Moyen-Orient - qui croit maintenant qu'il est la bonne personne pour diriger le Quartet et aider la Palestine"

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Total pour Nicolas ? 0

lundi 27 août 2007

Jour 112

Le bonheur est dans le prêt

Allocution de Cricri Lagarde, le 24 août :

"Nous avons les bases d’une croissance dynamique pour les prochains mois. [...] Cette tendance reflète le dynamisme de la consommation des ménages, garant d’une croissance durable.[...] Nous sommes donc déterminés, par une politique économique dynamique, agissant à la fois sur l’offre et sur la demande, à court et à moyen terme, à atteindre des objectifs ambitieux de croissance." (mon emphase).

Le Financial Times du 26 août :

"Le prix de certains produits agricoles comme le blé, le cacao et le café ont augmenté au cours des dernières années, des sécheresses sévères, une consommation accrue dans les pays développés et l'usage croissant des grains pour les biocarburants ayant diminué les réserves."

Et dans cette autre article :

"les analystes ont réduits leur prévision de 2% à 1,8% [de croissance] [...] "ce sera difficile d'atteindre même 2% cette année" confie Mathieu Kaiser, économiste à BNP Paribas. [...] Le coût de 11 milliards d'euros des mesures fiscales s'appuyait sur une croissance de 2,25%, M. Sarkozy aura une marge de manoeuvre très limité pour ses réformes suivantes. [...] "Nous allons assisté à une évolution dangereuse des finances publiques" selon Jean-Christophe Caffet, économiste chez Natixis. "Nous pourrions même dépasser le seuil de 3% [de déficit] du PNB si l'on ne prends pas des mesures exceptionnelles"

Des mesures exceptionnelles qui ne risqueront pas de toucher les grosses fortunes françaises (si l'on s'en tient aux dernières réformes de Nicolas). Alors qui ?

Stockez des baguettes dans le freezer...

dimanche 26 août 2007

Jours 110 et 111

Priorité à droite

Un Communiqué de presse du ministère de l'Intérieur sur l'activité des services de la police et de la gendarmerie nationale en juillet 2007 nous en apprends beaucoup sur les priorités de Nicolas et ses amis : le taux d'élucidations de la plupart des crimes est en augmentation, sauf dans le cas de la délinquance financière (-7,33 points).

Cela explique sans doute que Nicolas envoie Bernard Tapie et Patrick Balkany en Afrique plutôt que dans un hôpital fermé.

vendredi 24 août 2007

Jour 109

Légitime défonce

Les dernières décisions du maire UMP d'Argenteuil, Georges Mothron, relatées par la Croix du 24 août :

"Pour éloigner les SDF du centre-ville, la mairie d'Argenteuil a acheté en juillet des produits répulsifs nauséabonds appelés "Malodore" que les agents municipaux ont refusé de diffuser, a-t-on appris de sources concordantes.

"Un carton de produits répulsifs a été acheté en juillet. Les agents de la voirie devaient le diffuser dans le centre, où il y a des SDF, que la police municipale devait préalablement éloigner", a expliqué un agent de la mairie qui préfère rester anonyme.

"Le carton précisait que le produit était toxique et irritant, et qu'il ne fallait pas le respirer, alors, les agents ont décidé de ne pas le diffuser, car ils veulent bien 'chasser des rats mais pas des SDF'", a ajouté cet agent."

Le maire n'en est pas à son coup d'essai :

"Depuis 2005, chaque été, le maire d'Argenteuil, Georges Mothron (UMP) prend des arrêtés pour interdire la mendicité dans le centre. Un de ces arrêtés, évoquant une "gêne olfactive anormale" liée à la présence des SDF, avait été annulé par la préfecture du Val-d'Oise en 2005.

Le 6 août dernier, la mairie a pris un nouvel arrêté interdisant la mendicité dans le centre d'Argenteuil pendant l'été jusqu'en 2012."

Ce même Georges Mothron qui avait présenté avec d'autres cette proposition de loi en avril 2004 :

"PROPOSITION DE LOI tendant à rétablir la peine de mort pour les auteurs d’actes de terrorisme" (leur emphase).

Pourtant on pouvait lire dans le Monde :

"« Il tient des propos excessifs » et « doit éviter la provocation », jugent-ils. GEORGES MOTHRON est député (UMP) du Val-d'Oise et maire d'Argenteuil. Jeudi 27 octobre, deux jours après la venue de Nicolas Sarkozy, qui avait employé le terme de « racaille » lors de sa visite, sa voiture a été incendiée."

Dans l'Humanité :

"En 2002, il s’était illustré en menant une campagne violemment anticommuniste, à la limite de la diffamation, claironnant qu’il allait " envoyer Robert Hue à Cuba ou en Corée ". Il avait aussi accepté le soutien tacite du FN en refusant de condamner les propos de Jean-Marie Le Pen, qui avait lancé un véritable interdit sur Robert Hue. Vainqueur avec seulement 240 voix d’avance sur Robert Hue, l’élection de Georges Motrohn a été annulée par le Conseil constitutionnel, condamnant l’attitude et les moyens utilisés dans la campagne par le représentant de la droite, qui a faussé le résultat du scrutin."