lundi 8 octobre 2007

Jour 154

Airstrip 2

Interview de Nicolas accordée au New York Times :

"Je suis prêt à expliquer que pour empêcher l'Iran d'avoir l'arme nucléaire, il faut renforcer les sanctions."

Der Spiegel, 24 septembre 2007 :

"Le ministre des affaires étrangères allemand, Frank-Walter Steinmeier va s'opposer à la demande de la France de sanctions Européennes contre l'Iran. [...] le département économique du ministères des affaires étrangères allemand a réuni des informations que Steinmeier va utiliser pour étayer ses arguments contre les sanctions européennes. Plusieurs compagnies françaises des secteurs automobiles, de l'énergie et de la finance, incluant Peugeot, Renault, Total, BNP Paribas et la Société Générale n'ont pas vraiment réduit leur activité en Iran"

dimanche 7 octobre 2007

Jours 152 & 153

Justice à deux vitesses

Communiqué du syndicat de la magistrature :

"Le 4 octobre, au moment même où éclatait le scandale d’un délit d’initiés présumé de la part de certains dirigeants d’EADS, la ministre de la Justice a installé le « groupe de travail sur la dépénalisation de la vie des affaires ».

Madame Dati a notamment indiqué à cette occasion : « Le constat a été fait de longue date d’un risque pénal excessif . Ce risque entrave l’activité économique. Il est un frein à son développement (...) Il pèse sur l’attractivité économique de la France. Les règles de droit sont l’un des critères de l’attractivité. Si elles sont trop nombreuses, trop contraignantes ou pas assez lisibles, les entreprises investissent ailleurs ». La ministre procède par affirmations au mépris de la réalité des chiffres qui montrent que les condamnations pénales pour infractions économiques et financières représentent moins de 1% de l’ensemble.

Après avoir il y a quelques mois justifié la création de peines-planchers en indiquant qu’elles constitueraient un « signal » dissuasif salvateur pour les délinquants, la ministre a cité hier « les sages paroles du doyen Ripert, qui alertait contre une loi pénale excessive : à déclarer indignes tant de gens qui ne le sont pas, on affaiblit l’indignité de ceux qui le sont ». Madame Dati livre ainsi sans fard sa conception à géométrie variable de la réponse judiciaire en fonction du statut social des personnes mises en cause : l’intervention de la justice pénale devrait être plus précautionneuse contre les délinquants en « col blanc », jouissant d’une présomption de dignité qu’à l’égard des autres délinquants ne jouissant pas de la même présomption.

Le Syndicat de la magistrature s’est refusé à participer à un groupe de travail dont le résultat à atteindre, « la dépénalisation », dicté par le Président de la République dans plusieurs discours, est par avance contenu dans son intitulé. Il accepterait en revanche de livrer sous forme d’audition par ce groupe de travail ses propositions en vue d’améliorer la lutte contre la délinquance et la criminalité économiques et financières, qui n’est à l’évidence pas une priorité politique."

vendredi 5 octobre 2007

Jour 151

Nicolas l'africain

L'Independent, 5 octobre 2007 :

"Pendant 40 ans, le gouvernement français à livré une guerre secrète en Afrique, cachée non seulement à son peuple mais au monde entier. Elle a fait massacrer des démocrates, a installé dictateur après dictateur et a financé et alimenté le génocide le plus atroce depuis les Nazis. Aujourd'hui, la guerre est si violente que des milliers de personnes traversent la frontière en la république Centrafricaine et le Darfour, cherchant refuge dans la zone de guerre la plus connue du monde."

[...]

""La France voit la RCA comme une colonie [...] Les présidents sont choisi par la France pas par le peuple. Ils ne servent pas les intérêts du peuple mais ceux de la France." Il fait la liste des entreprises qui ont utilisés la RCA comme base pour s'approprier ses ressources.[...] Total et Elf"

jeudi 4 octobre 2007

Jour 150

Collection d'automne

Sur le site de la Ligue des Droits de l'Homme :

"La Société des réalisateurs de films (SRF),
La Société civile des Auteurs Réalisateurs Producteurs (L’ARP),
Le Syndicat français de la critique de cinéma (SFCC),
Le Syndicat des Producteurs Indépendants (SPI),
L’Association du cinéma indépendant pour sa diffusion (ACID),
Le Groupement national des cinémas de recherche (GNCR),
Carrefour des festivals,
et l’Observatoire de la liberté d’expression en matière de création de la Ligue des droits de l’Homme

contestent la décision de Madame Christine Albanel, Ministre de la culture et de la communication du 2 octobre 2007 d’assortir d’une interdiction aux moins de 18 ans le visa d’exploitation du film de Koji Wakamatsu « Quand l’embryon part braconner ».

La SRF, l’ARP, le SFCC, le SPI, l’ACID, le GNCR, Carrefour des festivals et l’Observatoire de la liberté d’expression (LDH) considèrent que la Ministre de la culture, comme la Commission de classification des films dont elle a suivi la proposition, ont fait une inexacte application du décret du 23 février 1990 (réactualisé en 2003) en allant au-delà d’une interdiction aux moins de 16 ans. Selon ces organisations, l’interdiction aux mineurs de ce classique du cinéma japonais de 1966 est contraire à la jurisprudence et au sens du décret définissant l’interdiction aux moins de 18 ans" (mon emphase)

Concernant les prisons :

"Depuis le début de l’été, l’UGSP-CGT participe aux différentes réunions relatives au projet de loi pénitentiaire. Au stade où nous en sommes, il semble important de faire le point sur le dossier.

[...]

Mis en place par Rachida DATI, le présent Conseil d’Orientation dit « Restreint » (COR) porte bien son nom, même si Restrictif eut sonné mieux au vu des dégâts.

D’une part, la ministre ne le préside pas et donc, ne s’implique pas dans les discussions avec les partenaires. [...] le COR devait rendre un rapport pour novembre 2007. Nous écrivions alors, en juillet, que les délais nous semblaient trop courts car ils ne permettaient pas un travail sérieux, empreint de débats, d’auditions de différents acteurs et de déplacements ciblés sur des sites. Depuis... ça s’est gâté car le DAP nous a fait connaître début septembre, qu’à la demande de la ministre, les travaux devaient être restitués pour le 18 octobre 2007 !

A la demande de la CGT, monsieur VIOUT, procureur qui préside le COR, a accepté de faire une lettre à l’attention de la ministre, pour lui faire connaître le mécontentement des membres du COR devant des délais qui révèlent un peu plus le niveau du dialogue social au ministère et qui augurent d’une future Loi dont on peut se demander si elle n’est d’ores et déjà pas rédigée pour l’essentiel. Malgré cette lettre et malgré le mécontentement général, la ministre maintien le cap.

[...]

L’urgence sur ces questions n’autorise pas le gouvernement à bâcler ainsi les consultations, et c’est une lourde responsabilité que de risquer de vider de son sens l’opportunité historique que constitue l’élaboration d’une grande loi pénitentiaire.

Montreuil, le 3 octobre 2007"

mercredi 3 octobre 2007

Jour 149

Les rapetous

Le petit Nicolas, conférence de presse conjointe avec Angela MERKEL le 10 septembre 2007 :

"Deuxième proposition commune : il faut moraliser le capitalisme financier.[...] Nous voulons de la transparence. Nous voulons de la régulation. Nous voulons un capitalisme pour les entrepreneurs et non pas pour les spéculateurs."

Le Figaro, 3 octobre 2007 :

"L'AMF (Autorité des marchés financiers) vient de transmettre au parquet de Paris un document accablant pour les groupes Lagardère, DaimlerChrysler, actionnaires d'EADS, ainsi que pour les principaux dirigeants du groupe européen et de sa filiale Airbus. Cette « note préliminaire », dont Le Figaro a pris connaissance, conclut à un délit d'initié massif commis entre novembre 2005 et mars 2006, avant que les difficultés d'Airbus soient rendues publiques et que l'action EADS s'effondre. [...] le management d'EADS va présenter son business plan à l'État, son actionnaire à 15 % représenté par l'APE (Agence des participations de l'État). À l'issue de cette réunion, une note est envoyée au ministre des finances, Thierry Breton, pour l'inciter à vendre au plus vite une partie de ses actions"

mardi 2 octobre 2007

Jour 148

Pinnochio à l'ONU

Allocution du petit Nicolas devant l'Assemblée générale de l'ONU :

Contre les égoïsmes, contre les fanatismes, contre la haine, nous avons le devoir de renouveler l'appel à la conscience universelle [...]

Cet appel à la conscience universelle, c'est un appel à la paix.

Comme on l'a déja entendu ici.

C'est un appel à l'ouverture.

C'est sûr.

C'est un appel à la diversité.

C'est cela même.

C'est un appel à la responsabilité.

Ben voyons...

Et c'est un appel à la justice.

Comme ici.

Dans cet invraisemblable accumulation de lieux communs, Nicolas a tout de même une petite phrase qui ne manqueras pas de le hanter dans les années à venir :

Parce que si nous ne le faisons pas, les pauvres et les exploités se révolteront un jour contre l'injustice qui leur est faite

lundi 1 octobre 2007

Jour 147

Le porc de l'Etoile

Lu sur le site du Réseau Education Sans Frontières, un texte d'Emmanuel Terray, ethnologue et directeur d’études à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS) :

1942-2006 : réflexions sur un parallèle contesté

Bien entendu, sitôt que ce parallèle est explicitement énoncé, les protestations fusent pour souligner son caractère incongru. Les deux situations n’auraient, assure-t-on, rien de comparable, et leur seul rapprochement serait une insulte à la mémoire des victimes de l’extermination.

Voire... Assurément, il existe entre les deux épisodes des différences considérables, et il serait absurde de les nier. Cependant, sitôt qu’on cherche à les cerner de façon précise, il apparaît qu’elles tiennent presque exclusivement au rôle des occupants allemands : terriblement présents et actifs en 1942, ils ont -fort heureusement- disparu en 2006. En revanche, si l’on considère le comportement des autorités françaises, les similitudes sont manifestes.

En premier lieu, la présence de certaines personnes sur notre sol est constituée en « problème », et tous les esprits « raisonnables » s’accordent pour estimer que ce problème exige une solution. En 1940, une large fraction de l’opinion, débordant de très loin les frontières de l’extrême-droite, reconnaissait la réalité d’une « question juive » en France, même si des divergences profondes existaient quant aux réponses à lui apporter. De même, de la droite à la gauche, nos dirigeants proclament d’une même voix que l’immigration illégale met en péril nos équilibres sociaux et notre identité, et qu’il faut donc la refouler, les désaccords ne portant que sur la méthode.

En second lieu, les solutions envisagées passent toutes par l’expulsion partielle ou totale des personnes jugées indésirables. En 1942, cette expulsion prend la forme d’une livraison aux autorités occupantes. En 2006, les intéressés sont renvoyés dans des pays dont certains sont soumis à des dictatures impitoyables, dont d’autres sont ravagés par la guerre civile, dont tous sont marqués par le sous-développement, le sous-emploi et la pauvreté. Bien entendu, le résultat final est infiniment moins tragique aujourd’hui qu’hier, mais ce qui est caractéristique, c’est que, dans les deux cas, l’administration française se désintéresse entièrement de ce résultat : littéralement, ce n’est plus son affaire. On a soutenu qu’en 1942 les autorités françaises ignoraient le sort réservé aux Juifs par les nazis : peut-être, mais leur ignorance même était le résultat d’une décision réfléchie : elles ne voulaient pas le savoir. Il en est exactement de même aujourd’hui : ce qui compte pour le gouvernement, c’est de se débarrasser des hommes, des femmes et des enfants concernés ; sitôt la frontière franchie, il ne s’estime plus responsable de rien et les abandonne à leur destin en toute indifférence.

Pour expulser les gens, il faut d’abord s’assurer de leur personne. Nous retrouvons ici la gamme des procédés que j’évoquais en commençant. C’est que dans ce domaine les analogies résultent de la nature des choses ; la chasse à l’homme, surtout lorsqu’elle est assortie d’objectifs chiffrés, implique l’utilisation d’un certain nombre de techniques : rafles, convocations-pièges, interpellation des enfants dans les écoles, internement administratif. Quelles que soient les populations ciblées, le recours à ces techniques est inéluctable dès lors qu’on prétend à l’efficacité. Il faut d’ailleurs admettre que, sur ce point, le Ministre de l’Intérieur n’a guère innové par rapport à ses prédécesseurs de l’époque de Vichy et de la guerre d’Algérie et la police française n’a eu qu’à puiser dans ses archives pour retrouver les bonnes vieilles méthodes.

En quatrième lieu, la mise en oeuvre de la répression et les dérives qui l’accompagnent suscitent inévitablement des protestations de caractère moral ou humanitaire. Face à ces protestations, la riposte des responsables est la même, en 2006 comme en 1942, et elle est double : d’un côté, les autorités, nous disent-elles, ne font qu’appliquer la loi, et les protestataires s’entendent reprocher leur incivisme. Par ailleurs, pour désarmer les oppositions, les autorités introduisent des distinctions à l’intérieur de la population frappée par la répression. En 1942, le gouvernement de Vichy déclarait séparer le cas des Juifs français, dont il prétendait vouloir sauver au moins la vie, de celui des Juifs étrangers, livrés pieds et poings liés à l’occupant. De même aujourd’hui, Maître Arno Klarsfeld, l’ineffable médiateur promu par le Ministre de l’Intérieur, insiste sur l’opportunité d’opérer un tri, une sélection, entre les familles qui ont des attaches avec la France et celles qui n’en ont pas, l’expulsion de ces dernières n’appelant aucune objection de sa part.

Entre 1942 et 2006, les éléments de continuité sont donc nombreux, et il est d’autant plus légitime de les mettre en évidence que, comme les historiens l’ont aujourd’hui démontré, la politique anti-juive du gouvernement de Vichy ne lui a nullement été dictée ni imposée par l’occupant, même si elle comblait ses voeux. C’est d’eux-mêmes et spontanément que le gouvernement, l’administration et la police de Vichy ont offert et apporté leur concours aux autorités allemandes, notamment sous le prétexte proclamé de préserver la souveraineté de l’Etat sur le territoire national : ils ne sauraient donc excuser leur conduite au nom de la contrainte ou de la « force majeure ». La comparaison est donc légitime avec la politique présente, dont l’origine « française » n’est pas discutée.

Si les événements suivent leur cours actuel, il est vraisemblable que les analogies iront jusqu’à leur terme et que, dans trente ou quarante ans, des cérémonies de repentance seront organisées pour déplorer et désavouer la politique d’immigration pratiquée actuellement. Plutôt que d’attendre un tel dénouement, ne serait-il pas préférable de renforcer dès aujourd’hui la résistance à cette politique, en attendant d’y mettre fin dès que l’évolution de l’opinion le permettra ?(mon emphase)