lundi 31 octobre 2011

Jour 1633

7 milliards

RFI, le 26 octobre 2011 :

"Le 31 octobre 2011, la population mondiale franchira officiellement le cap des 7 milliards d'humains, selon un rapport des Nations Unies. Par certains aspects, ce chiffre record peut être perçu comme une réussite pour l'humanité : il témoigne d'une espérance de vie plus longue (68 ans en moyenne, contre 48 en 1950) et d'un meilleur accès à la santé. Mais, pour l'Organisation des Nations-Unies pour la population (UNFPA), il soulève la question des moyens mis en oeuvre pour lutter contre les disparités et pour préserver les ressources de la planète."

La question est soulevée, poussez-vous le temps qu'elle retombe dans l'oreille des sourds.

dimanche 30 octobre 2011

Jours 1631 & 1632

Tout est bon dans l'électeur

Le Figaro, 25 octobre 2011 : 

"Le budget de la Sécurité sociale arrive en débat à l'Assemblée. Autres points sensibles : la taxation des congés parentaux et la baisse des indemnités d'arrêt de travail. [...] Parmi les thèmes principaux: l'assujettissement des indemnités de congé parental (CLCA) à la CSG, la diminution des indemnités d'arrêt de travail [...] le nouveau mode de calcul des indemnités d'arrêt maladie, qui réduit leur montant d'environ 6%"

vendredi 28 octobre 2011

Jour 1630

La beauté de la presse

L'Acrimed, 27 octobre 2011 :

"Sur la question des dettes publiques il est difficile d’être plus sévère que Le Figaro et Le Figaro Magazine qui titrent jour après jour ou semaine après semaine sur la gabegie budgétaire, sur l’État dispendieux et sur « Les folles dépenses de nos élus » (Le Figaro, 15 octobre 2011). Et en bon patriote soucieux de l’intérêt général, Le Figaro Magazine du 21 octobre n’est pas avare de conseils lumineux pour rétablir la situation du pays : inciter les particuliers très particuliers qui lisent cet élégant hebdomadaire à payer moins d’impôts. [...] La menace principale pour Le Figaro Magazine, ce ne sont pas les réductions des dépenses publiques mais les augmentations d’impôts. L’urgence, c’est de « se protéger contre le matraquage fiscal » et de « faire fructifier son épargne ». « Matraquage », vraiment ? Mais de qui ? « Épargne » ? Soit. Mais laquelle ? [...] Le Figaro Magazine défend une orientation – réduire les dépenses publiques sans (trop ?) augmenter les impôts des plus fortunés –, et c’est sont droit. C’est sa conception de l’intérêt général. Mais Le Figaro Magazine défend une orientation éditoriale, et surtout des intérêts très particuliers : ce n’est pas une surprise, mais il est rare que cela s’expose avec une telle clarté et un tel cynisme. En pleine crise financière et alors que les dettes publiques sont menaçantes, Le Figaro Magazine, hebdomadaire patriotique, n’a rien trouvé de mieux à faire que de conseiller ses lecteurs afin qu’ils contribuent à accroître cette dette – des lecteurs qui ont les moyens de s’acheter le joli lingot d’or signé Jean-Paul Gaultier de la page 154. Alors, vous avez des amis riches ? Passez l’info. Qu’une revue comme Le Cri du contribuable conseille ses lecteurs en stratégie d’évitement fiscal, c’est sa raison d’être, même si on peut avoir peut-être – comment dire ? – des réserves sur sa vocation sociale. Mais Le Figaro Magazine se présente comme un hebdomadaire généraliste et agit comme une société de conseil en placements des plus fortunés. Or est-ce le rôle d’un média qui bénéfice des aides publiques à la presse ? Et puisque, selon Le Figaro Magazine, il convient de réduire les dépenses publiques, suggérons qu’il donne l’exemple en se privant de cette aide."

jeudi 27 octobre 2011

Jour 1629

Le club du suicide

Un excellent texte à lire dans son intégralité sur ce blog du Monde Diplomatique : Régime d'Opinion, le 24 octobre 2011 :

"Il est une opinion que les sondages n’auront pas enregistrée, c’est celle d’une professeure de mathématiques qui s’est immolée par le feu le 13 octobre 2011. Une opinion ? Leurs adeptes justifient les sondages en prétendant qu’ils combattent les extrémismes. [...] Comme s’il n’existait d’extrêmes que dans les actions et les pensées politiques. Machines à écrêter les émotions les plus vives, les grandes détresses, mais aussi les grandes joies, les sondages n’entendent que des opinions moyennes, pour ne pas dire faibles. [...] les sondages sont devenus une métaphore de l’écoute dans nos sociétés : on n’entend que ce qui ne dérange pas. Il fut un temps où la quête de dignité soulevait le peuple. Cela arrive encore ailleurs, mais plus en France. Ce pays longtemps considéré comme un laboratoire politique du monde l’est peut-être resté, mais pour des raisons inverses : en devenant celui où le parti de l’ordre a trouvé les formules les plus douces de l’étouffement. Comme ses ministres proposent leurs panoplies répressives aux dictateurs depuis la fin des guerres coloniales, il existe aussi un savoir-faire plus subtil que les grenades anti-émeutes, les gaz paralysants et autre gadgets sordides des régimes policiers : retourner la révolte contre soi-même. Après l’immolation par le feu de Lise Bonnafous dans la cour de son collège, on a appris qu’en 2009, 54 enseignants s’étaient suicidés sur leur lieu de travail — « dans les murs », selon un jargon qui ne joue pas sur les mots. Autant de gestes éloquents dont les médias ne nous disaient rien… [...] Pourquoi un suicide, plutôt qu’un autre auparavant, a-t-il un peu dessillé les yeux ? Le temps de tenter d’en faire un geste tragique de malaise psychique. Si l’on en croit le ministre de l’éducation nationale, l’enseignante était fragile et soignée. En décembre 2010, en Tunisie, Mohamed Bouazizi était forcément fragile pour s’immoler par le feu parce qu’une simple policière l’avait giflée. L’humiliation retournée contre soi, telle est la perfection de la répression. Il n’est même plus besoin de frapper les rebelles, il suffit que les victimes deviennent malades au point de retourner la violence contre elles. Pas de barricades, la dépression plutôt que la répression. La médecine du travail — fort maltraitée elle aussi — enregistre aujourd’hui la protestation des corps : dépressions, cancers et suicides remplacent la contestation. Il n’y a bien sûr aucun rapport entre le suicide d’une professeure et la situation faite au corps professoral en France : suppression des postes, pas de remplacements, salaires parmi les plus faibles d’Europe et surtout, peut-être, mépris au sommet de l’Etat. Alors qu’on demande à l’enseignement de corriger les tares d’une société en crise, comment les enseignants pourraient-ils affronter la difficulté d’une mission impossible au moment où ils sont les plus méprisés ? Ils sont beaucoup à avouer s’être trompés de métier. Dans le monde du fric et du toc, de l’inculture triomphante, il faut beaucoup de force ou d’illusion pour croire encore que l’éducation des enfants peut être une vocation. Alors, peut-être les plus fragiles, pas les moins courageux, si les mots ont encore un sens, lancent-ils un dernier message avant leur mise à mort. Un ministre pourra soutenir que cela n’a pas de sens pour de pauvres raisons d’opportunité, sans savoir, sans réfléchir, juste en service commandé, et des journalistes de reprendre le refrain moderniste des résistances au changement. Dépolitiser, pour les uns, en ramenant le suicide à un fait singulier et pathologique ; politiser, pour les autres, en le rattachant au manque de courage ou de réalisme des faibles ; mais toujours déposséder les morts du sens de leur dernier geste. Une indécence si banale qu’elle se voit à peine. Au cours de la semaine qui a suivi les primaires socialistes, six mois avant l’échéance, quatre sondages ont été publiés sur les intentions de vote à l’élection présidentielle. Une semaine ordinaire."

mercredi 26 octobre 2011

Jour 1628

Avant on devenait indépendant, maintenant on est libéré

Le Monde Diplomatique, 24 octobre 2011 :

" toutes les informations en provenance de la Libye ne peuvent qu’inquiéter. Les organisations de droits de la personne ont publié des rapports accablants, non seulement sur le traitement raciste des travailleurs africains, mais aussi les arrestations arbitraires, l’usage de la torture, etc. [...] Parmi les sujets d’inquiétude, la situation des femmes, qui a souvent servi de prétexte aux interventions occidentales, notamment en Afghanistan. La décision du CNT de faire de la charia la principale source de la juridiction, d’autoriser la polygamie (la Tunisie est le seul pays arabe à l’avoir abolie, avec la Libye jusqu’à présent), rappelle les incertitudes d’aujourd’hui, mais aussi les acquis du passé : le régime du colonel Kadhafi a connu un moment, à l’origine, où, de la nationalisation du pétrole à l’amélioration de la situation des femmes, il a joué un rôle progressiste que l’on tend à oublier [...] l’exécution de Kadhafi évitera un procès qui aurait pu faire la lumière sur le soutien que divers pays, dont la France et le Royaume-Uni, lui ont apporté depuis 2003."

mardi 25 octobre 2011

Jour 1627

Les faux flics se prennent au sérieux

Le Monde, 24 octobre 2011 :

"Le procureur de la République du tribunal de Nice, Eric de Montgolfier, a dénoncé, lundi 24 octobre, "la dérive" du fonctionnement de la police municipale de la cinquième ville de France, accusée d'intervenir trop souvent sans en informer au préalable la police nationale. [...] Le procureur de Nice vient de poursuivre pour blessures involontaires un policier municipal qui avait provoqué un accident dans le nord de la ville en septembre 2010 et qui sera jugé en décembre. Le policier, qui voulait se rendre sur les lieux d'une agression, avait roulé sur les voies du tram avec son gyrophare allumé avant de percuter une voiture arrivant d'une voie perpendiculaire. L'accident avait blessé un piéton. Eric de Montgolfier rappelle au passage que "l'usage de gyrophares sur la voie publique doit correspondre à une situation d'urgence et ne donne pas un droit absolu"."

lundi 24 octobre 2011

Jour 1626

Des gens petits

Le Monde, 24 octobre 2011 :

"Jean-Paul Huchon [...] Le président PS de la région Ile-de-France a en effet été arrêté, dimanche 23 octobre, sur l'A13, alors qu'il roulait à 171 km/h, largement au-dessus des 130 km/h autorisés [...] M. Huchon n'est pas le premier homme politique à être pris en flagrant délit d'excès de vitesse. "Durant la campagne présidentielle de 2007, des journalistes d'Auto Hebdo avaient suivi les candidats à l'élection, rappelle Le Figaro. Nicolas Sarkozy avait été suivi à 190 km/h sur une autoroute, Jean-Marie Le Pen, à 185 km/h, tandis que François Bayrou avait été surpris à 120 km/h sur une voie limitée à 70 km/h. Ségolène Royal s'était elle fait prendre à 158 km/h sur une double voie limitée à 110 km/h. Le dernier homme politique en date à s'être fait pincer était Xavier Bertrand. Il avait été flashé de nuit à 144 km/h sur une voie limitée à 90 km/h entre Pornic et Nantes en 2010. L'affaire avait fait du bruit car M. Bertrand et son chauffeur avaient pu repartir sans procès verbal, après que le ministre se fut rapidement présenté."

Une classe politique qui n'a plus beaucoup de rapports avec vous.