mercredi 30 avril 2008

Jour 359

Sonner la retraite

Le Monde Diplomatique, 28 avril 2008 :

"Avec le sens de la démocratie et du dialogue social qui le caractérise, le gouvernement français a ouvert, lundi 28 avril, les négociations sur les retraites en en donnant d’emblée le résultat : d’ici 2011, les salariés devront travailler 41 ans avant de pouvoir prendre leur retraite. [...] C’est une manière de baisser le pouvoir d’achat en en faisant porter la responsabilité au salarié lui-même (il n’a qu’à travailler plus longtemps). Pourtant, le plus souvent, les salariés se retrouvent expulsés de leur entreprise après 55 ans. Rappelons que le gouvernement, qui fait semblant de tancer le patronat sur cette question, a supprimé l’an dernier l’amendement Delalande qui permettait de taxer les entreprises licenciant les salariés plus âgés." (mon emphase)

mardi 29 avril 2008

Jour 358

Club Med

Le Monde, 29 avril 2008 :

"Lors d'un toast prononcé lors d'un dîner offert par le président tunisien, M. Sarkozy a défendu M. Ben Ali contre les accusations portées contre lui par ses opposants et les organisations de défense des droits de l'homme.

"Je ne vois pas au nom de quoi je me permettrais, dans un pays où je suis venu en ami et qui me reçoit en ami, de m'ériger en donneur de leçons", a-t-il déclaré avant d'affirmer : "Aujourd'hui, l'espace des libertés progresse [en Tunisie]." "J'ai pleinement confiance dans votre volonté de vouloir continuer à élargir l'espace des libertés en Tunisie", a ajouté le président français à l'adresse de son homologue tunisien."

Rapport de Human Rights Watch, avril 2008 :

"The government uses the threat of terrorism and religious extremism as a pretext to crack down on peaceful dissent. [...] Authorities have refused to grant legal recognition to every truly independent human rights organization that has applied over the past decade. [...] Human rights defenders and dissidents are subject to heavy surveillance, arbitrary travel bans, dismissal from work, interruptions in phone service, physical assaults, harassment of relatives, suspicious acts of vandalism and theft, and slander campaigns in the press. [...] The judiciary lacks independence. Prosecutors and judges usually turn a blind eye to torture allegations, even when the subject of formal complaints submitted by lawyers. [...] Tunisia has privately-owned radio and television stations, but private ownership is not synonymous with editorial independence. The government blocks certain domestic and international political or human rights websites featuring critical coverage of Tunisia." Ad nauseam...

lundi 28 avril 2008

Jour 357

Rentre Avec Tes Pauvres

Bakchich, le 28 avril 2008 :

"Les détenteurs de la carte famille nombreuse l’auront remarqué, les distributeurs automatiques de billets qui suppléent aux guichetiers – espèce en voie de disparition – ne délivrent pas de billets à tarifs réduits. [...] Lorsque l’on finit par dénicher un vendeur de billet, cela donne le dialogue suivant :

« — le distributeur automatique refuse l’option tarif réduit ?

— Y’en a pas !

— 0ui mais pourquoi y’en a pas ?

— Y’en a pas parce que y en a pas . C’est pas prévu. »"

Et parce qu'ailleurs ça ne sent pas la rose non plus, un petit article de l'ACRIMED.

"Les observations critiques d’Acrimed doivent-elles s’arrêter à la porte de la presse dite « alternative » ? Que faire lorsque l’on apprend que les associations ou les personnes qui fondent de tels journaux se permettent d’avoir en interne des pratiques qui n’ont rien à envier à celles que subissent nombre de salariés de la presse la plus mercantile ?"

dimanche 27 avril 2008

Jours 355 & 356

Vends Justice, pas cher

Communiqué de L'Union Syndicale des Magistrats (majoritaire) :

"L’USM a pris connaissance avec regret du projet gouvernemental de révision de la Constitution, adopté par le Conseil des Ministres du 23 avril 2008.

L’article 28 du projet de loi constitutionnelle visant à modifier la composition du Conseil Supérieur de la Magistrature ne peut que susciter les plus vives inquiétudes.

[...]

les dispositions visant à rendre les magistrats minoritaires au sein de chacune des formations du Conseil au profit de membres nommés respectivement par le Président de la République et les Présidents des deux assemblées, sans aucune garantie de neutralité et de compétence masquent en réalité une véritable reprise en main de la magistrature.

Elles constituent une grave menace pour l’avenir, sur la neutralité et l’impartialité des nominations des magistrats et accroissent considérablement le risque de politisation desdites nominations.

L’USM entend rappeler qu’aucun autre corps comparable en France n’est minoritaire dans l’instance chargée de la discipline et des carrières.

Elle constate que si ce projet de texte devait être adopté en l’état, la France, qui impose pourtant aux nouveaux pays entrant dans l’union européenne de modifier leur conseil de justice afin d’y rendre les magistrats majoritaires, et qui s’apprête à présider l’Union européenne, sera le SEUL pays d’Europe à posséder un conseil de Justice dans lequel les magistrats sont minoritaires, et ce en violation flagrante de l’ensemble des standards européens d’une justice démocratique et indépendante."

vendredi 25 avril 2008

Jour 354

Les pauvres, les brutes et les truands

Libération, le 25 avril 2008

"La généralisation du RSA [...] Son principe: compléter les revenus de ceux qui ont un petit travail insuffisamment payé pour les aider à sortir définitivement de la pauvreté. Sa généralisation aurait donc dû réjouir les associations. Mais le bât blesse, au niveau du financement. Hier, le président a en effet déclaré: «Le RSA se fera en maîtrisant le coût. On va redéployer une partie du coût de la prime pour l'emploi.» [...] «des salariés modestes, qui sont au Smic en particulier, touchent parfois 100 € par mois de prime pour l'emploi, ce qui leur fait un 13e mois» explique François Chérèque. Pour le secrétaire général de la CFDT, on va ainsi «financer pour les plus pauvres leur accès au travail en enlevant de l'argent aux plus modestes.»"

jeudi 24 avril 2008

Jour 353

Brice est nice

Brice Hortefeux, tribune dans le Monde le 24 avril 2008 :

"j'affirme que la nouvelle politique d'immigration de la France, dont le président de la République est à l'initiative, est la seule possible et responsable. Elle trouve sa cohérence dans sa triple vérité : elle est à la fois nécessaire, efficace et équilibrée."

Libération, le 23 avril :

"Les agents de police accompagnant les immigrés en situation irrégulière lors de leur expulsion par les airs bénéficient des "miles" accordés par les compagnies aériennes à leurs clients fidèles, a-t-on appris mercredi au ministère de l'Intérieur, confirmant une information du Canard enchaîné.[...] "A raison de 23.000 éloignements en 2007, selon le ministère de l'Intérieur, et sachant qu'en moyenne trois policiers accompagnent celui qui va être expulsé, voilà de quoi se constituer assez vite un joli stock de voyages gratuits sur le dos des clandestins", affirme le journal, qui cite des agents d'escale d'Air France à l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle. [...] "Sans compter que de nombreux flics bénéficient, du coup, du statut "Gold", réservé aux hommes d'affaires qui voyagent régulièrement aux frais de leur entreprise", ajoute l'hebdomadaire."

Pour mesurez vous même toute l'humanité de la politique de Brice, n'hésitez pas à cliquer sur le libellé Immigration de ce blog pour en avoir le coeur net.

Notamment ce texte d'Emmanuel Terray, ethnologue et directeur d’études à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS) dont voici un extrait :

"Pour expulser les gens, il faut d’abord s’assurer de leur personne. Nous retrouvons ici la gamme des procédés que j’évoquais en commençant. C’est que dans ce domaine les analogies résultent de la nature des choses ; la chasse à l’homme, surtout lorsqu’elle est assortie d’objectifs chiffrés, implique l’utilisation d’un certain nombre de techniques : rafles, convocations-pièges, interpellation des enfants dans les écoles, internement administratif. Quelles que soient les populations ciblées, le recours à ces techniques est inéluctable dès lors qu’on prétend à l’efficacité. Il faut d’ailleurs admettre que, sur ce point, le Ministre de l’Intérieur n’a guère innové par rapport à ses prédécesseurs de l’époque de Vichy et de la guerre d’Algérie et la police française n’a eu qu’à puiser dans ses archives pour retrouver les bonnes vieilles méthodes." (mon emphase)

mercredi 23 avril 2008

Jour 352

Chute libre

Les Echos, 23 avril 2008 :

"Adoptée l'été dernier, la loi Tepa comportait un volet censé « moraliser » l'attribution des « golden parachutes », [...] Le texte prévoit que les conseils d'administration devront introduire, dans les conventions réglementées qui régissent ces dispositifs, des conditions de performance à remplir [...] Mais le résultat est décevant : la plupart des conseils ont proposé des conditions invérifiables, se contentant de citer un ou plusieurs indicateurs sans révéler le niveau plancher à atteindre."