dimanche 31 mai 2009

Jours 752 & 753

Dans son cul

Le Figaro, 30 mai 2009 :

"C'est un sérieux camouflet que la justice a infligé samedi à Eric Besson. Le juge des référés du tribunal administratif de Paris a en effet décidé de suspendre les contrats conclus le 10 mai par le ministre de l'Immigration concernant l'assistance juridique aux étrangers placés en rétention administrative. Seule association jusqu'alors habilitée pour cette mission, la Cimade avait saisi la justice en formulant un recours contre les conditions de la fin de son monopole dont elle bénéficie depuis 1984. [...] le tribunal indique par ailleurs qu'en ne prévoyant qu'une mission d'information et non plus d'assistance juridique, «les prestations objet du marché, ainsi fixées par le ministre de l'Immigration, ne permettent pas d'atteindre, dans son intégralité, l'objectif fixé par le législateur (...) à savoir mettre les étrangers retenus à même d'assurer l'exercice effectif de leurs droits»."

vendredi 29 mai 2009

Jour 751

Des caméras pour tous

Le Monde, 29 mai 2009 :

"Au mieux inefficace, au pire négatif. A l'heure où le président de la République souhaite faire de la vidéosurveillance "un moyen fondamental de la politique de sécurité", une étude de l'Institut d'aménagement et d'urbanisme de la région Ile de France (IAURIF) éclaire l'impact de la mise en place de cette politique dans les établissements scolaires franciliens. La conclusion est simple : placées à l'entrée des lycées, les caméras n'empêchent pas les intrusions; placées à l'intérieur elles n'empêchent pas les vols. [...] L'usage majeur qui est fait de cet outil est donc rétroactif. Les images ne sont regardées qu'en cas de problème. [...] "Les études britanniques nous montrent qu'on n'élucide que 10 % à 15 % des actes grâce à la vidéoprotection", rappelle Sylvie Chérer, la responsable des études à l'IAURIF."

jeudi 28 mai 2009

Jour 750

Analphabète

L'abécédaire de Nicolas Sarkozy, rubrique éducation :

"Contre l’héritage de mai 68, contre le refus de toute autorité, contre le relativisme culturel et moral, contre le nivellement par le bas, contre la dévalorisation des diplômes, contre l’inculture, il n’y a pas d’autre choix que l'excellence."

Site du Nouvel Obs, le 27 mai 2009 :

"Dans l'avion qui l'emporte vers les Emirats Arabes Unis, le président de la République s'essaie à son nouveau rôle de composition : défenseur des arts et des lettres. Il parle littérature. Il dit sa passion pour les «Rougon-Macquart» de Zola ; un sublime effort de communication. Hélas, c'est le crash, la débâcle, l'assommoir : car le chef de l'Etat prononce «Roujon-Macquart». Dans le cycle scolaire français, on apprend au cours élémentaire que devant les voyelles a, o et u, la consonne g doit être suivie de la voyelle e pour être prononcée [G], car autrement elle se prononce [g]."

mercredi 27 mai 2009

Jour 749

Police privée, sévice publique

Le Monde, 26 mai 2009 :

"Longtemps, Michèle Alliot-Marie, a patienté. Le projet de loi d'orientation et de programmation de la sécurité intérieure (Lopsi), présenté par la ministre de l'intérieur, mercredi 27 mai, est prêt depuis... octobre 2007. Mais le sujet étant redevenu une préoccupation affichée de Nicolas Sarkozy, le texte est désormais d'actualité. [...] Le texte, qui comprend [...] un arsenal un peu fourre-tout de nouveaux outils. [...] Le ministère compte déléguer à des sociétés privées le visionnage des images sur la voie publique [...] Les policiers n'auront plus à attendre les jugements pour récupérer, comme c'est le cas depuis 2002, les véhicules et les bateaux saisis lors des arrestations de trafiquants de drogue. [...] Pour Mme Alliot-Marie, "le jour où ce sont les policiers qui rouleront en Ferrari, ce sera plus dur pour les petits caïds"."

Nulle doute que ce sera plus dur pour nous aussi...

mardi 26 mai 2009

Jour 748

Une question de taille ?

Sud Ouest, le 26 mai 2009 :

"Le futur gros-porteur de la présidence de la République se trouve depuis hier en Gironde. Après avoir atterri peu après 18 heures à Mérignac, l'Airbus A330, racheté à la compagnie Air Caraïbes, a gagné l'enceinte de l'entreprise Sabena Technics (ex-Sogerma Services), où il restera pendant un an au moins pour subir un énorme travail d'aménagement et de transformation. [...] Si la présidence de la République utilise depuis longtemps des avions Falcon, l'A330 qui a atterri hier en Gironde sera le plus gros appareil civil jamais acheté par les pouvoirs publics pour une utilisation présidentielle."

lundi 25 mai 2009

Jour 747

Souriez, vous êtes piraté

Le Figaro, 24 mai 2009 :

"La loi d'orientation pour la sécurité, dite Lospi 2, présentée par Michèle Alliot-Marie en Conseil des ministres mercredi prochain, va donner à la police le droit de pirater, le plus légalement du monde, les données informatiques pour lutter contre le crime organisé.

L'article sur «la captation de données informatiques» autorise en effet les OPJ «commis sur commission rogatoire à mettre en place un dispositif technique ayant pour objet, sans le consentement des intéressés, d'accéder, en tous lieux, à des données informatiques, de les enregistrer, les conserver et les transmettre, telles qu'elles s'affichent sur un écran pour l'utilisateur». Le tout «sous le contrôle du juge d'instruction».

Concrètement, la police judiciaire pénétrera chez le suspect aidée d'un serrurier, de jour comme de nuit. Elle posera sur sa machine une clé de connexion, sorte de clé USB qui s'enfiche à l'arrière ou, mieux, à l'intérieur, sur l'un des ports disponibles. Et le mouchard renverra les données vers les ordinateurs des autorités. Rien n'empêchera désormais la police d'installer à distance des logiciels pirates, sortes de chevaux de Troie, qui la renseigneront en temps réel sur tout ce qui entre et sort d'un PC ou d'un Mac.

Ce superpouvoir, que s'arrogent les services secret, sera bien sûr accordé à la PJ uniquement dans les affaires les plus graves (terrorisme, pédophilie, meurtre, torture, trafic d'armes et de stupéfiants, enlèvement, séquestration, proxénétisme, extorsion, fausse monnaie, blanchiment et aide à l'entrée et séjour d'un étranger), dès lors que les faits sont commis en bande." (mon emphase)

samedi 23 mai 2009

Jours 745 & 746

Restez chez vous

Libération, le 23 mai 2009 :

"C’est la saison des gardes à vue dans l’affaire de Tarnac. Et toutes se soldent sans la moindre mise en examen. [...] A Forcalquier, l’objet du délit est une photo. On y voit un tract du Comité de sabotage de l’antiterrorisme, brandi sous un interphone portant le nom de Bernard Squarcini, le patron du renseignement français. Narguer ainsi le numéro 1 des RG et de la DST, en montrant qu’on connaît sa résidence dans le Sud, a valu une garde à vue à l’auteur de la photo et à deux couples qui l’ont diffusée par mail. Motif : «menace de commettre un délit ou un crime». [...] Par la voix de leur avocat, Me Olivier Lantelme, les interpellés se sont dits «abasourdis par le traitement qu’on [leur] a réservé, consternés par la méthode musclée employée, alors qu’il suffisait de [les] convoquer pour qu’[ils] viennent gentiment s’expliquer». Membres de ce comité de soutien à Coupat prônant «le sabotage de l’antiterrorisme», ils ont reconnu, pour l’un, avoir pris la photo et pour les autres, l’avoir diffusée, mais «sans possibilité d’identifier le lieu, ni mention de l’adresse». «En quoi cette photo, qui se veut ironique et n’a jamais été distribuée sur la voie publique, constituerait une menace ?» demande Me Lantelme, précisant que ses clients sont «non violents». [...] Au terme des soixante-douze heures légales, l’avocate Dominique Vallès se rend en banlieue parisienne pour voir les jeunes qui ont été séparés : deux sont à Nanterre, le troisième à Levallois. Selon l’avocate, les interrogatoires «incessants» auraient porté sur leurs opinions politiques, leur manière de vivre. «U ne jeune femme était dans une cellule avec une lumière blanche éblouissante.» Pour l’avocate, «il suffisait de les convoquer. Les gens ont des droits, aussi.» Ils ont été relâchés jeudi après-midi sans avoir été mis en examen. A Rouen, Mathieu s’interroge : «Leurs noms apparaissent dans la procédure comme une centaine d’autres. Est-ce que ça veut dire que tout le monde va être placé en garde à vue ?» Une amie des cinq de Forcalquier s’inquiète : «Bientôt, il faudra faire un comité de soutien au comité de soutien.»"