samedi 31 juillet 2010

Jours 1178 & 1179

Après la marée noire, la marée brune

Nicolas, le 30 juillet 2010 :

"Par ailleurs, je vous annonce que dès le 7 septembre prochain, les peines planchers qui fonctionnent bien mais qui ne s'appliquent aux multirécidivistes, 24 000 peines planchers ont été prononcées, seront désormais étendues à toutes les formes de violences aggravées"

Des lois dont l'aire d'effet ne cesse de s'étendre... Voilà qui n'est pas sans rappeler quelques souvenirs :

"The Nazis centralized and fully funded the police to better combat criminal gangs and promote state security. The Nazi state increased staff and training, and modernized police equipment. The Nazis offered the police the broadest latitude in arrests, incarceration, and the treatment of prisoners. The police moved to take "preventive action," that is, to make arrests without the evidence required for a conviction in court and indeed without court supervision at all. Conservative policemen were initially satisfied with the results of their cooperation with the Nazi state. Crime did indeed go down and the operation of criminal gangs ended. Order was restored. But there was a price. The Nazi state was not a restoration of the imperial tradition. It was at its core thoroughly racist. The Nazis took control and transformed the traditional police forces of the Weimar Republic into an instrument of state repression and, eventually, of genocide. " (source : United States Holocaust Memorial Museum).

Aux intellectuels invertébrés qui pensent encore que ce genre de parallèle est inadéquat nous rappellerons qu'il n'est pas nécessaire d'attendre de voir des chemises brunes dans les rues pour commencer à s'inquiéter.

vendredi 30 juillet 2010

Jour 1177

Il était temps...

Le Monde, 30 juillet 2010 :

"Le Conseil constitutionnel a déclaré, vendredi 30 juillet, inconstitutionnel le régime de gardes à vue pour les délits et les crimes de droit commun. Il demande l'abrogation des articles 62, 63, 63-1, 63-‘ et 77 du Code de procédure pénale. La déclaration d'inconstitutionnalité ne prendra effet qu'au 1er juillet 2011. Les Sages laissent un peu moins de onze mois au gouvernement et au Parlement pour reconstruire un régime de garde à vue en France. [...] Les sages de la rue Montpensier considèrent que la garde à vue ne permet plus de concilier "d'une part la prévention des atteintes à l'ordre public et la recherche des auteurs d'infractions, et, d'autre part, l'exercice des libertés constitutionnellement garanties"."

jeudi 29 juillet 2010

Jour 1176

Pour ceux qui dormaient...

Le Monde Diplomatique, lu le 29 juillet 2010 :

"Une rafale de révélations suscite la stupéfaction en France. Des dirigeants politiques côtoieraient en permanence — et en bonne amitié — hommes et femmes d’affaires. Les seconds financeraient les partis des premiers. Ils obtiendraient en échange une réduction appréciable du taux de leurs impôts. Plus renversant encore, la baisse de la fiscalité sur les hauts revenus (près de 100 milliards d’euros en dix ans) aurait surtout avantagé... les hauts revenus, protégés depuis 2006 par un « bouclier » conçu à cette intention. Enfin, soucieux d’éprouver par eux-mêmes les rigueurs de la nouvelle loi commune, les gouvernants (et leurs familles) seraient plus nombreux à se reconvertir dans les affaires que dans le syndicalisme.

Ainsi, l’« affaire Bettencourt » a rendu visible ce qui l’était déjà. En avril dernier, les journalistes d’investigation dormaient-ils donc, et les professeurs de vertu avec eux, quand Mme Florence Woerth décrocha un poste d’administratrice chez Hermès, elle qui se consacrait déjà — sans que cela provoque le moindre émoi — aux finances de Mme Liliane Bettencourt, troisième fortune de France ? M. Eric Woerth avait réagi ainsi : « Je suis ministre de l’égalité hommes-femmes, j’aurais bien tort de vouloir freiner la carrière de ma femme, (...) parallèle à la mienne » (AFP, 21 avril 2010). Nul ne le soupçonnait vraiment de contrarier l’épanouissement professionnel de sa femme, mais personne ne s’alarma non plus du « parallélisme » ainsi tracé entre le parcours d’une gestionnaire de grande fortune soucieuse d’« optimisation fiscale » aux Seychelles et celui d’un ministre du travail qui s’apprêtait à amputer la retraite des ouvriers. Tout cela, c’était avant l’affaire Bettencourt. Les rapports entre argent et pouvoir étaient exactement ce qu’on en révèle aujourd’hui. Mais, à l’époque, tout allait bien...

L’impact du « scandale » actuel tient peut-être à des détails qui tuent : un jeune et ambitieux secrétaire d’Etat à l’emploi qui profite d’un voyage officiel à Londres pour supplier des gestionnaires de fonds spéculatifs de la City de financer son groupuscule, baptisé Nouvel Oxygène ; un taux d’imposition des revenus se situant entre 1 % et 6 % par an (2) dans le cas de Mme Bettencourt (le bouclier fonctionne...) ; une journaliste vedette qui décroche un entretien sur TF1 avec la propriétaire de L’Oréal en précisant : « Je la connaissais pour avoir dîné avec elle et son mari chez des amis communs. Il nous arrivait aussi de nous croiser à l’occasion d’expositions. »

Pour que cette affaire tentaculaire devienne le « collier de la reine » de l’oligarchie française, il faudrait cependant, au minimum, qu’elle débouche sur la fin des pantouflages entre public et privé, sans oublier les « ménages » des journalistes qui ont ainsi contractualisé leur connivence avec l’argent. Le brouhaha du dernier mois n’aura en revanche servi à rien si l’espoir de purifier une atmosphère de Bas-Empire conduit à porter à l’Elysée un frère siamois de M. Nicolas Sarkozy. Comme, par exemple, le directeur général du Fonds monétaire international. Les grandes fortunes célébreraient la victoire d’un socialiste d’affaires dans un autre Fouquet’s. Et tout recommencerait."

mercredi 28 juillet 2010

Jour 1175

On vous le répète encore...

Bug Brother (décidément un excellent blog), le 28 juillet 2010 :

"A Lyon, les caméras de vidéosurveillance permettent, en moyenne, une arrestation par caméra et par année. 200 arrestations, pour 219 caméras, comparées aux 20 604 actes de délinquance dits de voie publique… pour le sociologue Laurent Mucchielli, directeur de recherche au CNRS, “le résultat est clair : l’impact de la vidéosurveillance sur la délinquance constatée par la police nationale à Lyon est de l’ordre de 1%“. [...] Le rapport de la Chambre régionale des comptes [...] : "En l’état actuel des données, relier directement l’installation de la vidéosurveillance et la baisse de la délinquance est pour le moins hasardeux. Si l’on compare par exemple l’évolution de la délinquance de voie publique (DVP) entre Lyon, qui a fortement investi dans ce domaine, et Villeurbanne, où la commune n’a pas souhaité s‘y engager, on observe que la baisse est plus forte dans la commune qui ne bénéficie d’aucune caméra de voie publique.""

mardi 27 juillet 2010

Jour 1174

Grossistes en barreaux

Les Echos, 27 juillet 2010 :

" Le ministère de la Justice a annoncé lundi soir que 23 petites maisons d'arrêt vétustes, représentant environ 9.000 places, seront fermées "pour la plupart entre 2015 et 2017", tandis que 14.000 places seraient ouvertes dans une vingtaine d'établissements. [...] Les 191 prisons françaises sont régulièrement critiquées en raison de leur surpopulation (62.113 détenus au 1er juillet pour 56.400 places), leur vétusté fréquente, voire leur saleté, et un fonctionnement inadéquat vu comme à l'origine d'un nombre de suicides record en Europe - 115 en 2009 et 76 depuis début 2010 selon l'association Ban public.

[...]

Pour les organisations syndicales, dont l'UFAP (Union fédérale autonome pénitentiaire), c'est la taille des futures prisons qui va constituer le principal problème. Les grandes structures pénitentiaires sont moins favorables au travail de réinsertion et "d'humanisation" car elles génèrent plus de tensions, plus de violences entre les détenus et plus de suicides. "On va créer des places mais pas dans des conditions idéales pour la population pénale", a dit Stéphane Barraut, secrétaire général adjoint de l'UFAP sur i-Télé. "Nous sommes favorables à des établissements à taille humaine et pour l'instant ce n'est pas ce vers quoi on se dirige", a-t-il ajouté. "Il est clair que construire une prison de 800 places coûte moins cher que d'en construire quatre de deux cents places", note Céline Verzeletti.

[...]

Sur son site, l'UFAP/UNS dit prendre acte de l'annonce du ministère de la Justice et réitère son opposition à une politique "quantitative, économique et antisociale"."

lundi 26 juillet 2010

Jour 1173

Nothing further to report

Bug Brother, le 26 juillet 2010 :

"Un jeune de 17 ans accidentellement blessé à la tête, 8 enfants canardés par des soldats français convoyant un général de brigade parce que leur bus s’approchait trop près, un autre adolescent touché par des mortiers français en allant à l’école, un garçon de 12 ans touché à la jambe dans des tirs croisés, un aveugle de 60 ans décédé des suites d’un “accident de la circulation” impliquant une patrouille française… [...] Au delà des révélations et découvertes faites par le New York Times, le Guardian et le Spiegel à partir des 91 731 rapports que leur ont procuré le site Wikileaks, il était intéressant de regarder ce que ces rapports secrets de la coalition en Afghanistan pouvait révéler concernant les troupes françaises."

dimanche 25 juillet 2010

Jours 1171 & 1172

Un mensonge qui brille dans le noir

Le Monde, 15 juillet 2010 :

"Un rapport officiel, publié mardi 13 juillet, contredit une des affirmations les plus anciennes de l'industrie nucléaire française. Selon cette dernière, le retraitement des combustibles usés réalisé par l'usine d'Areva à La Hague (Manche) permettrait un recyclage de 96 % des matières radioactives nécessaire à la production d'électricité d'origine nucléaire en France. En fait, conclut le rapport, le recyclage n'atteint en pratique que 17 %."