samedi 24 mai 2008

Jours 386 & 387

Sarkopicsou

L'abécédaire des propositions de Nicolas Sarkozy :

"Je favoriserai le développement des pays pauvres, en cessant d’aider les gouvernements corrompus, en mettant en place une Union méditerranéenne avec les pays du Sud, en donnant la priorité à l’Afrique. La fraternité, c’est la solidarité avec les pays pauvres et l’engagement dans les grandes causes humanitaires, dans la lutte contre la faim, la misère, la maladie, dans le codéveloppement qu’il va bien falloir réussir si l’on ne veut pas que l’exode massif du Sud vers le Nord ne tourne au désastre."

Déclaration de la Coordination Sud qui regroupe des ONG françaises de solidarité internationale, le 23 mai 2008 :

"le Président de la République n’a pas repris à son compte l’engagement de son prédécesseur de consacrer, d’ici 2012, 0,7% du Revenu national brut (RNB) de la France à l’APD [aide publique au développement][...] L’APD française a connu une forte chute en 2007, passant de 0,47% du RNB en 2006 à seulement 0,39% en 2007."

Soit un manque de 12 milliards d'euros...

vendredi 23 mai 2008

Jour 385

Blood Diamonds II


Dans le rôle de l'idiot du village, André Gluksman en janvier 2007 dans "Pourquoi je choisis Nicolas Sarkozy :

"La rupture à droite embrasse la politique internationale non moins que l'intérieure.[...] [La] Realpolitik sacrifie notre histoire et notre rayonnement aux intérêts à courte vue de ventes d'armes et de contrats pétroliers.[...]Une France généreuse pourtant n'oubliait pas les opprimés [...] Nicolas Sarkozy est le seul candidat aujourd'hui à s'être engagé dans le sillage de cette France du coeur."

Un article de l'agence Reuters sur le site des Echos :

"Le président Nicolas Sarkozy est arrivé vendredi matin à Luanda pour une visite officielle de quelques heures destinée à relancer les relations franco-angolaises, empoisonnées depuis 10 ans par une affaire de trafic d'armes connue sous le nom d'"Angolagate"[...] Cette ancienne colonie portugaise de 16 millions d'habitants est le troisième producteur de pétrole d'Afrique après la Libye et l'Algérie. [...] C'est aussi le cinquième producteur mondial de diamants et la deuxième armée d'Afrique sub-saharienne après l'Afrique du Sud [...] Le régime angolais est classé parmi les plus corrompus de la planète par l'organisation Transparency International, dont l'indice de perception de la corruption place l'Angola à la 147e place sur 179 pays, avec une note de 2,2 sur dix."

L'ONU classe l'Angola 162ème sur 177 en matière de développement humain (indice qui prend en compte l'éducation, la santé et le niveau de vie des habitants).

jeudi 22 mai 2008

Jour 384

Panier à salades

29 avril 2007, discours du petit Nicolas à Bercy :

"Je veux être le Président de la liberté d’expression contre toutes les intolérances."

Libélyon revient sur un de ces articles du 13 mai 2008 :

"La scène se déroule dans le centre-ville de Vienne (Isère), mardi en fin de matinée, une heure et demie avant l'arrivée de Nicolas Sarkozy. Le chef de l'Etat visite une usine à ce moment-là [...] Des militants veulent manifester aux abords. Certains du PS, d'autres du PCF, d'autres encore de la la LCR. Ils sont environ 150 à 200, selon un journaliste présent. Mais il y a également énormément de policiers en civil, sur la place et dans toutes les rues avoisinantes.[...]le journaliste présent constate que les policiers sont en train de contrôler et fouiller les militants, et surtout de saisir tous leurs tracts, leurs autocollants, et même leurs journaux. Celui-ci a Rouge dans son sac ? Saisi. Celui-là l'Huma à la main ? Saisi également. Quelques jeunes gens de la LCR refusent de remettre leurs tracts, ils sont alors menottés et embarqués."

Encore plus intéressant, les réactions d'officiers de Police sur leur forum :

"je n'y étais pas... mais si cela s'est déroulé tel que le décrit l'article.... cela me fait honte!"

"c'est sur qu'il faut voir les détails, mais c'est de plus en plus souvent tout de même qu'on demande à la police de sanctionner des délits d'opinion."

"Si quelqu'un est prêt à refuser de tels ordres, refus certes inspiré par le plus profond respect de nos valeurs républicaines et de nos textes, dans l'occurence d'une visite présidentielle... je ne donne pas cher de son avenir professionnel...et là, aucun folliculaire de Libé ne viendra s'en émouvoir !!..."

"j'ai eu aussi à connaitre ce genre de situation à Paris: visite du même personnage, alors ministre, des opposants sont repérés avec quelques autocollants sur eux, uniquement pour certaines personnes (pas toutes): c'est interdit d'avoir sur soit un petit autocollant du DAL... tout ce petit monde encerclé sur place par les collègues sur ordre pour les empêcher de bouger et les garder cacher derrière le mur de l'Hotel Dieu le temps que le cortege passe et entre dans la PP. Evidemment, cette rétention s'est fait en dehors de tout cadre légal, ni controle d'identité, rien. Ils n'avaient aucune banderoles sur eux, ne professaient aucun slogan, auraient pu passer pour un groupe de touristes venant visiter Notre dame"

"C'est vrai. Mais est-ce que cela change grand-chose ? Que l'on refuse ouvertement par principe ou que l'on y mette de la mauvaise volonté, la hiérarchie qui a commandité ce type de mission se fera un plaisir de te le faire payer de façon indirecte pour d'autres prétextes. Cette bonne vieille technique qui consiste à pourrir la vie du fonctionnaire "déloyal", à le placer intentionnellement dans des situations délicates... Et là, tu te retrouves seul face à la machine qui te reproche des faits qui n'intéressent personne à part toi."

mercredi 21 mai 2008

Jour 383

La France fait de la rétention

L'Acrimed, 6 mai 2008 :

"le CRA [centre de rétention administratif] de Vincennes, comme le dit pudiquement l’AFP, « est très régulièrement le théâtre de tensions ». La dernière grève de la faim date de février dernier. Mais comment savoir ce qui se passe dans ce centre (qui tient plus du pénitentiaire que de l’administratif), puisque aucune information n’en sort officiellement sans être « filtrée ». Les seuls contacts possibles sont les contacts téléphoniques : c’est le moyen qu’Acrimed a également utilisé. Aucun journaliste ne peut entrer dans le centre si ce n’est éventuellement sous forme de « visite guidée » par l’administration. [...] Les retenus de ces centres, faut-il le rappeler, ne sont ni des bandits, ni des criminels. Il est inadmissible qu’on occulte leurs conditions de vie : les règles de l’hygiène les plus élémentaires ne sont pas respectées ; pas plus que les droits de l’homme auxquels les grands médias se disent attachés. Or ceux-ci non seulement ne sont guère mobilisés quand le droit d’informer est ainsi bafoué par les autorités politiques et administratives, mais, de plus, ils ne se sont pas empressés d’informer sur cette grève de la faim et ses raisons. [...] Aucun JT , ni sur TF1, ni sur France 2, ni dans Soir 3 n’a relayé cette information… En revanche, nous savons tout, dans ces mêmes JT, sur Benoîte la bergère qui a vu la Vierge et à qui on va devoir un nouveau Lourdes !"

mardi 20 mai 2008

Jour 382

F.(A).M.I.(N.E)

Le Monde Diplomatique, mai 2008 :

"Le Fonds monétaire international (FMI) et l’Organisation mondiale du commerce (OMC) avaient promis que l’augmentation des flux de marchandises contribuerait à éradiquer la pauvreté et la faim. Cultures vivrières ? Autonomie alimentaire ? On avait trouvé plus intelligent : l’agriculture locale serait abandonnée ou orientée vers l’exportation. [...] Soudain la Banque mondiale, prescriptrice de ce modèle de « développement », annonce que trente-trois pays vont connaître des « émeutes de la faim ». Et l’OMC s’alarme d’un retour au protectionnisme en observant que plusieurs pays exportateurs de denrées alimentaires (l’Inde, le Vietnam, l’Egypte, le Kazakhstan...) ont décidé de réduire leurs ventes à l’étranger afin — quelle impudence ! — de garantir l’alimentation de leur population. [...] Les Etats qui ont suivi les « conseils » de la Banque mondiale et du FMI ont sacrifié leur agriculture vivrière. Ils ne peuvent donc plus se réserver l’usage de leurs récoltes. Eh bien, ils paieront, c’est la loi du marché. [...] une spéculation chasse l’autre. Après avoir alimenté la bulle Internet, la politique monétaire de la Réserve fédérale (Fed) a encouragé les Américains à s’endetter. Et gonflé la bulle immobilière. [...] La bulle immobilière a crevé. Les spéculateurs réhabilitent alors un vieil eldorado : les marchés de céréales. Achetant des contrats de livraison de blé ou de riz pour une date future, ils escomptent les revendre beaucoup plus cher. Ce qui entretient la hausse des prix, la famine..."

lundi 19 mai 2008

Jour 381

Happy days

Info du Parisien relayée par le Figaro le 19 mai 2008 :

"La Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie préconise, dans un document révélé par Le Parisien, "l'interdiction de la promotion des boissons alcoolisées par tarifs incitatifs dans les lieux de vente et de consommation (happy hour, open bar)". Cette mesure aurait l'aval du gouvernement."

Les Echos, 19 mai 2008 :

"Actuellement au stade des derniers arbitrages, Matignon et l'Elysée pourraient finalement renoncer à imposer une augmentation de la réserve spéciale de participation que les entreprises de plus de 50 salariés doivent verser chaque année aux salariés. Depuis le début de l'année, Nicolas Sarkozy a pourtant évoqué à plusieurs reprises « un doublement, voire un triplement » de cette réserve spéciale. Fin avril encore, il a évoqué un système « où un tiers des bénéfices irait aux salariés » "

samedi 17 mai 2008

Jours 379 & 380

ça bull à Bercy

Le Figaro, le 16 mai 2008 :

"Coup de théâtre. La boisson énergisante à la taurine Red Bull interdite de commercialisation en France vient d'après nos informations, d'obtenir vendredi soir le feu vert de [Cricri] Lagarde, ministre de l'Economie et des Finances. [...] Bercy a décidé de ne pas tenir compte des avis de l'agence de sécurité alimentaire qui assimile pourtant Red Bull à un produit dopant."

La Croix, 16 mai 2008, interview de Jean de Maillard est vice-président du tribunal de grande instance d'Orléans et enseignant à Sciences-Po Paris :

"La mondialisation a totalement dérégulé les moyens de contrôle. Il n’y a plus de règles du jeu. Même ceux qui détournent de l’argent peuvent se réfugier dans une enceinte protégée. Le droit crée cette immunité, qui est aussi utilisée par les criminels. Dans la crise du subprime, des établissements de crédits ont eu d’ailleurs des comportements illicites. Ils ont pris l’argent des pauvres, en sachant qu’ils ne pourraient ni le rembourser, ni se défendre. Cela a éclaté en crise financière mondiale. Et les institutions financières internationales ont montré qu’elles n’avaient pas de réelle prise sur la sphère financière. Les seules propositions faites ont été d’améliorer la transparence. Mais le problème vient du cœur du système : l’absence de régulation. Il faudra une multitude de scandales de ce genre pour comprendre que le système actuel produit ses propres dysfonctionnements et sa propre criminalité."