jeudi 31 décembre 2009

Jour 966

Puisqu'on vous dit qu'ils sont cons

Le Monde, 31 décembre 2009 :

"Le fameux lipdub des jeunes militants UMP leur coûtera plus cher que prévu. Mi-décembre, BFM-TV avait révélé que les jeunes UMP ne disposait pas de tous les droits nécessaires à l'utilisation de la chanson "Changer le monde" pour leur clip promotionnel. [...] Restent quelques détails à régler, explique le site d'information. Comme la personne ou l'organisation à qui seront versés les droits. L'artiste Marie-Mai souhaite qu'ils aillent à une association caritative de son choix. L'UMP refuse, préférant remettre la somme à la Sacem. [...] Et en la matière, il existe un précédent à l'UMP qui avait déjà dû verser des droits après l'utilisation frauduleuse d'une chanson du groupe américain MGMT lors de meetings."

mercredi 30 décembre 2009

Jour 965

Joe le taxé

Le petit Nicolas dans Libération, le 10 septembre 2009 :

"«La taxe carbone sera universelle, payée par tous les consommateurs d'énergies fossiles.»"

Le Monde, 29 décembre 2009 :

"Le Conseil constitutionnel a annoncé, mardi 29 décembre, avoir annulé la contribution carbone, qui devait entrer en vigueur le 1er janvier, estimant que la loi crée trop d'exemptions, ce qui est "contraire à l'objectif de lutte contre le réchauffement climatique" et crée une inégalité face à l'impôt. [...] les Sages du Palais-Royal considèrent que l'ensemble des "exonérations, réductions, remboursements partiels et taux spécifiques" dépouillent la loi de son ambition de lutte contre le réchauffement climatique et créent "une rupture d'égalité devant les charges publiques". "Moins de la moitié des émissions de gaz à effet de serre aurait été soumise à la contribution carbone", en raison de ces multiples exemptions, selon les juges constitutionnels. 93 % des émissions d'origine industrielle, hors carburant, en auraient été exonérées, poursuivent-ils. "Par voie de conséquence", le Conseil, présidé par Jean-Louis Debré, "a censuré l'ensemble du régime relatif à cette contribution"."

mardi 29 décembre 2009

Jour 964

C'est pas l'homme qui prend l'avion...

Le Figaro, 28 décembre 2009 :

"L'attentat manqué du vol 253 relance à Paris le plan de sûreté des transports aériens concocté par Brice Hortefeux. [...] Cette fois, les données seraient recueillies non pas à la va-vite dans la bousculade des salles d'embarquement, mais dès la phase de réservation des billets. Que celui-ci soit commandé en agence ou via Internet. Avec des informations aussi précises que le moyen de paiement, l'adresse de facturation, les numéros de téléphone et adresses électroniques des passagers, le lieu de réservation et le nom de l'agent de voyage."


lundi 28 décembre 2009

Jour 963

Washington is watching you

Le Monde, 18 décembre 2009 :

"S'ils voulaient renforcer le malaise créé, depuis le début, par cette affaire, les ministres de l'intérieur de l'Union européenne ne s'y seraient pas pris autrement. S'entourant d'une relative discrétion et fuyant les questions, ils ont reconduit, à la fin novembre, les dispositions qui permettent aux Etats-Unis d'accéder aux données de la société Swift et, par là, aux données bancaires des citoyens européens, émetteurs ou bénéficiaires d'une transaction. Le tout, assure-t-on, dans le cadre strict de la lutte contre le terrorisme et de son financement, avec en toile de fond le programme américain de "traque", dit TFTP, instauré en 2001. La Suède, présidente en exercice du Conseil européen, l'a assuré : les informations accessibles au Trésor et aux agences américaines ne seront pas utilisées à d'autres fins. [...] Pourquoi, alors, le malaise ? Parce que, de l'aveu de certains Etats européens, les protections offertes par Washington ne seraient, dans les faits, pas aussi "bétonnées" que ce qu'a affirmé la présidence suédoise. L'Allemagne, l'Autriche, la Hongrie ont exprimé des doutes. [...] Malaise, aussi, parce que le dossier a été expédié in extremis. Littéralement. A savoir, 24 heures avant l'entrée en vigueur du traité de Lisbonne, qui octroie au Parlement européen un droit de regard bien plus grand dans de telles matières. Or les eurodéputés ont souvent souligné le caractère insatisfaisant de l'accord Swift, eu égard à la nécessaire protection des données personnelles. Ils réclament désormais un accès à tous les documents et informations en lien avec l'accord Swift. Et ils feront en sorte que le texte définitif respecte, cette fois, leurs exigences. Ces dernières recoupent, en fait, celles exprimées depuis 2006 par des juristes ou les équivalents nationaux de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL), en France. En septembre, Alex Türk, le président de la CNIL, a exprimé publiquement ses doutes à l'Assemblée nationale, affirmant que les Européens ne possédaient, en réalité, "aucune garantie de la part du contrôleur européen" [...] "Alors que le nombre de démocraties formelles reste constant, la qualité de certaines d'entre elles se détériore de manière substantielle", écrivait, au début du mois de décembre, la Fondation allemande Bertelsmann dans une étude mondiale. Le diagnostic valait, a priori, pour d'autres continents. Il serait plus que souhaitable qu'il ne s'applique pas, un jour ou l'autre, à l'Europe."

dimanche 27 décembre 2009

Jours 961 & 962

Pour ceux du fond...

Le Monde, 26 décembre 2009 :

"Démographe et historien, Emmanuel Todd, 58 ans, est ingénieur de recherche à l'Institut national d'études démographiques (INED). [...] Il livre pour la première fois son analyse du débat sur l'identité nationale. Sans dissimuler sa colère. "Si vous êtes au pouvoir et que vous n'arrivez à rien sur le plan économique, la recherche de boucs émissaires à tout prix devient comme une seconde nature", estime-t-il. [...] Les sarkozystes pensent qu'ils ont récupéré l'électorat du Front national parce qu'ils ont mené cette politique de provocation, parce que Nicolas Sarkozy a mis le feu aux banlieues, et que les appels du pied au FN ont été payants. Mais c'est une erreur d'interprétation. La poussée à droite de 2007, à la suite des émeutes de banlieue de 2005, n'était pas une confrontation sur l'immigration, mais davantage un ressentiment anti-jeunes exprimé par une population qui vieillit. N'oublions pas que Sarkozy est l'élu des vieux. [...] Ce n'est plus la droite [...] Je pense de plus en plus que le sarkozysme est une pathologie sociale et relève d'une analyse durkheimienne - en termes d'anomie, de désintégration religieuse, de suicide - autant que d'une analyse marxiste - en termes de classes, avec des concepts de capital-socialisme ou d'émergence oligarchique. [...] L'habileté du sarkozysme est de fonctionner sur deux pôles : d'un côté la haine, le ressentiment ; de l'autre la mise en scène d'actes en faveur du culte musulman ou les nominations de Rachida Dati ou de Rama Yade au gouvernement. La réalité, c'est que dans tous les cas la thématique ethnique est utilisée pour faire oublier les thématiques de classe."

vendredi 25 décembre 2009

Jour 960

jeudi 24 décembre 2009

Jour 959

Joyeux Noël les fous !

Le Monde, 22 décembre 2009, une "lettre ouverte à la population, à Mme la ministre de la santé et à M. le ministre de l'intérieur" :

"Nous sommes internes en psychiatrie. Ces derniers jours, comme de nombreux internes et médecins de toutes spécialités, externes et étudiants infirmiers, nous avons été "réquisitionnés" dans des centres de vaccination, de la veille au lendemain, sans concertation ni respect des procédures légales[...] nous avons le sentiment que cette stratégie gestionnaire ne tient aucunement compte des patients dont nous nous occupons quotidiennement.[...] certains d'entre eux sont dans une souffrance majeure et nécessitent des soins très ajustés. En tant que "psys", on nous parle des "schizophrènes dangereux", des patients abandonnés, etc. Mais là, nous sommes contraints de les laisser tomber brutalement comme si les soins personnalisés que nous mettons en place avec précision ne comptaient pour rien. Tout ceci afin d'obéir à une stratégie dite de santé publique dont les modalités nous laissent dubitatifs.

Peut-on sérieusement soutenir que notre participation à l'effort de prévention passe avant tout autre acte médical ? Alors même que les médecins traitants, naguère désignés comme les "piliers du dispositif de santé", n'ont pas été pleinement associés à cette campagne vaccinale, les internes se voient assignés à une place d'experts en vaccination… Ce qui s'apparente parfois à une mystification, tant la pratique quotidienne liée à notre spécialité peut s'éloigner de la médecine générale et de l'infectiologie. D'autant que ces mêmes internes, non thésés, se trouvent dans de nombreux cas être les seuls médecins dans les centres de vaccination.

Cette méprise frôle l'irrespect des personnes venant se faire vacciner, souvent angoissées par la pandémie et les interrogations suscitées par les vaccins.

Par ailleurs, la décision de rassembler un grand nombre de personnes dans un même espace en pleine période pandémique est-elle réellement plus judicieuse que la vaccination au un par un dans le cabinet du généraliste, pour limiter la transmission du virus ? Enfin, qu'en est-il de notre sacro-sainte "indépendance professionnelle" et de notre liberté de jugement quand l'interrogatoire clinique et la prescription nous sont dictés ? Nous espérons que ces méthodes autoritaires voire martiales, créant une sorte d'"Etat d'exception", ne se pérenniseront pas car nous les jugeons inacceptables.

[...]

nous souhaitons une politique de prévention qui nous permette de continuer à soigner dignement nos patients, et nous insurgeons contre ce dispositif martial non concerté qui nous transforme en instruments au service d'effets d'annonce médiatiques.

Nous acceptons de participer à des missions préventives, si elles sont rationnelles et ne s'exercent pas au détriment des usagers du service public.

Mathieu Bellahsen est interne en psychiatrie, président de l'Association Fédérative pour la Formation des Etudiants en Psychiatrie (AFFEP)

Loriane Brunessaux est interne en psychiatrie, présidente de l'association UTOPSY."